L'IRIS en est venu à cette conclusion dans le cadre d'une étude qu'il vient de mener sur les conséquences pour le réseau universitaire québécois du recours au partenariat public-privé rendu nécessaire à cause d'un sous-financement chronique.
L'IRIS s'est particulièrement penché sur trois exemples pour analyser la situation, soit le projet de l'Îlot voyageur de l'UQAM, la construction du nouveau campus de l'UQAR à Lévis et la création du CIPP à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
L'institut constate que le «Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP) bénéficie directement aux entreprises de pâtes et papiers, ce qui diminue leurs coûts de recherche et développement.»
Les quatre chercheurs de l'IRIS citent à ce propos une déclaration du ministre du Développement économique et régional à l'effet que le CIPP «contribuera à rendre plus efficace la réalisation de projets en R & D et favorisera la croissance économique de la Mauricie et des entreprises du secteur.»
Or, selon l'IRIS, c'est bien là la preuve que «la mission première du centre n'est pas la formation, mais bien le soutien à l'entreprise privée par le biais de recherche et développement.»
Le recteur en désaccord
Le recteur de l'UQTR, Ghislain Bourque n'est pas d'accord avec l'analyse de l'IRIS.
«Le CIPP n'est pas un PPP (partenariat public-privé). C'est le premier détournement de statut», dit-il. «Un PPP suppose qu'on fait affaires avec une entreprise privée et que cette entreprise privée ensuite garde la gouverne. D'ailleurs en page 23 (du document de l'IRIS), on dit bien que le CIPP n'est pas à proprement parler un PPP», fait-il remarquer.
«On n'a jamais abdiqué notre rôle académique à l'intérieur de ça et le Collège non plus», fait valoir le recteur. «On ne comprend pas qu'il y ait ce détournement de fonction qui nous fasse assister à une analyse qui dit que, dans le fond, le CIPP a été créé pour les industriels et qu'on paie pour les industriels. On ne comprend pas ça. Le CIPP a été conçu en rapport avec les activités académiques de l'Université et du Collège principalement», rappelle-t-il.
Ce dernier estime que la portion qui traite de l'UQTR dans le document de l'IRIS «tient plus de l'éditorial que de la recherche scientifique» car «on ne parle pas de nos espaces académiques. On les nie.» Or, signale-t-il, «on a 40 % de salles de classes.»
«Ce qui est à l'origine du CIPP, à partir de 1985, ça a été les discussions entre le Collège, l'Université et l'entreprise pour mettre sur pied un modèle de formation qui correspondrait à la réalité du marché, tant au niveau des apprentissages des étudiants qu'au niveau de la recherche de produits nouveaux», rappelle Ghislain Bourque. «Que ça profite aux industriels, je n'ai rien contre ça. Toutes nos chaires de recherche industrielles sont bâties sur ce modèle-là. On arrive mal à comprendre l'amalgame qui est fait entre un PPP, à l'exemple de ce qui a été fait à l'UQAM avec l'Îlot voyageur» et le CIPP. Ça n'a rien à voir avec nous», estime-t-il.











