Les employés de l'aluminerie consternés

«Une vision limitée»

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«Une vision limitée»

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M. Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN).

Photo: Le Nouvelliste

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Leader modéré, Louis-Gérard Dallaire a résisté à la tentation de transmettre toute la hargne qu'il ressentait à l'interne, après la lecture de la lettre d'opinion écrite par un sous-traitant de Rio Tinto Alcan dans notre édition d'hier.

«Je veux bien peser mes propos», commente le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN). «Quand il souligne la scolarité des travailleurs et qu'il dit qu'ils sont payés trop cher, on tire des conclusions erronées. Il a une vision limitée.»

 

M. Dallaire ne veut pas s'étendre sur l'impact de bons salaires sur la vie économique d'une communauté, une vérité de La Palice. Toutefois, il est agacé par le fait qu'un entrepreneur prétende que les travailleurs de l'aluminerie ne font aucun effort pour traverser la tempête.

«En 2000, 50 emplois avaient été sacrifiés à Shawinigan», rappelle-t-il. «Nous en ajoutons maintenant 51 autres pour mieux faire rouler l'usine. Beauharnois vient de fermer, c'est 250 emplois de moins. Rio Tinto veut éliminer 14 000 emplois à travers le monde. Je pense que la part des travailleurs est faite!»

M. Dallaire rappelle également qu'en 2005, le syndicat a consenti une douloureuse concession, soit un gel d'embauches. De plus, l'actuelle réorganisation implique des changements de tâches pour ses membres, qui s'y plient avec la meilleure volonté du monde.

M. Dallaire serait étonné qu'une réouverture du contrat de travail règle tous les problèmes.

«Nous sommes en pleine réorganisation», rappelle-t-il. «Ce qui presse, c'est renouer avec la rentabilité. Prendre du temps pour négocier des aspects de la convention collective, ce n'est pas une priorité.»

Le leader syndical rappelle que non seulement le marché, mais aussi l'endettement de Rio Tinto à la suite de l'acquisition d'Alcan provoque ce tumulte.

«La compagnie fait payer sa dette aux travailleurs, mais les actionnaires auront quand même leurs dividendes dans leurs poches. Alors avant de demander aux employés de se sacrifier encore davantage, allons donc voir les multimillionnaires de cette organisation!»

(Lettre disponible en ligne section Opinion )

 

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