Nexans confirme son intérêt pour la division Produits usinés de Rio Tinto Alcan

Les rumeurs de vente s'intensifient

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Les rumeurs de vente s\'intensifient

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Nexans, qui est considérée comme un leader mondial dans l'industrie de la câblerie, serait fort intéressée à faire l'acquisition de l'usine Saint-Maurice, division Produits usinés de Rio Tinto Alcan.

Photo: Ève Guillemette

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le président-directeur général de la multinationale française Nexans, Gérard Hauser, confirme que cette compagnie fait partie des deux groupes intéressés à faire l'acquisition de la division Produits usinés de Rio Tinto Alcan. Il s'attend même à une décision d'ici un mois.

Le 13 février, M. Hauser a répondu aux questions des internautes via le site du journal Le Figaro, à l'occasion du dévoilement des résultats annuels de Nexans. L'un d'eux, possiblement un employé de l'Usine Saint-Maurice de Shawinigan, lui a demandé si la compagnie était toujours intéressée par le groupe que Rio Tinto Alcan cherche à vendre depuis dix-huit mois.

 

«Nous avons proposé un prix et nos équipes sont en négociation», a répondu M. Hauser. «Nous ne sommes plus que deux entreprises sur les rangs. Décision à mon avis entre le 15 et le 30 mars.»

«Je ne peux rien dévoiler pour ne pas compromettre la négociation», a-t-il ajouté. «Des vérifications environnementales sont en cours. Une équipe de financiers va partir là-bas. Je ferai une proposition finale au conseil d'administration au cours de la deuxième quinzaine de mars. Nous avons un crédit syndiqué pour cette acquisition.»

Du côté de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon, conseillère en communication, ne veut évidemment pas en rajouter pour le moment.

«En décembre 2008, Rio Tinto a réitéré sa volonté de vendre les actifs des groupes Produits usinés et Emballages», commente-t-elle. «Pour l'instant, on ne peut pas commenter les rumeurs. Nous avons des discussions, mais comme nous ne sommes pas prêts à annoncer quoi que ce soit, nous n'irons pas plus loin.»

Gros joueur

Nexans est considérée comme un leader mondial dans l'industrie de la câblerie. Elle possède des usines dans 39 pays, dans lesquelles elle emploie 23 500 personnes. L'an dernier, elle a réalisé des ventes de 6,8 milliards d'euros (10,75 G $CAN).

Au Canada, la multinationale possède trois usines et un centre de distribution. Le siège social est situé à Markham, en Ontario. Au début février, Nexans a annoncé la fermeture de son usine de Québec, qui employait environ 70 travailleurs, dont 52 syndiqués.

Cette fermeture pourrait-elle préparer l'acquisition de l'Usine Saint-Maurice? Gordon Ringuette, représentant du Syndicat des métallos (FTQ), convient que la rumeur a circulé dans les murs de cette PME du boulevard Pierre-Bertrand.

«Certains, chez nous, pensent qu'il y a un lien, mais ça n'a jamais été dit formellement par l'employeur», commente-t-il. «Ça reste des rumeurs, mais ça ne me surprendrait pas que ça arrive.»

La compagnie a annoncé l'arrêt définitif de production le 4 février. Le syndicat croit qu'en négligeant de renouveler les équipements au cours des dernières années, Nexans montrait ses couleurs. De plus, l'usine était située en plein secteur commercial, rendant ses possibilités d'expansion pratiquement nulles.

«J'espère que ça ira mieux pour les travailleurs de Shawinigan que pour nous!», soupire M. Ringuette.

En fait, M. Hauser prévoit que Nexans investira cette année 160 millions d'euros (253 millions $CAN) dans la modernisation de ses usines. «Nous allons nous renforcer en Amérique du Nord», glisse-t-il.

Patrick Garceau, président du Syndicat des travailleurs Alcan de la Mauricie - Usine Saint-Maurice (CSN), souligne qu'en janvier, des visiteurs, possiblement de Nexans, sont débarqués à la division shawiniganaise. Ses membres suivent évidemment avec intérêt les moindres mouvements, mais les informations arrivent au compte-gouttes.

«Tout ça s'inscrit dans le processus de vente», s'encourage-t-il. «On ne sait pas trop ce qui se passe. Mais je suis content qu'il y en ait finalement un qui se dise intéressé. Nous, on est mûrs pour être vendus!»

17 mises à pied lundi

Le quotidien des travailleurs de l'Usine Saint-Maurice est ponctué non seulement de rumeurs de vente du groupe Produits usinés de Rio Tinto Alcan, mais aussi de l'inquiétude provoquée par un carnet de commandes moins garni que souhaité.

Lundi, 17 employés seront mis à pied pour une durée indéterminée, confirme Claudine Gagnon, conseillère en communication pour Rio Tinto Alcan.

«La baisse du carnet de commandes provoquée par le contexte économique explique cette décision», commente-t-elle. «Il s'agit toutefois d'une mesure temporaire, puisqu'il pourrait y avoir des rappels pour des remplacements durant la période des vacances.»

Patrick Garceau, président du Syndicat des travailleurs Alcan de la Mauricie - Usine Saint-Maurice (CSN), n'a pas sursauté quand il a appris la nouvelle. Il s'attend à ce que ces mises à pied durent entre six semaines et six mois.

«Le téléphone ne sonne pas pour les commandes», constate-t-il. «De plus, l'employeur gardait du personnel supplémentaire pour l'entretien du bâtiment et la période de réorganisation de travail. On s'attendait à une reprise en mars, mais il semble que ça n'ira pas avant avril ou mai.»

Ces mises à pied feront passer le nombre d'employés de 127 à 110 à l'Usine Saint-Maurice.

 

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