Le manufacturier de bateaux de Shawinigan va prendre les moyens afin de garder la tête hors de l'eau d'ici le printemps 2010, moment prévu pour une réelle reprise dans le secteur du produit de luxe. Mais encore faudra-t-il durer jusqu'au jour où les consommateurs rachèteront des bateaux: l'entreprise prévoit fabriquer trois fois moins d'unités en 2009 comparativement à l'an dernier.
«L'industrie est à terre, déclare Denis Jutras, vice-président exécutif de la compagnie. Ce n'est pas une crise, c'est un tsunami! En 2007, on a fabriqué 290 unités. En 2008, c'était 200. Cette année, on prévoit faire 60 unités. Ça n'a rien à voir avec la qualité du produit ou avec la compétence du personnel. Il n'y a personne qui achète. On n'est pas sur le bord de fermer, mais ça ne peut pas durer indéfiniment.»
Le nombre de travailleurs est donc à la hauteur du carnet de commandes. En décembre, Doral avait mis à pied 80 travailleurs de production. Ils devaient revenir au travail à la mi-janvier. Le rappel n'a jamais été fait.
«On a 30 personnes à la production et 10 au bureau. On essaie de trouver des solutions, mais il n'y a rien à faire. Il n'y a plus d'accès au crédit. Des entreprises qui finançaient les inventaires de concessionnaires ne le font plus. D'autres ont resserré les règles du jeu», explique M. Jutras, en disant que Doral fait doublement attention à toutes les dépenses.
Pertes en 2009
Les dirigeants de Doral savent déjà que le bilan de 2009 affichera des pertes de quelques millions de dollars.
«On fabrique pour le marché de l'Europe. Mais le marché nord-américain est mort! Les salons ont été des désastres: il y a une baisse de 30 % de la fréquentation.»
M. Jutras est bien placé pour parler de la régression de l'achalandage dans les salons. Il a participé à quelques expositions depuis la fin de 2008 et le début de 2009. Doral est loin de faire des affaires d'or.
«Au salon de Paris, on a vendu quelques unités. À Düsseldorf aussi. À Montréal, en janvier, on a aussi vendu quelques unités. Mais à Miami et à Toronto, on n'a rien vendu. Notre industrie suit les tendances de l'immobilier. Aux États-Unis, ça a baissé de 40 %. C'est le désastre total», illustre M. Jutras, qui tente de garder le moral pendant cette tempête.
Ce dernier dit que de nombreuses faillites ont été observées dans le milieu des concessionnaires et des manufacturiers de bateaux aux États-Unis. Cette situation prouve que la crise financière américaine a encore des répercussions sur l'ensemble de l'industrie.
«On est dans un domaine non essentiel. Ce sont des objets de luxe. C'est encore moins essentiel qu'une automobile et l'automobile souffre. Donc, on souffre.»











