Pendant environ 75 minutes, l'auteur qui s'apprête à lancer son cinquième livre, Les démons du capitalisme», s'est appliqué à remettre la crise actuelle en perspective. Il a notamment démontré que malgré l'avalanche de mauvaises nouvelles économiques, le climat actuel ne pouvait aucunement se comparer avec la grande dépression de 1929 ou même, avec la récession de 1981.
«Nous avons perdu 50 000 emplois au Québec depuis trois mois et certains prévisionnistes s'attendent à ce que le taux de chômage atteigne 9%», résume-t-il. «L'ampleur du désastre n'a donc rien à voir avec ce que nous avons déjà connu!»
Fait intéressant, le réputé journaliste n'épargne pas les médias dans son discours. Il observe que les informations économiques sont devenues simplement des informations boursières, où le rendement des sociétés occupe toute la place.
De même, il dénonce les analyses qui laissent croire que le Canada sera frappé plus durement au cours des prochains mois, une prévision qui ne tient pas compte du système financier plus prudent et plus conservateur qu'au sud de la frontière.
Pendant cette crise, les médias passent vite sur les bonnes nouvelles, fait remarquer le conférencier. Les deux campagnes électorales de l'automne ont amplifié la mise en valeur d'informations négatives, puisque les partis d'opposition ne se gênaient pas pour sombrer dans ce que M. Dubuc qualifie d'exagérations.
Trois clés
Le conférencier soutient que Shawinigan fait face aux mêmes défis que plusieurs autres villes du Québec, qui ont grandi grâce à des multinationales dont les centres de décisions étaient situés à des milliers de kilomètres.
«Dans ces circonstances, une partie de notre destinée ne nous appartient pas», fait-il remarquer. «Nous restons dépendants du bon vouloir d'investisseurs étrangers.»
M. Dubuc considère que le développement de l'entrepreneuriat local constitue l'une des clés, afin de mieux contrôler son économie. L'effort doit aussi être mis sur la diversification, sans pour autant renier les forces de la région. Enfin, l'éducation revêt aussi une importance cruciale pour redonner du tonus à une ville.
Pour relever le défi de la crise, M. Dubuc insiste également sur l'importance de la concertation, une vérité de La Palice pas toujours évidente à appliquer.
«Quelle est la limite entre la concurrence et la solidarité?», pointe-t-il, en citant l'exemple des rivalités entre Trois-Rivières et Shawinigan.
Le conférencier croit aussi qu'il ne faut pas attendre après Québec et Ottawa pour s'en sortir. Il faut plutôt miser sur les forces locales, notamment les maires dont les compétences, fait-il remarquer, ne doivent plus se limiter à la gestion des vidanges et des trottoirs.










