Une présentation publique est aussi prévue le jeudi, 2 avril, à la salle Félix-Leclerc de La Tuque à 19 h.
Cette initiative s'inscrit dans une démarche de revendication du SNS et de la CSN pour la création d'une Société de l'aménagement forestier.
C'est que le secteur, tel qu'il est actuellement, s'enlise de plus en plus dans une problématique de difficulté de rétention des travailleurs et de manque de relève à cause des mauvaises conditions de travail.
Le documentaire rappelle que les travailleurs sylvicoles sont payés à forfait. Bien qu'ils arrivent à gagner en moyenne 750 $ par semaine, ils doivent fournir leurs machines et l'essence pour les faire fonctionner. Plusieurs doivent faire, dans certains cas, jusqu'à deux heures de route pour se rendre à leur lieu de travail, ce qui les oblige à vivre loin de leur famille.
Le fait de travailler à forfait au lieu d'être payé à l'heure a souvent des répercussions sur la santé de ces travailleurs. Pour arriver à générer un salaire décent, certains vont planter jusqu'à 6000 pousses d'arbres par jour ce qui occasionne des tendinites et des bursites, voire même des blessures au dos quand il faut donner des coups de pied à longueur de journée dans le sol sec et dur pour creuser des trous.
Comme l'explique un travailleur, dans le documentaire, il faut courir pour faire une journée de paie qui a un certain bon sens parce que le travail est à forfait. Il faut aussi courir malgré les blessures, au risque de perdre son travail, déplore un autre.
«Il a fallu se battre pour avoir de l'équipement de sécurité», signale un troisième travailleur.
Les problèmes d'entorses aux chevilles sont aussi fréquents même si la machinerie creuse des sillons pour guider les travailleurs dans leur plantation. C'est que les sols à reboiser sont souvent jonchés de débris forestiers dans lesquels il faut marcher.
La pluie, les canicules, les mouches noires, les maringouins et les ours sont autant de conditions qui rendent le travail des ouvriers sylvicoles difficile. Dans le documentaire, toutefois, ce ne sont pas tant ces difficultés qui font le plus décrocher les travailleurs, mais de voir leur paie coupée lorsqu'ils plantent les arbres aux mauvais endroits. «Si ça déborde du lieu de plantation, on est pénalisé», illustre un sylviculteur dans le court métrage.
«Au lieu d'encadrer les travailleurs et de faire de la formation, on leur tape sur les doigts», déplore Bernard Forest.
Le Québec compte actuellement 7000 sylviculteurs d'un âge moyen de 47 ans. Leurs conditions de travail ne comprennent aucun avantage social et aucun régime de retraite. Or, selon la CSN et le SNS, il faut absolument profiter du tournant du régime forestier pour remédier à ces diverses situations et rendre le métier attrayant afin d'encourager la relève. Actuellement, comme c'est le cas en culture maraîchère au Québec, les emplois de sylviculteurs au Québec attirent de plus en plus la main-d'oeuvre étrangère. Bien que les deux organismes s'entendent pour dire que cette main-d'oeuvre est appréciée, ils estiment tous deux que les travailleurs étrangers devraient eux aussi bénéficier de conditions de travail adéquates.
Selon le SNS et la CSN, les travailleurs sylvicoles devraient relever d'une société d'État. La SNS-CSN entament donc une campagne de syndicalisation auprès de 700 sylviculteurs du Québec. Le syndicat regroupe actuellement 850 travailleurs et 18 sections.











