C'est le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, qui en a donné l'assurance mardi soir aux dirigeants du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), soit à peine à quelques heures de la date butoir fixée avant d'ouvrir la porte au recours des tribunaux pour se protéger contre la faillite.
«À partir des bureaux de Montréal et Ottawa, ils étaient en conférence téléphonique à l'effet de regarder les aides possibles justement au cas où», a confirmé le représentant national du SCEP-FTQ, Claude Gagnon.
Lors de cet entretien avec le ministre, divers scénarios ont été abordés. «Et l'un de ceux-là, à la limite, si le report d'une nouvelle date pour une nouvelle restructuration ne fonctionnait pas et que l'entreprise devrait se placer sous la loi de la protection, le ministre a donné le mandat à une firme comptable bien cotée de regarder le financement nécessaire pour maintenir les usines au Québec, soit neuf papetières et 23 scieries», a-t-il révélé, faisant allusion au niveau de liquidité requis et à une solution tout de même temporaire.
Selon M. Gagnon, la décision de l'employeur d'abandonner son modèle de restructuration de la dette pour Bowater aura «une incidence évidente sur la deuxième partie qui va être la restructuration de la dette de l'ancienne Abitibi-Consolidated qui avait déjà vendu des barrages et fait des arrangements».
«À ce moment-ci, ce ne sont pas nécessairement les usines de l'ancienne Abitibi-Consolidated qui sont en danger, mais plutôt celles de Bowater, et il y en a quelques-unes au Québec, mais éventuellement, ça va avoir un impact», poursuit le porte-parole syndical.
D'où ce mandat ministériel qui a été donné «pour une espèce de parachute de secours pour s'assurer qu'au moins, les usines ne soient pas arrêtées le temps que des choses se fassent comme, par exemple, des liquidations d'actifs».
«Dans les faits, on a une espèce d'assurance que les liquidités vont être présentes pour ne pas arrêter les unités. Tout ce qui est au Québec, on va avoir une forme de garantie du gouvernement du Québec là-dessus», tient à préciser M. Gagnon, qui garde espoir.
D'ailleurs, à son avis, l'usine Laurentide, du secteur Grand-Mère à Shawinigan, «est bien située là-dedans et reste une division intéressante».
«Elle vient de connaître un record de productivité en mars et les économies qui vont donner les meilleurs résultats sont à venir d'ici un an et demi», assure celui qui évoque toutes ces mesures visant la diminution des coûts.
Finalement, M. Gagnon reste amer de la position du fédéral qui consent 2,7 milliards de dollars à l'industrie de l'automobile, pour 500 000 emplois au Canada, alors que la forêt n'a reçu qu'un maigre 175 millions de dollars, malgré ses 825 000 travailleurs au plan national.
La géante papetière étudie d'autres options
Presse canadienne - Les employés d'AbitibiBowater attendent nerveusement de connaître leur sort, alors que le géant du papier journal semble destiné à se placer sous la protection de la loi sur les faillites, après avoir été dans l'impossibilité de restructurer la dette de sa filiale américaine Bowater.
Dave Coles, président du SCEP, a affirmé hier qu'un arrêt complet des opérations serait «brutal» pour les travailleurs. Même sans cela, le syndicat se dit préoccupé par les neuf régimes de retraite que compte l'entreprise au Canada.
«Cela crée vraiment beaucoup d'incertitude, et ce qui se passe rend mal à l'aise plusieurs collectivités, nos membres et nos membres à la retraite», a-t-il déclaré depuis Halifax.
Le producteur montréalais de papier journal a annoncé hier matin l'échec du plan de restructuration de la dette de 1,8 milliard $US de Bowater, ce qui le contraint à envisager d'autres options pour éviter la faillite.
AbitibiBowater a fait savoir avant l'ouverture des marchés boursiers que les offres d'échange des titres de créance visant à restructurer la dette de Bowater avaient expiré mardi soir à minuit sans avoir obtenu l'appui requis de la part des créanciers.
Constatant l'échec de cette opération, qui avait été jugée essentielle pour une restructuration du capital de l'ordre de 2,9 milliards $US, le groupe a assuré qu'il évaluait maintenant de nouvelles solutions de restructuration avec des prêteurs et des porteurs de titres de créance.
«Nous gardons espoir que nous pourrons collaborer efficacement avec l'ensemble de nos prêteurs, porteurs de titres de créance et autres parties prenantes pour restructurer différemment la totalité de nos dettes», a déclaré par voie de communiqué le président et chef de la direction d'AbitibiBowater, David Paterson.
Le ministre québécois des Ressources naturelles, Claude Béchard, s'est pour sa part montré inquiet pour la survie de l'entreprise, qui emploie près de 9000 personnes dans la province.
«C'est préoccupant. Nous on souhaite qu'ils trouvent les financiers et une façon de passer à travers la situation actuelle», a indiqué M. Béchard avant de se rendre à une réunion du conseil des ministres à Québec.











