«Ce n'est pas la plus belle journée aujourd'hui», a lancé Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice qui est actionnaire à la hauteur de 10 % dans la scierie de Rivière-aux-Rats.
D'ailleurs, son organisme va perdre de l'argent comme fournisseur de services à la suite de cette décision. «Le compte n'est pas à zéro», a-t-il avoué.
Selon lui, «ça fait longtemps qu'on voyait quelque chose qui plane, mais il fallait crever l'abcès».
Et quant au sort réservé à la scierie, fermée depuis le 19 décembre 2008 et dont la reprise est maintenant repoussée en juin pour ses quelque 150 travailleurs, «on n'a pas vraiment d'enlignement pour les prochains mois et on ne sait pas trop ce qui va se passer».
Face à l'échec de ses nombreuses tentatives de restructuration financière, la géante papetière n'a eu d'autre choix que de se placer, hier, sous la protection des tribunaux aux États-Unis, ce qu'elle fera aujourd'hui au Canada.
«S'il est vrai que l'histoire se répète, n'oublions pas que la faillite de l'une de nos sociétés antérieures, Abitibi, pendant la Grande Crise, a été suivie d'un retour de la société et de sa prospérité pendant les nombreuses décennies qui ont suivi», a déclaré le président du conseil d'administration, Dick Evans, dans un message affiché sur le site Web de l'entreprise montréalaise.
«Les décisions annoncées aujourd'hui assurent la poursuite des activités pour AbitibiBowater et ont été prises uniquement après épuisement de toutes les autres options viables de refinancement de nos dettes à long terme», a expliqué le président et chef de la direction de la forestière, David Paterson.
«Le conseil et la direction croient que les mesures prises aujourd'hui permettront à la société d'effectuer les changements nécessaires pour assurer sa viabilité à long terme», a ajouté M. Evans, ancien grand patron de Rio Tinto Alcan.
«AbitibiBowater compte tirer parti de ce processus pour régler définitivement le fardeau de sa dette», a précisé l'entreprise dans un communiqué.
Cela faisait des semaines qu'AbitibiBowater tentait de restructurer sa dette de plus de 6 milliards $US dans le cadre de la Loi canadienne sur les sociétés par actions, mais en vain. Les procédures se poursuivront désormais en vertu du chapitre 11 du Code des faillites dans l'État du Delaware, aux États-Unis, et de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies au Canada.
Afin de payer les salaires, avantages sociaux et autres frais d'exploitation pendant le processus judiciaire, Abitibi a obtenu une somme totale de 410 millions $US. Quelque 200 millions $US découleront d'un engagement de financement de type «débiteur-exploitant» conclu avec son principal actionnaire, Fairfax Financial Holdings, et la firme Avenue Management, tandis que 210 millions $ doivent provenir de la prolongation du programme de titrisation visant les comptes débiteurs de la société. Les tribunaux devront approuver ces ententes. D'autres possibilités de financement sont également à l'étude.











