AbitibiBowater: «c'est un désastre»

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AbitibiBowater: «c\'est un désastre»

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Claude Gagnon, représentant national du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier

Photo: Ève Guillemette

 

Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est un désastre, mais ce qui devait arriver arriva.» Voilà comment Gaétan Ménard, du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, a réagi au dépôt d'une demande de protection contre les créanciers de la part d'AbitibiBowater.

Représentant plus de 5000 employés canadiens de la forestière, la vaste majorité au Québec, le SCEP impute une grande partie des problèmes d'AbitibiBowater au gouvernement fédéral, qui refuse d'accorder des garanties de prêt aux entreprises forestières. Selon Ottawa, une telle aide contreviendrait à l'Accord sur le bois d'oeuvre signé avec les États-Unis en 2006.

 

«C'est de la bullshit. On a des avis juridiques qui disent que ce n'est pas vrai, on a des Américains qui disent que ce n'est pas vrai. Comment ça se fait qu'à l'heure actuelle Barack Obama peut, lui, offrir des subventions à ses industries de la pâte kraft de l'ordre de 200 $US la tonne et que personne ne dit rien, mais qu'ici, au Canada, on ne pourrait même pas offrir des garanties de prêt au prix du marché?» a lancé M. Ménard.

Le SCEP se réjouit que le gouvernement de Stephen Harper vienne massivement en aide à l'industrie automobile, concentrée en Ontario, mais il déplore qu'Ottawa se montre plus discret dans le secteur forestier. «Ils ont lancé la serviette sur cette industrie-là», a lâché le porte-parole du SCEP.

Du côté de la Mauricie, le représentant national du SCEP, Claude Gagnon, tient un discours similaire. Il ajoute cependant que les concessions faites par les travailleurs de l'usine Laurentide au cours des derniers mois placent cette dernière en bonne position. Les concessions visant à augmenter la productivité de l'usine du secteur Grand-Mère ont d'ailleurs récemment porté leurs fruits.

«Nous avons atteint des records de production à l'usine au cours mois de mars. Nous voulions par ces exercices-là être une usine attrayante pour l'entreprise, et ce, peu importe les circonstances. Même s'il n'y a pas de garanties officielles de rattachées à ça, on voulait s'assurer de mettre toutes les chances sur notre côté», a-t-il expliqué.

En plus de craindre de nouvelles suppressions de postes, le syndicat se questionne sur ce qui pourrait arriver au fonds de pension des employés. Dans l'éventualité où la compagnie décide de faire faillite, le bas de laine pourrait être grandement affecté, ce qui toucherait autant les travailleurs actifs que ceux qui sont déjà à la retraite.

«Tous les régimes de retraite ne sont pas solvables présentement en raison de la situation économique. C'est évident que l'on suit ça de près. On tente également de faire comprendre au gouvernement fédéral de mettre des réglementations pour protéger les régimes de retraite», a ajouté M. Gagnon.

 

 

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