«On n'aime jamais entendre parler qu'une compagnie est en difficulté, on ne sait pas au bout du compte ce qui peut arriver, mais il ne faut pas s'arrêter à ça, chez nous, c'est une entreprise performante, il faut garder un vent d'optimisme et comme élus, on n'a pas le droit d'être découragés», a lancé la présidente de la Table, Lise Landry, avant d'ajouter que «si une porte se ferme, une autre va s'ouvrir».
Celle-ci était d'ailleurs flanquée de représentants de divers CLD impliqués dans cette stratégie commune, dont Luc Arvisais, de Shawinigan.
«Ce n'est pas une faillite, mais c'est la dernière carte que tu ne souhaites pas jouer, elle se protège pour être capable de se restructurer et plus un créancier ne peut la rendre vulnérable», a-t-il commenté, conscient de l'effet d'une pareille mesure sur les fournisseurs locaux.
À sa connaissance, un seul, dans le domaine du transport, avait été contraint de fermer ses portes avec la disparition de l'usine Belgo, «son seul client». Mais, du même souffle, Luc Arvisais admet que le chiffre d'affaires de certaines entreprises en aura souffert.
Présent à la conférence de presse, le maire de La Tuque, Réjean Gaudreault, s'est dit déçu par la tournure des événements, parlant d'un coup dur.
«Avec sa scierie de Rivière-aux-Rats, AbitibiBowater est un joueur important pour l'emploi et la corporation de développement durable», a-t-il confié.
Quand il compare l'impact de la nouvelle à celle de Smurfit-Stone, il voit une différence en ce que dans le premier cas, les fournisseurs avaient «de gros comptes».
«La scierie étant fermée depuis un certain temps, je présume qu'il y a moins de comptes à la traîne», poursuit celui pour qui le recours aux tribunaux «n'est pas une grosse surprise avec les difficultés à se financer».
Pour le premier magistrat latuquois, nul doute que les conséquences de la crise se rapprochent de plus en plus. «On s'attend au pire, mais on ne le souhaite pas», laisse-t-il échapper.
Déjà impliqué dans l'aide apportée aux fournisseurs de Smurfit-Stone, le comité de suivi de la planification stratégique du Haut-Saint-Maurice pourrait bien profiter de sa prochaine réunion, mardi prochain, afin de faire le point sur le dossier AbitibiBowater, selon ce que Le Nouvelliste a appris.
Pour sa part, la présidente de Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Mauricie, France Beaulieu, et dont le conjoint travaille à l'usine Laurentide, se dit optimiste «malgré tout».
De son côté, le directeur général de la CRÉ, Christian Savard, croit que la présente situation économique laisse un bassin de main-d'oeuvre pour de nouvelles implantations d'entreprises.
D'ailleurs, il pourrait bien s'agir là de l'un des atouts mis en évidence dans la future campagne de promotion économique régionale, soit la disponibilité d'effectifs.
«Il faut se donner une image forte en promotion économique tout comme on a réussi à le faire pour la promotion de notre industrie touristique régionale», affirme la mairesse de Shawinigan.
L'idée de vendre la région comme destination pour le développement économique découle d'une rencontre tenue le 19 mars dernier sous le thème «Agir comme un», en pleine Semaine de l'emploi organisée par Emploi-Québec Mauricie.
Les intervenants économiques (CLD-SDÉ) veulent ainsi positionner la Mauricie de façon positive en termes de potentiel économique et de perspectives d'emploi.
«On veut faire connaître ce qui se fait de bon chez nous, car la région a déjà une base de diversification», a conclu le groupe qui, plus que jamais, cherche «à mieux travailler ensemble».













