Lundi après-midi, les représentants syndicaux ont été rencontrés pour qu'ils avisent leurs membres que les modifications prévues au régime de retraite à compter du 1er mai étaient suspendues.
De plus, les ex-employés qui bénéficiaient d'une prime de licenciement en raison de l'arrêt des activités d'une usine, comme chez Belgo, ont appris que le versement de cette indemnité était interrompu jusqu'à nouvel ordre.
À l'usine Laurentide, les syndiqués pouvaient aspirer à une retraite sans pénalité à 57 ans à compter du 1er mai. De plus, les gens moins âgés bénéficiaient de mesures incitatives pour quitter le travail. Ils obtenaient un montant de 1000 $ par mois les séparant de leur 57e anniversaire de naissance, en plus d'un forfait de 5000 $.
Ces conditions avaient été négociées avec l'employeur au printemps 2008. Lundi, tous ces privilèges ont été mis sur la glace, en raison des difficultés financières de la compagnie.
Protégée par les lois canadienne et américaine contre ses créanciers, AbitibiBowater entreprend une restructuration qui risque encore de faire grincer les dents au cours des prochains mois.
Changement de programme
Chez Laurentide, des travailleurs attendaient avec fébrilité la date du 1er mai pour passer à autre chose. Sans les mesures incitatives toutefois, certains pourraient décider de garder leur emploi.
Aux conditions actuelles, les employés peuvent bénéficier de leur pleine pension à 58 ans seulement. Avant cet âge, ils doivent absorber une pénalité actuarielle de 0,5 % par mois... sans pouvoir compter sur les montants compensatoires qui étaient prévus.
Les employés doivent donc jongler avec tout ça d'ici... vendredi. Claude Gagnon, représentant national au Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (FTQ), précise que 31 syndiqués avaient confirmé leur intérêt pour bénéficier des nouvelles conditions du régime.
Du côté du Syndicat des travailleurs du papier de la Mauricie (CSN), une douzaine de membres sont touchés par ces changements, confie le président, Guy Lafrenière.
L'entente qui favorisait ces départs à la retraite prévoyait également qu'à compter du 3 mai, les employés assignés aux opérations passaient à des quarts de 12 heures. Ce nouvel horaire entraînait une réduction de main-d'oeuvre... qui devait se traduire par ces départs à la retraite.
Or, si moins de personnes que prévu quittent, l'organisation du travail subira toute une gymnastique en mai.
«Plusieurs employés décidaient justement de devancer leur retraite pour ne pas tomber sur un régime de 12 heures», soupire M. Gagnon. «S'ils ne partent pas, ça va créer un autre problème, puisque des mouvements de main-d'oeuvre étaient déjà prévus en fonction de ces départs. On ne connaît pas le résultat, mais ultimement, ça pourrait provoquer des mises à pied.»
Par ailleurs, la bonification de 3 % du régime de retraite d'AbitibiBowater prévue le 1er mai est aussi suspendue, de même que les auditions des griefs et les divers litiges devant les tribunaux administratifs.











