La Librairie Poirier quitte le centre-ville

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La Librairie Poirier quitte le centre-ville

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André Poirier a découvert un article du Nouvelliste de l'année 1970 relatant l'ouverture de la Librairie Poirier sur la rue Royale.

Photo: François Gervais

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) André Poirier ne s'en cache pas. La décision de fermer la succursale de la Librairie Poirier de la rue Royale n'a pas été facile à prendre. En fait, c'est son profond attachement pour le centre-ville qui en a retardé la concrétisation.

Mais la réalité l'a vite rattrapé et c'est maintenant officiel, la Librairie Poirier fera maintenant affaires uniquement à son nouveau local du boulevard des Récollets, dans le nord de la ville. Ce dimanche, le libraire tournera pour une dernière fois la clé de la place d'affaires et mettra fin à quatre décennies de présence dans le centre-ville trifluvien.

 

À l'origine, la librairie a été fondée en 1969 par l'oncle d'André Poirier, Camille Poirier, au coin de Royale et des Forges, sous la Banque de la Nouvelle-Écosse, où se trouve actuellement la Banque Laurentienne. Un article du Nouvelliste datant de janvier 1970 témoigne de cette ouverture. Toutefois, en 1976, la librairie déménageait dans ses locaux actuels. Elle partageait le rez-de-chaussée avec Escomptes Lecompte dont la façade est située sur des Forges.

André Poirier avoue qu'il jonglait avec l'idée d'un déménagement depuis deux ou trois ans déjà. «Il ne faut pas se le cacher, il devenait très difficile pour nous de justifier une ouverture sur sept jours dans le centre-ville. C'est pour cela qu'il y a près de cinq ans, on a ouvert une succursale sur des Récollets, pratiquement aussi grande que ce que nous avions dans le centre-ville. Et ça va bien.»

La Librairie Poirier continuera d'y offrir les mêmes produits, dont les Publications du Québec de même que les cartes topographiques et les cartes marines dont elle est l'unique dépositaire dans la région. Et on pourra continuer à boire un bon café sur place. «En fait, on parle surtout d'un comptoir, et quand il est disponible, on offre le café gratuitement», précise M. Poirier.

Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il se rapproche d'un concurrent de taille et bien implanté, la Librairie Clément Morin, le libraire assure qu'il en est bien conscient. Mais, il ajoute qu'il y a tellement d'achalandage au coin du boulevard des Forges et des Récollets, sans doute le coin le plus passant à Trois-Rivières, qu'il est sûr qu'il y a de la place pour deux librairies.

«Quand on s'est mis à réfléchir à l'idée de déménager à cet endroit, on a fait la liste de tous les commerces qui sont partis vers le nord (Baraket, Caron, Diamond, Canadian Tire, la SAQ), tous sont encore en affaires. Il faut suivre l'évolution de la ville. Les axes commerciaux se déplacent. Nous avons résisté plus longtemps que d'autres commerces mais ce délai était émotionnel. La réalité économique nous a rattrapés et nous nous sommes dit: soyons rationnels. Nous ne sommes plus justifiés d'avoir deux points de vente.»

Le départ de la Librairie Poirier, véritable institution, ne sera pas sans créer un vide dans le centre-ville. Les sentimentaux et bouquineurs du dimanche qui veulent dire au revoir à leur librairie préférée du centre-ville, ont jusqu'au 24 mai pour le faire et profiter de la vente de déménagement. On vend même des livres... à la livre!

 

 

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