Réunis lors de deux assemblées générales, mercredi, les membres du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ), section locale 184, se sont en effet prononcés globalement dans une proportion d'un peu plus de 93 % en faveur des dernières patronales.
L'acceptation du nouveau contrat de travail par les employés syndiqués survient à la suite de deux mises à pied temporaires faites au cours des dernières semaines par l'employeur, de sorte que 172 des 275 employés syndiqués se retrouvent actuellement sans travail pour une période indéterminée.
La dernière convention de travail était échue depuis un peu plus d'un an, soit depuis avril 2008. Le nouveau contrat collectif s'appliquera pour une durée de cinq ans se terminant en avril 2013.
En vertu du nouvel accord, les membres du syndicat acceptent de se priver d'augmentations de salaire pour les deux premières années de la convention collective, soit d'avril 2008 à mai 2010. Par la suite, des hausses de salaire de 2,4 %, 2,6 % et 2,8 % prendront effet pour les trois années subséquentes, soit à compter de mai 2010, mai 2011 et mai 2012 respectivement.
Timminco, la compagnie-mère de Silicium Bécancour, a fait savoir, hier, par voie de communiqué émis à partir de son siège social de Toronto, qu'elle mettra en oeuvre de nouveaux horaires de travail afin d'améliorer l'efficacité des opérations de l'usine de Bécancour.
René Boisvert, le président et chef de la direction de Silicium Bécancour, filiale en propriété exclusive de Timminco, s'est dit très heureux que les employés aient accordé un appui ferme à la nouvelle convention de travail.
Il a rappelé que les négociations entre les représentants patronaux et syndicaux avaient duré de nombreux mois. Il a remercié les négociateurs syndicaux pour leurs efforts qui ont permis d'en venir à une entente à l'amiable avec l'employeur.
Selon lui, cette nouvelle convention permet une stabilité à long terme de l'entreprise sur le marché du travail de sorte qu'elle sera mieux en mesure de faire face à la situation lorsqu'on observera une reprise de la demande de silicium-métal et de silicium de qualité solaire.
Pour le directeur des Ressources humaines de l'usine bécancouroise, Carl Rivard, cet accord représente un bon dossier de réglé. «On ne se le cachera pas, a-t-il dit, dans des situations difficiles avec les clients, c'est toujours mieux d'avoir une convention collective qui est signée qu'une convention collective qui est en suspens.»
Timminco a fait savoir, hier, que la mise à pied temporaire des 172 employés syndiqués sur les 375 (au total) que comptent les installations de Bécancour avait pour but d'ajuster le nombre d'employés aux niveaux actuels de production. Seulement trois fours sur dix fonctionnent présentement à l'usine. La société ontarienne a indiqué que l'étendue et la durée de ces réductions d'effectifs demeuraient incertaines pour le moment.
Commentaires du syndicat
«On donne une chance à la compagnie de se repositionner.»
C'est de cette façon que le président du syndicat des employés de Silicium Bécancour, Alain Saint-Hilaire, a commenté, en fin d'après-midi, hier, le résultat du vote pris la veille par les employés syndiqués de cette entreprise.
Étant donné que les dirigeants syndicaux avaient recommandé à leurs membres l'acceptation des offres patronales, M. Saint-Hilaire s'est dit satisfait du résultat du vote à 93 % en faveur de l'acceptation de ces offres. Selon lui, ce résultat traduit une belle marque de confiance envers les négociateurs syndicaux. Il s'est aussi montré satisfait des offres mises sur la table par l'employeur étant donné la situation économique qui prévaut actuellement. M. Saint-Hilaire reconnaît que le syndicat a dû faire des concessions, même des concessions majeures, puisqu'il a accepté un gel des salaires pour les deux premières années de la convention de travail, soit en 2008 et 2009. De cela, les employés n'étaient évidemment pas contents.
«On ne peut certainement pas dire que c'est extraordinaire», a-t-il admis. Par contre, les augmentations obtenues pour les trois dernières années du contrat de travail ont été bien reçues par les employés.
Le président syndical a aussi mentionné que les employés étaient contents d'avoir pu conserver les acquis auxquels ils tenaient, notamment au niveau des assurances.
Des rumeurs ont couru, ces derniers jours, à l'effet que l'employeur aurait pu décréter un lock-out si les offres avaient été rejetées.
«Je ne sais pas s'il y aurait eu un lock-out mais il y avait un risque», a admis le président syndical, sans s'étendre davantage sur le sujet.
Invité à dire s'il y avait de l'amertume dans la salle lors des interventions, M. Saint-Hilaire a conclu en disant que «ce n'était pas si pire».











