Qu'ils aient été compensés ou non pour les fromages qu'on a retirés de leurs vitrines ou étals, tous les détaillants sans exception ont également subi d'autres pertes à la suite de la baisse des ventes provoquée par une perte de confiance du public envers les fromages. Tous les fromages. Une méfiance qui a duré plusieurs mois et qui commence à peine à s'estomper. Le coup est d'autant plus dur que depuis quelques années, la consommation de fromage était en hausse continuelle au Québec.
Du côté de la fromagerie F.X. Pichet, de Saint-Anne-de-la-Pérade, aucun fromage produit sur place n'a été détruit lors de la crise de la listériose.
Cette fromagerie est détentrice d'un permis fédéral et tous ses lots sont analysés, en foi de quoi cette entreprise est détentrice d'un certificat d'innocuité.
Seuls les produits en provenance d'autres fromageries et vendus dans la boutique à même la fromagerie F.X. Pichet ont été enlevés des présentoirs et détruits lors de la visite des inspecteurs du MAPAQ.
«Nous avons été très chanceux et nous avons été compensés, a confié Shirley Paquette. Je pense que c'est parce que nous sommes des producteurs transformateurs. On est satisfaits de la compensation qui a couvert en grande partie nos pertes. Par contre, nos ventes ont diminué après cela. Nous travaillons avec le lait cru et nous avons une production biologique, alors nos ventes ont piqué du nez pendant deux, trois mois après la crise. Ce fut un effet secondaire. Mais cela dit, nous avons bien de la compassion pour ceux qui ne seront pas compensés.»
Du côté de la Boucherie Fouquet-Morel, à Trois-Rivières, où on a aussi goûté à la médecine radicale du MAPAQ, on a rempli un formulaire qui est resté sans suite. Francine Comeau précise que son commerce ne tient même pas à être dédommagé et préfère que l'argent soit versé aux producteurs qui ont été gravement lésés par cette crise. On ne compte donc pas revenir à la charge.
Chez la saucisserie Les cochonnailles de Trois-Rivières, Pierre Jeté assure avoir rempli les formulaires du MAPAQ quelque temps après la destruction de plusieurs kilos de fromage dans son établissement, mais aucun chèque n'est encore entré. Il reste toutefois confiant, assure-il, puisque personne ne lui a dit non plus qu'il ne pouvait se qualifier. Il n'est donc pas inquiet et s'attend à être compensé.
Aux dieux de la bière, il n'a pas été possible de parler aux propriétaires mais une employée a confirmé qu'un montant avait été versé par le ministère en dédommagement des fromages fins détruits. Là comme ailleurs, il a fallu un certain temps avant de pouvoir regarnir les étalages.











