Trois-Rivières

Une année «éprouvante» en 2009

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Éric Lallier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si la récession frappe durement l'économie mondiale, voilà qu'elle s'en prend aux petites et moyennes villes, telles Trois-Rivières. Sur le plan local, d'ailleurs, l'année 2009 sera «éprouvante».

Telle est du moins la prédiction, qui n'a rien de bien réjouissante, formulée dans un récent rapport du Conference board du Canada. Au sein du document, on y dresse un sombre portrait de la situation vécue dans les localités situées hors des grands centres urbains.

La réalité de l'économie globale rattrape donc les Sherbrooke, Saguenay et Trois-Rivières; ces villes se retrouvant en queue de peloton quand vient le temps de comparer leur performance à celle des municipalités de même taille.

Dans la capitale régionale et ses environs, ces statistiques se traduiront par une perte sèche de quelque plus de 3500 emplois. Il s'agit d'un recul de 5 %, face aux 70 000 postes comblés en 2008, fixant ainsi le taux de chômage à plus de 9 %. Le produit intérieur brut (PIB) fera aussi un pas vers l'arrière, évalué à 0,7 %.

«La perte est importante et le chiffre est gros, mais selon nous, la majorité de tout cela a déjà été perdu en début d'année», explique Maxime Armstrong, économiste au Conference board.

Bien sûr, le secteur manufacturier a connu les plus importants problèmes, chez les grands industriels et les producteurs de biens. «Les perspectives à court terme demeurent très ternes», peut-on lire à ce sujet.

Les mêmes appréhensions sont soulevées quant au secteur de la construction, surtout au niveau résidentiel, là où seules 670 unités devraient être mises en chantier cette année. En 2008, on en avait érigé pratiquement le double.

Heureusement, le marché non-résidentiel, poussé par les projets publics tels Trois-Rivières sur Saint-Laurent, réussira à contrebalancer ces effets négatifs. Mais en partie seulement.

Dans l'industrie des services, les perspectives ne sont pas plus roses. Ce secteur vient de connaître son pire taux de croissance des dix dernières années. «De ce côté, on subit les contrecoups des pertes d'emploi dans le manufacturier. Ça touche les services locaux, mais aussi internationaux, comme les centres d'appel par exemple», précise Maxime Armstrong.

Seule bonne nouvelle qui ressort de ce rapport, la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 amorcée par Hydro-Québec contribuera à la création d'emplois, et ce, par centaines.

Reprise plus lente

Prévue à court terme par plusieurs observateurs, la reprise économique pourrait attendre à Trois-Rivières. Quand le train de la relance passera, la région ne se trouvera pas tout de suite à bord, prédit l'institut canadien.

«À Trois-Rivières, la reprise ne sera pas aussi forte, laisse tomber M. Armstrong. Les problèmes sont difficiles à régler, notamment dans l'industrie du papier. À Trois-Rivières, il y a donc l'effet de la conjoncture, mais aussi l'effet de la structure. C'est plus important encore...»

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