«Je ne suis aucunement surpris. Ce n'est pas la dernière et c'est ça qui est le pire. Il y en aura d'autres très prochainement. J'en suis profondément convaincu. C'est le sciage qui y a goûté en premier et maintenant, c'est le papier», a-t-il confié lorsque Le Nouvelliste l'a joint au téléphone hier après-midi.
L'ancien ministre et député provincial précise que l'industrie forestière se trouve dans une situation encore plus préoccupante que les autres secteurs qui éprouvent présentement des difficultés en raison de la crise économique.
«En plus de la conjoncture économique qui joue, nous sommes aux prises avec une crise structurelle», a-t-il rappelé.
Sur une note plus humaine, M. Chevrette souligne qu'il est extrêmement peiné pour les populations des régions qui dépendent de cette industrie, notamment celle de la Mauricie.
«Tout ce que je souhaite maintenant, c'est qu'on nous croit lorsqu'on dit qu'on est mal foutu. Il y a 250 municipalités au Québec qui dépendent de la forêt. Des régions comme la Mauricie, l'Abitibi, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord y goûtent donc encore plus qu'ailleurs, car c'est la forêt qui prime. Il va falloir que nos dirigeants soient conscients de ça et qu'ils arrêtent de se fier sur des perceptions. On vit des réalités dans les régions présentement», a-t-il mentionné.
M. Chevrette précise que pour se sortir de cette fâcheuse position et arrêter l'hémorragie, l'industrie forestière devra se réinventer.
«L'industrie ne sera jamais plus ce qu'elle était et ce qu'elle est présentement. Elle changera beaucoup dans les prochains mois et dans les prochaines années. Il va falloir que l'on encourage l'innovation. Mais à court terme, je suis pessimiste», a-t-il poursuivi.
De l'aide pour les travailleurs
En attendant que l'industrie se remette sur les rails, les travailleurs qui seront mis à pied en octobre prochain pour une période indéterminée devront réorienter leur carrière afin de subvenir à leurs besoins. Ils pourront d'ailleurs se tourner vers des organismes communautaires afin d'obtenir de l'aide. Comme ce fut le cas lors des autres fermetures d'usine qui ont frappé la région, l'organisme COMSEP recevra probablement plus de demandes d'aide concernant les programmes d'intégration à l'emploi au cours des prochains mois. La coordonnatrice de l'organisme, Sylvie Tardif, s'attend d'ailleurs à ce que les mises à pied chez Kruger entraînent des pertes d'emplois dans d'autres secteurs, ce qui poussera encore plus de personnes à cogner à la porte de son organisme.
«Nous sommes financés par Emploi Québec pour offrir ces programmes. Si on peut donner un coup de main pour aider les gens à passer à travers, on va le faire. Nous nous portons également volontaires du côté d'Emploi Québec s'ils veulent élargir notre mandat pour qu'on puisse accueillir encore plus de gens», a mentionné Sylvie Tardif.











