Un besoin de 3000 tonnes par jour

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Un besoin de 3000 tonnes par jour

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La future usine de TRT-ETGO à Bécancour aura besoin de 600 000 tonnes de canola par année pour satisfaire à sa production d'huile et de tourteaux.

Photo: Marcel Aubry

Marcel Aubry
Le Nouvelliste

(Bécancour) Pour faire fonctionner sa nouvelle usine de broyage de graines de canola et de soya dans le parc industriel de Bécancour, la compagnie Twin Rivers Technologies - Entreprises de transformation de graines oléagineuses du Québec (TRT-ETGO) aura besoin d'environ 3000 tonnes de grain par jour, soit un million de tonnes par année de canola et de soya.

Pour le moment, il se produit peu de canola au Québec. TRT-ETGO sera évidemment intéressée à acheter le peu de production qui s'y fait, surtout dans la région du Lac-Saint-Jean. Le territoire visé par l'équipe d'achat de grain de l'entreprise malaisienne couvrira aussi l'Ontario, les provinces maritimes et le Nord-Est des États-Unis.

Selon Étienne Tardif, agronome chez TRT-ETGO, il est certain que, particulièrement au niveau du canola, les régions du Québec, de l'Est du Canada et du Nord-Est américain n'ont pas le volume présentement pour fournir la future usine. L'entreprise n'aura donc pas le choix, convient-il, de se tourner vers les provinces de l'Ouest canadien pour s'approvisionner dans un premier temps.

Or, il signale que le projet pilote 2009-2011 de production de canola au Centre-du-Québec, mis sur pied par le CLD de la MRC de Bécancour et les producteurs locaux, en collaboration avec la direction régionale du ministère de l'Agriculture (MAPAQ) et TRT-ETGO, vise justement à développer la culture du canola dans les différentes régions du Québec de manière à pouvoir s'approvisionner au Québec dans la plus large mesure possible.

Avec une transformation de 3000 tonnes de grain (canola et soya) par jour, TRT-ETGO pourra produire environ 1200 tonnes d'huile et 1800 tonnes de tourteaux sur une base quotidienne.

Les nouvelles installations permettront le raffinage des huiles de canola, de soya et de palme. Les huiles raffinées seront destinées à l'industrie de la transformation alimentaire tandis que les tourteaux protéiques seront revendus dans les meuneries pour être utilisés par l'industrie des aliments pour animaux (porcs, poulets et bovins).

«Ce qui est intéressant avec une usine comme la nôtre, c'est qu'il n'y a à peu près pas de perte», constate le jeune agronome. L'huile qui sera produite par la future usine sera utilisée pour faire des produits tels que mayonnaise, la sauce à salade, etc. Elle pourrait aussi l'être éventuellement dans des entreprises de transformation plus industrielle, comme des usines de biodiesel par exemple.

M. Tardif note que le potentiel est là car il y a beaucoup d'utilisateurs locaux. Ainsi, signale-t-il, à Montréal, il y a beaucoup d'usines qui utilisent de l'huile. Or, toutes ces usines achètent de l'huile de l'extérieur du Québec, soit de l'Ontario ou encore de l'Ouest canadien.

Quand l'usine TRT-ETGO sera en production à Bécancour, fin 2009-début 2010, ces entreprises aussi seront avantagées par le fait qu'elles pourront s'approvisionner en huiles beaucoup plus près, ce qui minimisera les frais de transport.

Dès que la production de canola aura pris son rythme de croisière au Centre-du-Québec et ailleurs au Québec, TRT-ETGO sera donc très intéressée à l'acheter, mais en même temps, le modèle d'affaires de l'entreprise malaisienne a été fait en fonction d'acheter du canola de l'Ouest canadien, signale M. Tardif.

À partir du moment où TRT-ETGO pourra s'approvisionner sur le marché québécois, M. Tardif convient que ce sera une plus-value autant pour l'entreprise que pour les producteurs, sans compter qu'il s'agira pour ces derniers d'une culture de remplacement intéressante.

Sur le million de tonnes de grain dont elle aura besoin annuellement, il faudra compter environ 600 000 tonnes de canola et 400 000 tonnes de soya. Il se cultive à l'heure actuelle au Québec environ 600 000 acres de soya, ce qui équivaut grosso modo, selon M. Tardif, à une production de 600 000 tonnes. Quant à l'huile de palme, elle arrivera de la Malaisie par bateau.

 

 

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