C'est que l'entente en question devait d'abord faire l'objet de consultations auprès des producteurs agricoles et de l'industrie avant d'être adoptée. «Or, il n'y pas eu d'échanges», déplore le président de la FUPAM, Martin Caron.
Selon lui, l'UPA n'a eu droit, jusqu'à présent, qu'à quelques bribes du libellé de l'entente, juste assez pour s'apercevoir que certains acquis semblent mis en péril.
Tout laisse croire, en effet, que l'entente fédérale fera en sorte qu'il sera de plus en plus difficile pour le consommateur de s'y retrouver quand il voudra acheter certains aliments.
Par exemple, il deviendrait impossible de savoir si le lait avec lequel seront fabriqués les produits laitiers, comme le fromage et la crème glacée, proviendra bel et bien du Canada.
Même chose pour les produits à base de poulet et de porc, dit-il.
«Le consommateur peut s'en faire passer une petite vite», prévoit M. Caron.
L'entente fédérale aurait, selon lui, préséance sur les ententes provinciales déjà adoptées entre le Québec et l'Ontario et entre l'Alberta et la Colombie-Britannique.
Les changements prévus dans l'Accord sur le commerce intérieur mettent ainsi en péril toutes les mesures favorisant la mise en marché collective et ordonnée, de même que la gestion de l'offre, les règles d'étiquetage et les normes de composition des aliments, dénonce l'UPA.
«Que voulons-nous dans notre assiette? Du yogourt sans lait frais? Des pommes de l'extérieur du Québec en plein mois des récoltes? Du sirop de riz arborant une feuille d'érable? Tout cela pourrait bien arriver si le gouvernement du Québec signe les nouvelles dispositions agricoles de l'Accord sur le commerce intérieur, le 15 octobre prochain, à Whitehorse», dénonce la FUPAM.
L'UPA a tenté de rencontrer le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, à ce sujet, mais à deux reprises, la rencontre a été annulée à la dernière minute, raconte Martin Caron.
«Les enjeux sont énormes», ajoute M. Caron qui craint que cet accord permette l'entrée au pays de produits alimentaires, notamment le lait, fabriqués à l'étranger, là où les normes en matière de salubrité et de pesticides ne rencontrent pas celles qui sont imposées ici. «C'est un dossier majeur et on ne le laissera pas passer», dit-il.
Une mobilisation est en train de s'organiser au Canada, explique M. Caron. La FUPAM entend elle aussi s'organiser pour sensibiliser les députés régionaux à cette problématique.
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