Geneviève Trudel, huissier de justice pour Trudel & Associés, avait été désignée pour procéder à la vente de l'immeuble situé au 1825, boulevard de Port-Royal à Bécancour.
Outre le terrain et le bâtisse, la vente comprenait les meubles et l'équipement devant servir à l'exploitation d'un abattoir et d'une salle de découpe.
Une fois ouverte la vente aux enchères, Mme Trudel a attendu que quelqu'un fasse une première offre.
Après les dix premières minutes écoulées sans qu'une seule offre ne soit faite, un représentant de la Financière agricole du Québec, Sylvain Deshaies, qui représentait aussi la Caisse Desjardins Godefroy, s'est levé et est allé déposé sur le bureau du huissier de justice un document faisant foi de l'offre d'achat faite par la Caisse au montant de 800 000 $, soit le montant minimum fixé par un juge de la Cour supérieure pour que l'immeuble soit adjugé au futur propriétaire.
L'adjudicataire a dû déposer sur-le-champs un chèque certifié au montant de 80 000 $ et devra payer le solde du prix d'adjudication et toutes les taxes applicables dans les délais prévus.
Aucune autre offre n'a été faite même si quelques autres personnes se trouvaient dans la salle du palais de justice de Trois-Rivières avec leur chèque certifié de 80 000 $ en poche.
M. Deshaies, qui était accompagné du directeur du Centre financier aux entreprises, Yvon J.L. Lemire, a indiqué que l'immeuble serait rapidement mis en vente par la Caisse, soit de gré à gré, par appel d'offres ou par l'entremise d'une agence immobilière.
La Caisse Desjardins Godefroy est le principal créancier dans le dossier. Au début de l'été, la créance hypothécaire s'élevait en capital et intérêts à un peu plus de 3 millions $. Les intérêts ont continué à s'accumuler depuis ce temps.
«Dès demain (aujourd'hui), le processus va se mettre en branle pour voir les alternatives avec les partenaires et décider comment on va procéder pour la suite des choses», a indiqué M. Lemire, en identifiant la Financière agricole et Investissements Québec comme les deux autres principaux créanciers.
Le fait que la Caisse Desjardins Godefroy ait été la seule à déposer une offre a pu en surprendre certains puisque M. Deshaies, qui est à l'emploi de la Financière agricole, a dit avoir fait faire 27 visites de l'abattoir.
Les anciens propriétaires de l'Abattoir Morrissette, les frères Marcel et René Morrissette, étaient présents dans la salle, tout comme l'ex-président de la Fédération des producteurs agricoles du Centre-du-Québec et ex-président de la Coop de producteurs de Viandes les deux rives, Jacques Corriveau.
Celui-ci a indiqué qu'il était très peu surpris du résultat de la vente aux enchères, les intéressés, selon lui, voulant se porter acquéreur de l'immeuble pour à peu près rien.
Viandes les deux rives avait été inaugurée en mars 2007 à la suite d'un investissement de 4,6 millions $, incluant le fonds de roulement.
La Coop comptait 140 membres au moment de l'ouverture. Elle avait cessé ses opérations d'abattage en janvier 2009 avec l'espoir de se restructurer par la suite, ce qu'elle n'a finalement jamais pu faire. Elle employait une vingtaine de personnes.










