Et même le directeur général du Centre intégré en pâtes et papiers de Trois-Rivières, Patrice Mangin, croit qu'il sera difficile à la géante papetière AbitibiBowater d'éviter la faillite, ajoutant qu'il n'y a rien d'acquis dans la région.
«Je ne vois pas de reprise avant 2012», a déclaré M. Vincent, à la lumière des maigres 529 000 mises en chantier aux États-Unis.
On est donc loin des 2,2 millions de constructions enregistrées en 2006. «Et pour que ça marche, il faudrait retrouver le niveau de la fin de 2007, soit 1,2 million de mises en chantier», a-t-il précisé.
Selon lui, c'est une erreur que de se fier aux nouvelles de la bourse. «Ce n'est pas un bon baromètre car avant la chute de la bourse, l'industrie était déjà dans une baisse depuis trois ans et il n'y a pas plus de perspective de reprise (dans le secteur du bois) à cause de la bourse», a prévenu l'ancien spécialiste du Conseil de l'industrie forestière du Québec.
Moral des constructeurs au plus bas, consommation américaine de bois d'oeuvre résineux toujours près d'un creux, hausse des maisons existantes à vendre et du nombre de mois d'inventaire aux États-Unis, mais chute de leur prix: voilà autant d'éléments qui sont venus compliquer les choses au cours des derniers mois.
Mais M. Vincent perçoit néanmoins des signes positifs à l'horizon chez nos voisins du Sud: un PIB finalement en territoire positif, le prix des maisons qui a cessé de baisser, le marché de la revente qui se remet en marche, le commerce international qui reprend, les ménages qui ont commencé à s'attaquer à leur dette, et une rechute de l'économie de moins en moins probable.
«Il y a encore des petits nuages noirs à l'horizon alors que l'emploi n'est pas encore au rendez-vous aux États-Unis», a-t-il souligné.
Même si le Québec montre des signes encourageants avec un chômage plus bas que l'Ontario et une action gouvernementale vigoureuse pour la reprise, la hausse du dollar canadien amènera les entreprises d'ici à relever le défi de la productivité.
Or, l'industrie québécoise est encore aux prises avec des problèmes structurels: ses usines sont parmi les plus petites en Amérique du Nord, tout comme ses billes de sciage, et le coût de la matière ligneuse est le plus élevé au Canada.
«On commence à remonter à la surface, mais on ne respire toujours pas», a fait remarquer l'expert de Bruno Del Degan et associés.
Dans tous ces bouleversements, celui-ci croit néanmoins que la Mauricie devrait tirer avantageusement son épingle du jeu en profitant à la fois de l'abondance de sa ressource forestière et du nombre important de villes et municipalités de taille moyenne.
«Le développement de la deuxième transformation se jouera dans les régions qui pourront offrir à la fois ces deux caractéristiques», soutient-il.
Au cours de la journée organisée à l'Auberge Le Baluchon, les quelque 135 participants ont pu aborder les questions de nanotechnologies, de gestion intégrée des ressources, de plan régional de développement et de promotion de l'utilisation du bois en construction.
«On a atteint le fond du baril et même si on l'appréhende, il faut que le nouveau régime forestier soit adopté, étant à bout de souffle au niveau de tous les processus de consultation, quitte à faire des ajustements dans le temps», a conclu le président de l'association, Jacques Pinard, qui doit lui-même composer avec des pertes de revenus pour son organisme.











