En conférence de presse, hier, dans les locaux du CLD de la MRC de Bécancour, M. Bergeron a qualifié les rendements de très satisfaisants, compte tenu du fait que la dernière saison a été «pourrie», selon son expression, par rapport au temps qu'il a fait.
«L'expérience a été profitable», a-t-il témoigné, assez en tout cas pour qu'il ait envie de la prolonger l'an prochain et l'année suivante. Au terme du projet pilote d'une durée de trois ans, le producteur agricole analysera les rendements des trois années et décidera ensuite s'il se lance pour de bon dans la culture du canola.
Entre-temps, il réserve sa production de la saison 2009, actuellement entreposée dans ses silos, pour l'usine TRT-ETGO, actuellement en construction au coût de 170 millions $ dans le parc industriel de Bécancour.
Cette usine devrait entrer en production en mars 2010 et sera soumise à une période de rodage d'une durée de trois mois. Il devrait y avoir 15 jours de production durant le premier mois. Le rythme augmentera progressivement par la suite, a indiqué Étienne Tardif, agronome chez TRT-ETGO.
Celui-ci se montre également très satisfait des résultats obtenus au cours de cette première année et affirme que les producteurs sont intéressés à continuer sur les six fermes où le projet pilote a eu cours en 2009, soit deux dans le secteur Saint-Grégoire, deux dans le secteur Sainte-Gertrude, un à Sainte-Eulalie et un autre à Lyster dans la MRC de l'Érable.
M. Tardif admet que les rendements ont été variables dans le canola mais il ajoute du même souffle qu'avec toutes le pluies qui se sont abattues sur la région au cours de l'été 2009, toutes les cultures ont enregistré des rendements variables cette année.
En tout cas, en voyant ce qui est arrivé à certains champs de maïs, M. Bergeron ne regrette pas d'avoir tenté sa chance avec le canola.
Les six producteurs faisant partie du projet pilote ont enregistré des rendements moyens respectifs de 607, 674, 1055, 1444, 1720 et 2118 kg à l'hectare pour une moyenne de 1270.
Selon Denis Ruel, agronome responsable des cultures commerciales au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), cette moyenne a été, de 1999 à 2007, de 1311 kg à l'hectare au Centre-du-Québec, de 1359 en Mauricie et de 1691 pour l'ensemble du Québec.
Le porte-parole du MAPAQ précise que les interventions du ministère en regard de ce projet devaient d'abord servir l'intérêt public selon trois champs d'intérêt prioritaires, soit le développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire, l'adaptation des entreprises agricoles et agroalimentaires, de même que la conservation des ressources et la protection de l'environnement.
Le projet pilote vise deux objectifs en particulier, soit valider les facteurs de succès favorisant l'implantation de la culture de canola dans la région et aider les entreprises agricoles à saisir de nouvelles opportunités d'affaires et à diversifier leur production.
À terme, selon Sophie Veilleux, conseillère en développement rural au CLD de la MRC de Bécancour, l'objectif visé est de répondre aux besoins en approvisionnement de canola de l'industrie alimentaire québécoise, soit ceux des transformateurs québécois de canola, par l'augmentation de l'offre.
Le CLD souhaitait recruter six producteurs qui cultiveraient 40 hectares de canola. Les six producteurs recrutés en ont finalement cultivé 150,8 hectares. Cinq cultivars de canola ont ainsi fait l'objet d'observations agronomiques. Mme Veilleux a qualifié de réussite cette initiative régionale.
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