Entrepreneuriat au féminin: une histoire de coeur

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Dans l'ordre habituel, on retrouve Chantale Gagnon, adjointe... (Photo: Stéphane Lessard)

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Dans l'ordre habituel, on retrouve Chantale Gagnon, adjointe administrative de FEM, Tracey Ann Powers, directrice générale de FEM, Caroline Néron, présidente d'honneur de la Journée entrepreneuriale au féminin, Audrey Carrier, agente de développement et de communication de FEM, et Martine Lessard, présidente de FEM et propriétaire des Bières de la Nouvelle-France.

Photo: Stéphane Lessard

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je suis partie de rien, mais avec mon coeur. Quand j'ai vu les 55 employés au party de Noël, là, je me suis dit que j'avais une vraie compagnie».

Caroline Néron était visiblement touchée de vivre une première expérience de conférencière devant plus de 200 participantes au colloque organisé par Femmes et Entrepreneuriat en Mauricie (FEM). Il y a moins de six ans, elle aurait pu difficilement s'imaginer présidente d'honneur d'un tel événement.

Ne voulant pas être à la merci de producteurs, ni attendre des projets pour sa carrière artistique, elle décide sur un coup de tête, ou plutôt sur un coup de coeur, de démarrer une compagnie de bijoux à l'automne 2004... en trois semaines!

Aujourd'hui, au-delà de ses kiosques, elle s'apprête à ouvrir sa première boutique à la mi-avril, soit à Place Sainte-Foy, ce qui portera à 70 le nombre d'employés.

«Ça prend de la naïveté au départ et un bon flair», a-t-elle raconté. En deux temps trois mouvements, et avec l'aide de deux designers, elle aura pas moins de 30 produits à proposer, un concept qui aura séduit son tout premier client, Les Ailes de la Mode.

En 2010, Bijoux Caroline Néron a multiplié par dix son nombre de modèles et d'autres lignes sont à venir.

Malgré l'ajout d'un autre gros client, la Maison Simons, alors qu'elle étant en chaise roulante à la suite d'un accident de moto, le «cash flow» personnel diminuait.

«Mais je n'ai jamais été une lâcheuse et la qualité première d'une entrepreneure, c'est de croire en son projet», a confié la nouvelle mère de famille.

Si la comédienne-chanteuse a invité les femmes à mettre du coeur dans leur entreprise, Anne Marcotte affirme avoir l'entrepreneuriat tatoué sur le coeur.

La productrice et l'animatrice de l'émission VoirGRAND.tv, qui a débuté sa deuxième saison hier soir sur les ondes de la télévision communautaire (le mardi, 19h), a raconté son parcours rempli d'embûches et de succès.

De secrétaire-réceptionniste, elle sera devenue directrice générale d'une entreprise audiovisuelle en restructuration, neuf ans plus tard. Déçue de n'avoir pu l'acheter, elle démissionne pour finalement devenir associée d'une compagnie... déficitaire.

Se définissant comme «battante», la femme d'affaires découvre alors sa première recette d'entrepreneure: on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.

Malgré ses prouesses de rentabilisation, on lui montrera la porte. Autre leçon: «les plus beaux moments se produisent dans les moments les plus sombres».

Des anciens compagnons de travail lui propose de partir en affaires. «C'est dans l'inconfort qu'on fait quelque chose», témoigne-t-elle à partir de cette expérience.

Elle se «gonfle le torse», se lance dans la production Internet, contacte Apple Canada, obtient un prêt d'équipements de 30 000 $, gagne un concours et se fait inviter à une mission économique en Chine sous le premier ministre Lucien Bouchard.

«Ce que j'avais à vendre, c'était ma passion, c'est le meilleur pouvoir, et il faut avoir de l'audace en affaires», poursuit celle qui a ensuite vendu sa firme Marcotte Multimédia à Transcontinental.à

Avoir du coeur au ventre, «rayonner dans ce qui nous passionne», ne pas sous-estimer l'effet papillon, «faire une chose par jour qui nous fait peur», avoir le droit de craquer et voir les choses que les autres ne voient pas: voilà autant de conseils signés Anne Marcotte.

 

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