Aleris relancée... en Chine

Le nouveau propriétaire des équipements de l'ex-usine Aleris,... (Photo: Sylvain Mayer)

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Le nouveau propriétaire des équipements de l'ex-usine Aleris, Cao Xiao guo, en compagnie de son traducteur.

Photo: Sylvain Mayer

Le Nouvelliste

L'encan aura été de courte durée. Les équipements de l'ex-usine Aleris, de Trois-Rivières, ont rapidement été achetés en bloc par un industriel chinois. Et personne sur place ou sur le web n'aura pu offrir davantage que les 25 millions de dollars proposés par Cao Xiao guo.

«On va repartir le plan en Chine, on va l'opérer avec 500 personnes car ici, le syndicat et le gouvernement sont des problèmes», a confié l'homme d'affaires dans le secteur du métal, savourant visiblement son acquisition.

Déjà, l'exercice avait débuté en retard. Des intervenants en ligne ont ensuite signifié leur présence virtuelle. Mais après de longues explications d'usage, on a soudainement suspendu l'encan pour finalement annoncer l'offre globale, quelques minutes plus tard, à la grande surprise de tous ceux qui s'apprêtaient à miser, dont Clarence Hopkins, de Royal Bearing inc., venu spécialement de l'Oregon.

«L'équipement est bon et c'était honteux de le laisser aller», a ajouté son nouveau propriétaire qui a jusqu'au 10 avril pour finaliser l'achat, à la suite de son dépôt jugé «substantiel».

Souhaitant initialement obtenir entre 15 et 20 millions de dollars pour la liquidation des équipements, on comprendra pourquoi le président de CIACPCC, Michael Haas, responsable de l'encan, était tout sourire hier matin.

«Le groupe chinois est venu visiter l'usine samedi soir et on était en négociation avec eux», a-t-il confié, tout en rappelant ce droit de vendre «une usine complète».

À son avis, s'il avait pu attendre un an avant de tenir un encan, les offres se seraient situées entre 50 et 100 millions de dollars avec la reprise de l'économie, estimant à 750 millions de dollars la valeur de remplacement de tels actifs.

«Durant les dix dernières années, la compagnie avait investi 80 millions de dollars», a-t-il souligné.

Par ailleurs, celui-ci admet qu'il est beaucoup plus facile de faire affaire avec un client. «Mais je suis un peu déçu d'annuler l'encan», prétend M. Haas, soulagé toutefois de ne plus avoir à défrayer les coûts d'entretien de 100 000 dollars par semaine.

Par contre, le bâtiment n'a pas trouvé preneur lors de l'encan, avec une mise de départ exigée de trois millions de dollars. Cela venait confirmer l'intention de Cao Xiao guo de ne pas relancer l'usine à Trois-Rivières.

«Il y a des particuliers intéressés à l'achat de l'immeuble», a indiqué l'agent immobilier de la firme Axxa, Jeffrey G. Wagman.

Finalement, la transaction d'hier n'inclut pas tout le matériel de bureau et tout l'outillage qui avaient été vendus lors des deux premières journées de l'encan.

 

Un autre promoteur chinois veut relancer

La vente des équipements au coût de 25 millions de dollars venait à peine d'être annoncée par l'encanteur qu'un autre promoteur chinois se promenait dans l'ancienne usine Aleris, sourire en coin, pour faire part de son intention de relancer le tout à Trois-Rivières.

Le vice-président de First Connecticut International, Cheng Qun, mise sur le fait que la transaction n'est pas encore complétée avec l'acquéreur Cao Xiao guo pour pousser son projet. Il veut d'ailleurs en discuter avec les autorités trifluviennes.

À son avis, l'acheteur chinois aura du mal à importer des équipements usagés, en raison d'une taxe passablement élevée dans ces cas-là.

«On peut parler avec le syndicat, ce n'est pas comme un ennemi, ce sont des êtres humains», a-t-il conclu.

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