Les représentants syndicaux soulignent que l'employeur s'est engagé à rouvrir la scierie fermée depuis août dernier et à procéder à des investissements de 1,8 million $ pour la modernisation d'une ligne de sciage. Toutefois, cette relance est conditionnelle. Les travailleurs doivent accepter d'importantes concessions salariales, ce qui est loin de faire l'unanimité.
«Le plan prévoit notamment une coupure initiale de taux horaire de 10 %, ainsi qu'une seconde ponction variable, sous forme d'assurance rentabilité, pouvant atteindre un autre 10 %. Cela s'ajoute à une liste d'ancienneté unique, l'abandon total de l'ensemble des griefs syndicaux toujours pendants et un réaménagement en long et en large de la convention collective», explique Herman Martel.
Le syndicat a dernièrement fait une contre-offre à l'employeur. Les représentants ne veulent cependant pas divulguer les grandes lignes de celle-ci. Toutefois, les négociations sont au point mort. «On déplore l'absence de négociation sur les concessions demandées par l'employeur. Ce n'est pas une négociation, c'est une imposition», précise le président du syndicat local, M. Martel.
«Depuis 2005, les travailleurs ont accordé une vingtaine de concessions à l'entreprise. Nous sommes prêts à négocier, mais la première offre qu'AbitibiBowater a déposée le 18 avril dernier était déjà finale», déplore Paul Lavergne. «Nous sommes ouverts à la négociation. Nous voulons une entente favorable pour les deux parties et négociée dans le respect.»
L'opération de surveillance du transport de bois effectué à la scierie de Rivière-aux-Rats a pris fin hier. Les membres du syndicat n'ont rien relevé qui leur permettent de croire qu'AbitibiBowater vend les réserves de pins gris, essence de bois d'oeuvre, à une scierie concurrente. «C'est pour cette raison que nous interrompons la vigie aujourd'hui [hier] même. L'entreprise semble avoir laissé de côté son plan. Nous devons avoir cette matière première pour repartir l'usine», souligne M. Martel.
Rappelons que 70 % des travailleurs ont rejeté en avril dernier le plan de restructuration proposée par AbitibiBowater. Le refus des concessions salariales est la principale raison qui a poussé les travailleurs à rejeter l'offre patronale. Les opérations de la scierie de Rivière-aux-Rats sont presque toutes interrompues depuis le 15 août dernier. Les quelque 140 travailleurs de l'usine sont sans emploi depuis. Un comité de reclassement a d'ailleurs été formé en décembre dernier afin que les travailleurs puissent se trouver un emploi.
Par ailleurs, Herman Martel ne croit pas que l'annonce de lundi concernant la fermeture de l'usine de papier journal d'AbitibiBowater de Gatineau influence les négociations de la scierie de Rivière-aux-Rats. «Ce ne sont pas des industries reliées. Cela ne change aucunement notre rapport dans les négociations», croit le président.










