«C'est facile de dire ça», répond Richard Desjardins lorsque questionné à ce sujet par Le Nouvelliste. «Ils font fi du rapport Coulombe de la Commission sur l'étude de la gestion de la forêt publique québécoise de 2004 qui démontrait que mon film était bien fait et que ses conclusions étaient fondées.»
De plus, l'idée que Richard Desjardins ait découragé les jeunes à s'intéresser aux métiers de la forêt en donnant une image d'industrie en perdition revient dans les discours.
«On m'attribue le fait que les facultés et les écoles de foresterie sont désertées par les étudiants, que j'ai créé une image négative des métiers de la forêt! C'est pourtant un phénomène généralisé en Amérique du Nord», ajoute-t-il.
À ce titre, il croit que les écoles de foresterie doivent repenser leur approche. «Si l'enseignement était basé sur l'écoforesterie, les facultés seraient en très forte demande, car ce sont des préoccupations de la jeune génération d'étudiants», croit-il.
Interrogé sur la fermeture indéfinie de la scierie de Kruger depuis près d'un an, Richard Desjardins compatit avec les travailleurs. «C'est désastreux pour eux. Ils sont victimes d'un lien de dépendance extrême», dénonce-t-il.
«Il y a encore une dépendance envers les grosses entreprises américaines. Ils n'ont pas besoin de nous envahir militairement, ils nous possèdent déjà économiquement. Les actionnaires de ces entreprises n'ont rien à faire des travailleurs d'ici.»
L'auteur du documentaire L'Erreur boréale est convaincu que la communauté de Parent a un avenir. «C'est un endroit isolé avec une nature sauvage. Ces lieux sont rares, voire uniques au monde», croit-il.
Richard Desjardins croit en la nouvelle foresterie et en la culture écosystémique des forêts. Il affirme que l'industrie forestière doit arrêter de voir la forêt en terme de mètres cubes et cite en exemple la possibilité d'exploiter environ 500 produits renouvelables de la forêt boréale. «Mais les compagnies forestières n'y pensent même pas», déplore l'artiste.
«Il faut faire un inventaire de ce qu'on a dans nos forêts. Ça n'a pas été fait. Il faut partir de la base avec une gestion écosystémique de la forêt en voyant la forêt comme un tout.» Ce concept était d'ailleurs une des principales recommandations du rapport en 2004 de la commission Coulombe.
Sensible à la cause autochtone
Richard Desjardins est fortement interpellé par le sort des communautés autochtones du Québec. En 2007, il a réalisé le documentaire Le peuple invisible: l'histoire des Algonquins. Sensible à la cause autochtone, il croit que les Québécois doivent s'ouvrir aux Premières nations. «Des villages comme Parent ont avantage à accentuer les liens avec les Atikamekws», souligne-t-il.
Ils étaient d'ailleurs très nombreux à assister à son spectacle dimanche aux célébrations du centenaire de Parent. Plusieurs étaient très fiers de pouvoir serrer la main et discuter avec le chanteur.
«Ce documentaire a permis à bien des autochtones d'en apprendre plus sur leur propre histoire qui se transmet oralement. Des générations entières ont été mal éduquées et mal informées dans les pensionnats indiens, car on voulait qu'ils oublient leur culture», ajoute le chanteur abitibien.
Richard Desjardins tourne actuellement son troisième film qui promet d'avoir l'effet d'une bombe à sa sortie l'année prochaine. Il s'intéresse cette fois-ci à l'industrie minière canadienne et ses pratiques. Il a déjà tourné à plusieurs endroits au Québec et en Ontario.










