Nutra Canada investit 19 M$ à Champlain

André Gosselin, président de Nutra Canada, montre la... (Photo: Ève Guillemette)

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André Gosselin, président de Nutra Canada, montre la poudre qu'on peut tirer des pelures d'oignon qui, autrement, prendraient le chemin de la poubelle: une poudre qui présente des avantages pour la réduction des risques cardiovasculaires.

Photo: Ève Guillemette

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Champlain) À peine inaugurée officiellement, hier à Champlain, Nutra Canada, une entreprise spécialisée dans la production d'extraits secs de fruits, légumes et plantes médicinales, entreprend immédiatement une seconde phase de son développement qui lui permettra d'augmenter sa capacité et, on l'espère, de conclure des contrats avec des clients de partout dans le monde.

Près de 20 M$ d'investissements en provenance de différents ministères fédéraux et provinciaux et d'organismes de développement économique ont été confirmés hier, ce qui a fait dire au président de Nutra Canada, André Gosselin, «que jamais en se levant hier matin, il n'avait pensé être si riche.»

Les participants à cette conférence de presse très attendue dans la région étaient si nombreux, que le chapiteau dressé pour la circonstance sur le stationnement de l'usine avait peine à contenir les invités.

«Je vois que tout le monde n'avait pas confirmé sa présence», a blagué M. Gosselin, ravi de cette affluence. Le stationnement de l'entreprise étant plein à craquer, on pouvait voir des voitures à perte de vue, sur le chemin Sainte-Marie, en pleine campagne.

C'est comme si tout le monde voulait être vu au lancement officiel de cette entreprise de pointe du secteur agroalimentaire, née d'une longue recherche menée à l'Université Laval où travaille le professeur André Gosselin.

Le ministre Blackburn a rappelé que le gouvernement canadien avait investi près de 4,4 M$ pour aider Nutra Canada à mettre sur pied son usine de production d'extraits de fruits, de légumes et de plantes médicinales.

Agriculture et Agroalimentaire Canada a contribué au projet pour près de 1,7 M$, incluant jusqu'à 1,5 M$ en contributions remboursables du programme Agri-débouchés et jusqu'à 227 000 $ d'Initiative de développement de produits agricoles.

Technologies du développement durable Canada y est allé pour 1,9 M$ et Développement économique Canada pour la région du Québec pour 682 500 $ alors que 66 000 $ provenaient du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherche du Canada.

«Ce projet a déjà permis de créer 11 nouveaux emplois et devrait en créer 16 au total d'ici 2012, a confié le ministre Blackburn. Et c'est sans compter que le nouveau processus utilise les résidus végétaux des usines de transformation alimentaire pour produire des extraits, ce qui réduit le volume de déchets livrés aux lieux d'enfouissement.»

Pour sa part, la ministre de la Solidarité sociale et de l'Emploi, Julie Boulet, est venue confirmer près de 3,1 M$ en provenance de trois ministères différents.

L'aide gouvernementale de Québec se détaille comme suit: 2 M$ de l'Agence de l'efficacité énergétique (dont la présidente directrice générale Lucie Asselin était présente) dans le cadre de son programme de démonstration des technologies vertes visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, 500 000 $ en capital actions de Capital Financière agricole inc, 460 000 $ en provenance du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation par le biais des programmes de soutien à l'innovation, à la commercialisation et au développement régional et 200 000 $ du ministère du Développement économique et l'Innovation et de l'Exportation pour la construction de l'usine actuelle.

La ministre Boulet a par ailleurs noté que le projet de Nutra Canada permettra une importante réduction des gaz à effet de serre, soit plus de 5000 tonnes de CO2, l'équivalent de 34 000 voitures..

Rappelons enfin que 100 000 $ sont venus de la Société d'aide au développement des collectivités de la Vallée de la Batiscan sous forme de prêt de démarrage.

André Gosselin n'a pas manqué de souligner que s'il avait choisi Champlain dans la MRC des Chenaux comme site de son usine pilote, c'est principalement à cause de la possibilité qu'offrait le site d'enfouissement de fournir des biogaz à l'usine... et ce sans aucun problème, sinon l'inévitable ajustement de départ. «Je pense que c'est une première mondiale de valoriser les fruits et légumes avec du biogaz. À ma connaissance, il n'y a pas d'équivalent.»

Pierre Bouchard, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie assistait d'ailleurs à la conférence de presse.

M. Gosselin a expliqué que c'est lorsqu'il a réalisé que le Canada exportait ses petits fruits en Europe et en Asie, pour en revenir sous forme de produits transformés, qu'il a eu l'idée de faire de même, d'abord avec des fraises et des framboises, puis des bleuets.

Son usine produit maintenant aussi des extraits de canneberges, d'oignons, d'épinards et de brocolis. Les poudres obtenues présentent des avantages différents pour la santé entre autres à cause de leur propriété antioxydante.

M. Gosselin a par ailleurs précisé que la seconde phase de développement de son entreprise a débuté au printemps 2010, en partenariat avec cinq entreprises privées, dont les Biscuits Leclerc.


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