«On n'est pas habitués de vendre des pommes à ce temps-ci de l'année. Ça nous mélange un peu. Il y a bien des clients pour qui le temps des pommes c'est plus tard en septembre», exprime Roger Renaud, du Verger Belpom, situé dans le secteur Sainte-Gertrude à Bécancour.
L'homme remarque que les fruits de ses 2300 pommiers viennent à maturité deux semaines à l'avance. Il se console en se répétant que son kiosque de vente disposé aux abords de la route 226 rappelle à monsieur et madame Tout-le-monde que la saison est bel et bien commencée.
La copropriétaire du Verger Barry à Sainte-Anne-de-la-Pérade, Monique Landry, a noté pour sa part une augmentation des visiteurs au courant du mois d'août, en comparaison avec les années antérieures.
«Il y a pas mal de gens qui y pensent que c'est en avance cette année. Ils sont souvent surpris de voir combien il y a de pommes», affirme la dame, en précisant que ses variétés ont mûri une dizaine de jours plus tôt qu'à l'accoutumée.
«Il n'y a pas foule, parce qu'on dirait que les gens sont programmés pour l'automne», précise-t-elle toutefois, avant de mentionner que plusieurs semblent oublier que des variétés comme la Vista Bella, la Melba ou la pomme blanche se pointent toujours le bout du nez au mois d'août.
Conditions météo gagnantes
Malgré tout, la belle saison en est à ses dernières miettes et les producteurs constatent qu'elle leur a apporté de bonnes conditions météo. Et ce, malgré les deux canicules répertoriées pendant l'été.
«Il a fait chaud, mais on a eu de la pluie une fois de temps en temps. Ça fait que les pommes ont une bonne taille», observe Monique Landry.
L'épisode de chaleur accablante de la semaine dernière n'aura pas été un pépin en soi dans les vergers, mais il a tout de même accéléré la maturité des fruits et leur tombée de l'arbre, indique-t-elle.
De son côté, Roger Renaud estime que des températures plus fraîches pourraient être bénéfiques, car lors de nuits froides, la pomme développe du sucre qui la fait rougir davantage.
Le producteur se souvient cependant que la situation avait été beaucoup moins rose l'an passé, alors que trois gelées consécutives durant le mois de mai avaient ruiné sa saison en entier.
«Cette année, on a produit une pomme à perfection. C'est une année d'abondance, j'aurai jamais eu autant de pommes», s'enthousiasme celui qui pense tenir boutique jusqu'à la fin octobre avec sa «vedette», la Cortland.
Du côté du Verger Barry, la possibilité d'une saison écourtée n'est pas exclue.
«On espère que les gens vont venir plus tôt, parce qu'il y en a qui vont avoir des surprises en octobre, vers l'Action de grâce. Il y a des chances que la saison finisse plus tôt, mais encore là, on ne sait pas. La nature est variable», conclut Mme Landry.










