Après qu'on ait dénoncé à nouveau l'absence de la candidate conservatrice dans Trois-Rivières, Claude Durand, les candidats présents, Paule Brunelle, le Bloc québécois, André Chauvette, NPD, Stéphane Roof, Parti conservateur, Ronald Saint-Onge Lynch et Marcos Simard, Parti libéral du Canada et Ariane Blais, Parti vert, ont présenté la plateforme culturelle de leur parti.
Bien que plusieurs personnes aient félicité Stéphane Roof pour sa présence courageuse à ces échanges, elles ne se sont pas gênées non plus pour dénoncer vertement les coupes du gouvernement conservateur dans les programmes culturels.
Messager de Calgary?
Jacob Brind'Amour, des Sages fous, a ouvert les hostilités en mettant au défi le candidat conservateur de lui expliquer en quoi le programme Promar (qui soutenait les tournées d'artistes à l'étranger), était «onéreux, obsolète et non rentable», au point de devoir le couper immédiatement.
M. Roof a répliqué candidement qu'il ne le savait pas et qu'à titre d'avocat, il ne s'intéressait pas à ces programmes, jusqu'à récemment, que c'était des fonctionnaires qui avaient fait l'évaluation en question.
«Mais je peux vous assurer d'une chose, si des programmes font en sorte de générer des emplois et qu'ils contribuent au rayonnement hors province, je m'engage à être partie prenante de la défense de ces programmes, de faire en sorte qu'ils soient plus souples pour que des compagnies comme la vôtre puissent en bénéficier et poursuivre leur développement.»
M. Brind'Amour a répliqué qu'il constatait que M. Roof ne connaissait rien du programme en question et que manifestement, il n'avait pas lu le rapport des fonctionnaires à son sujet, un rapport élogieux.
«Ce rapport est public. Je constate donc que vous n'êtes qu'un messager de Calgary et que vous ne connaissez pas la question.»
Trous de c....
La seconde intervention est venue du peintre Guy Langevin qui est venu dénoncer le fait que les conservateurs font passer les artistes pour des pique-assiettes, une attitude qu'il n'a vue nulle part ailleurs dans les pays où il a voyagé. «Il n'y a qu'ici qu'on fait passer les artistes pour des trous de cul. Les artistes sont à la base des produits culturels et ils créent des centaines de milliers d'emplois», a-t-il déclaré.
M. Langevin a ajouté qu'à son avis, il s'est dit des mensonges au sujet de la révision de programmes, alors qu'on serait en face d'une abolition pure et simple de nombreux programmes d'aide fédérale.
Il a donné comme exemple le programme Présentation des arts, de Patrimoine Canada qui sera révisé en 2011 et qui existe toujours.
«On le sait d'avance. Mais on ne nous a jamais rien dit pour les programmes qui ont été abolis cette année.»
Ses dires ont été corroborés par une ex-fonctionnaire provinciale de la culture, Marie-Josée Champagne, qui est venue dire qu'une évaluation d'un programme n'entraîne pas généralement un geste politique spectaculaire.
Transfert de compétence
Elle a par ailleurs demandé aux candidats libéraux et du NPD si leur parti respectif avait une ouverture pour le transfert de la compétence de la culture vers les provinces. Marcos Simard a répondu non, même si le parti libéral reconnaît le rôle unique du Québec dans la culture canadienne, tandis que le candidat NPD, M. Chauvette, a expliqué que son parti propose une approche asymétrique, qu'il est ouvert à la question mais qu'il attend une proposition concrète en ce sens.
Trous béants
Jean-François Royal, de Média Muse, a apostrophé Stéphane Roof en lui demandant comment son chef pouvait prétendre faire des investissements en culture alors que les coupes qu'il fait affectent des programmes où les fonds sont déjà nettement insuffisants. Il a donné comme exemple, les programmes d'aide aux musées, le Programme d'aide et de consolidation du patrimoine canadien, Culture canadienne en ligne, Accord Canada-France et Espaces culturels Canada.
M. Roof s'est défendu en parlant de réinvestissements récents dans les musées. Il a aussi expliqué que son parti favorisait des programmes structurants et que pour cette raison, tous les programmes étaient en révision actuellement.
M. Royal a dit bien comprendre la démarche mais a dénoncé le fait que des trous béants ont été créés pendant que le gouvernement conservateur procédait à ses révisions. Des propos chaleureusement applaudis dans la salle.
Questions pointues
Le directeur du Musée de culture populaire, Benoit Gauthier est intervenu sur la question du Fonds canadien pour la télévision, qui subventionne la télévision éducative, tandis que Gaston Bellemare, ex-président de l'Association des éditeurs du Québec a voulu entendre les candidats sur la Convention sur la diversité culturelle et l'Agence de tamisage des investissements. Des sujets plutôt pointus sur lesquels seules Mme Brunelle s'est aventurée.













