Des conseillers extrêmement étonnés

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Des conseillers extrêmement étonnés

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André Buisson

Photo: Sylvan Mayer

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Quatre conseillers municipaux siègent au conseil d'administration du Centre local de développement de Shawinigan et personne n'a vu venir la décision du directeur général de l'organisme, Luc Arvisais, de plonger dans la campagne électorale.

Une surprise totale en ce qui concerne le moment, mais sur le fond, tous s'attendaient à ce que ce passionné de politique tente à nouveau sa chance. Il n'abandonne sans doute pas une position aussi avantageuse à la Ville de Shawinigan pour simplement se tremper l'orteil dans un comté voisin.

Yves Bordeleau fait partie des rares confidents à qui M. Arvisais a ébruité son secret avant l'annonce officielle de dimanche. Selon sa lecture des événements, son ami est appelé à jouer un rôle important au sein de l'ADQ, peu importe le résultat du vote le 8 décembre.

«S'il perd, je veux qu'il revienne au CLD», commente le représentant à la Corporation commerce. «Mais d'après moi, si l'ADQ se fait battre, il sera là pour rebâtir le parti au Québec, avec Sébastien Proulx. Luc est un bon rassembleur, il sera appelé à jouer un rôle important.»

«Par ailleurs, s'il gagne et qu'il siège dans l'opposition, il aurait des responsabilités importantes dans un cabinet fantôme. Et au pouvoir, il serait sans doute un ministre très influent.»

Ceci dit, M. Bordeleau convient que cette annonce l'a étonné.

«Avec sa situation familiale (M. Arvisais a trois enfants), je me disais qu'il attendrait encore un peu. Mais pour le reste, je ne suis pas surpris parce qu'il adore la politique. Il en mange! Le comté lui a été offert, il a négocié des choses et le parti lui a fait une offre. À sa place, j'aurais plongé plus tard, mais ce n'est pas de mes affaires!»

Steve Martin, représentant à la Corporation industrie, semblait déculotté par cette annonce.

«Ça m'a vraiment étonné», confie-t-il. «Il nous avait mentionné qu'il était plus ou moins intéressé par la politique quand nous l'avions embauché. Surtout qu'il se lance dans un autre comté, c'est étonnant.»

France Beaulieu, qui siège sur la corporation de l'économie sociale au CLD, reconnaît aussi sa surprise à la suite de la demande du congé sans solde du directeur général. Elle peut toutefois comprendre l'appel, elle qui avait tenté sa chance avec les libéraux dans Saint-Maurice en 2007.

«C'est sa décision, ça lui appartient», commente-t-elle. «En démocratie, rien ne l'empêche de faire ça. Il n'a sûrement pas plongé tête première sans bien peser sa décision. C'est un gars intelligent, qui sait ce qu'il fait.»

Même genre de réflexion du côté de Josette Allard-Gignac, représentante à la Corporation tourisme au CLD.

«Il n'y avait aucun signe qui avait annoncé ça», assure-t-elle. «Luc faisait un excellent travail au CLD. Par contre, il a toujours été près de l'ADQ et il avait sans doute le goût de relever un défi. Je pense qu'il a la politique dans le sang!»

Les quatre administrateurs ne veulent pas interpréter trop négativement la décision de M. Arvisais, qui regarde ailleurs alors que le CLD avait enfin repris son erre d'aller.

«Que quelqu'un ait de l'ambition, qu'il se serve du CLD pour aller ailleurs, je ne vois pas de problème», avance M. Bordeleau. «On ne peut pas empêcher quelqu'un d'évoluer dans sa carrière. Luc, c'est un mangeux de politique. Quand il sera rendu plus haut, je suis sûr qu'il pensera à Shawinigan.»

Buisson encaisse avec philosophie

Le président du Centre local de développement de Shawinigan, André Buisson, fait partie de ceux qui avaient tiré sur la manche de Luc Arvisais afin qu'il accepte de devenir, à la fin 2006, le directeur général d'un organisme à la dérive.

Il n'avait pas été facile à convaincre. M. Arvisais planchait alors sur la 40e édition du Festival western de Saint-Tite, un défi qui le stimulait beaucoup.

Mais aussi, les libéraux provinciaux l'avaient approché pendant la même période pour qu'il se présente sous cette bannière dans le comté de Saint-Maurice pour l'élection qui s'annonçait pour le printemps 2007.

Selon certaines sources, M. Arvisais avait même confirmé au PLQ qu'il serait sur les rangs. Il a finalement répondu à l'appel de la mairesse Lise Landry et de M. Buisson pour relever le CLD de Shawinigan.

Deux ans plus tard, le jeu de la chaise vide à la direction générale risque de reprendre. Malgré tout, le président de l'organisme accueille la décision de son ami avec philosophie.

«Dans l'entreprise privée, c'est le genre de chose qui arrive», fait-il remarquer. «Quand on a des joueurs de calibre, ils sont sollicités et ça arrive qu'on en perd. Sur le plan professionnel, je ne peux faire autrement que lui souhaiter bonne chance.»

Reconnu comme un homme franc et direct, M. Buisson ne veut pas entrer dans les détails de l'entretien que les deux hommes ont eu en fin de semaine. Mais une certaine déception transpire de ses propos.

«Je ne veux pas commenter sur ce que je peux lui avoir dit, sur mes conseils... Même si j'avais voulu le retenir, je n'aurais pas pu. Je reconnais l'importance de faire partie d'une démarche démocratique. Mais de dire que je l'encourage là-dedans, c'est une autre histoire. J'aurais aimé mieux qu'il reste au CLD, c'est sûr et certain.»

À tout le moins, M. Buisson se console à l'idée que l'organisme possède maintenant une équipe solide et diversifiée. Le conseil d'administration et les quatre corporations sont bien rodés, de sorte que le congé sans solde ou même l'éventuel départ de M. Arvisais n'ébranleront pas trop les colonnes du temple.

«À court terme, je suis absolument certain que nous ne seront pas affectés», assure M. Buisson. «Par la suite, on verra. S'il revient, il a déjà fait la preuve que nous ne faisions pas de politique, mais du développement économique. Sinon, il n'y a personne d'irremplaçable. Chose certaine, nous sommes actuellement en bien meilleure position que nous l'étions il y a deux ans.»

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