Les libéraux ont le vent dans les voiles

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La Presse
Le Nouvelliste

(Québec) L'avance des libéraux s'accroît et il ne restera bientôt plus rien de l'Action démocratique du Québec. Mais en même temps, la satisfaction à l'endroit du gouvernement est clairement en recul.

C'est ce que constate la maison CROP, dans sa dernière enquête réalisée pour La Presse, du 17 au 23 novembre. Le coup de sonde réalisé par téléphone auprès de 1001 personnes est précis à trois points de pourcentage près.

 

Principale surprise, le taux de satisfaction est en baisse, passant de 59 à 51­% en deux semaines. Selon Claude Gauthier, de CROP, la victoire des libéraux paraît acquise le 8 décembre, mais «la force de cette victoire reste à déterminer». Une chose devrait rassurer Jean Charest les partisans libéraux sont de loin les plus intéressés à la campagne électorale. Les péquistes comme les adéquistes risquent davantage de rester chez eux le 8 décembre, observe le sondeur.

Pour lui, la baisse de la satisfaction est une conséquence des mauvaises nouvelles qui ont secoué depuis deux semaines la campagne libérale - les problèmes aux urgences de Sainte-Justine et la mise au repos du président de la Caisse de dépôt, par exemple.

Mais tout se passe comme si, même déçus, les électeurs ne voyaient pas d'alternative en Pauline Marois ou Mario Dumont.

Un constat illustre ce dilemme pour les électeurs. Pas moins de 70­% des gens estiment que le gouvernement Charest n'a pas contribué à améliorer la situation dans le réseau de la santé, que «la situation est restée la même» depuis cinq ans. Seulement 12­% pensent que cela va mieux.

Or quand on leur demande en qui ils font le plus confiance pour améliorer la situation en santé, une majorité (34­% des électeurs) optent pour le PLQ. Pauline Marois obtient l'appui de 26­% des répondants et 10­% seulement parieraient sur Mario Dumont. Pas moins d'une personne sur cinq (22­%) pense qu'aucun des trois partis peut renverser la vapeur dans le réseau.

Du côté des intentions de vote, tout est au beau fixe pour les libéraux. Une élection cette semaine aurait donné le pouvoir au PLQ, avec des résultats bien proches de ceux de l'élection de 2003 après répartition proportionnelle des 12­% d'indécis. Actuellement les libéraux ont 45­% d'appuis, 13 points de pourcentage d'avance sur le PQ (32­%). Il y a deux semaines, l'avance du PLQ était de 11­%. Par rapport à l'enquête du début novembre, les libéraux gagnent trois points de pourcentage et le PQ deux. Le 14 avril 2003, Jean Charest avait battu Bernard Landry avec 46­% des suffrages contre 33­%. Mario Dumont avait récolté 18­%.

Chez les francophones, le PQ a désormais trois points d'avance sur le PLQ (39­% contre 36­%) à la limite de la marge d'erreur. Il y a deux semaines, les deux partis étaient quasi à égalité, avec un seul point de pourcentage d'avance au PQ.

Rien ne va plus du côté de l'ADQ qui chute désormais à 12­% des intentions de vote, son plus faible score depuis les élections de 2007. En 1998, l'ADQ avait eu l'appui de 12­% des électeurs et n'avait remporté qu'un siège, celui de Mario Dumont. Chez les francophones, l'ADQ récolte 14­% des intentions de vote.

Dans la région de Montréal, les libéraux dominent avec 49­% des suffrages, contre 30­% au PQ et un famélique 8­% à l'ADQ. Dans le 450 c'est un peu plus serré mais les libéraux montent quand même à 44­%, contre 35­% au PQ et 11­% à l'ADQ.

Dans la région de Québec, les libéraux se sont envolés, avec 46­% des intentions de vote, contre 24­% au PQ et 21­% à l'ADQ. C'est dans le reste du Québec que la lutte est plus serrée. Les libéraux piétinent à 39­%, contre 36­% au PQ et 15­% à l'ADQ.

Jean Charest arrive encore en tête quand on demande aux gens qui ferait le meilleur premier ministre. Il décroche 44­% d'appuis, loin devant Pauline Marois avec 27­%. Sur plusieurs mois, la cote de M. Charest est lentement montée, tandis que celle de Mme Marois descendait doucement. Celle de Mario Dumont progresse en dents de scie, mais à 12­% seulement comme «meilleur premier ministre», le chef adéquiste atteint son creux historique.

Quand on leur demande s'ils veulent changer de gouvernement ou continuer avec les libéraux, 44­% des gens veulent maintenir le cap contre 45­% qui réclament un changement. Un reflet fidèle des intentions de vote. Par comparaison en 2007, 58­% des gens voulaient du changement le gouvernement Charest avait été réélu, mais minoritaire. En 2003, 52­% des gens voulaient du changement le gouvernement Landry avait été battu.

L'intérêt des Québécois pour la campagne a un peu augmenté depuis deux semaines. Désormais 43­% des gens se disent «très ou assez» intéressés, six points de pourcentage de plus qu'il y a deux semaines. On trouvait alors 62­% des répondants qui se disaient «peu ou pas du tout» intéressés; cette proportion a baissé de 5­points lors de cette enquête.

 

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