Une soixantaine de personnes ont participé à cette activité, à l'Auberge Escapade. Contrairement au débat de l'an dernier, la formule permettait les échanges entre les candidats cette fois, rendant l'exercice plus dynamique.
La CCIS avait invité les prétendants à se prononcer sur deux thèmes principaux, à savoir le développement économique et la santé.
Les échanges libres se sont particulièrement concentrés entre la libérale et le péquiste. En fait, sur un total de quinze questions formulées entre les candidats, une seule a été adressée à M. Demers.
Cela ne l'a toutefois pas empêché de se distinguer. À quelques occasions, il a mis les candidats des deux principaux partis au pied du mur, en insistant pour qu'ils fournissent une réponse lorsqu'ils tentaient d'esquiver la question.
Dès sa première intervention sur la pénurie de la main-d'oeuvre, le candidat indépendant a donné le ton.
«M. Pinard, où étiez-vous pendant 13 ans pour empêcher l'exode de nos jeunes, pour les retenir, afin que Shawinigan ne devienne pas une ville de parcs et de retraités, comme vous le dites?»
Échanges de règnes
Neuf des quinze interventions entre candidats ont impliqué Céline Trépanier et Claude Pinard. Au point où à un certain moment, pour se sentir un peu plus intégré dans le débat, M. Demers a prédit qu'«à la prochaine élection, c'est moi qui me ferai poser les questions!»
Un échange particulièrement intéressant est survenu lorsque M. Pinard s'est inquiété de la présence de Robert Dutil dans la liste des candidats libéraux. Rappelons que ce Beauceron milite ouvertement contre le statut des régions ressources.
«Quelle force aurait Céline Trépanier contre Robert Dutil dans un cabinet libéral?», a-t-il questionné. «Suivriez-vous la ligne du parti ou seriez-vous prête à mettre votre siège en jeu?»
«Je n'ai jamais eu peur de me lever et de parler à un ministre», a répliqué Mme Trépanier. «Je le fais depuis 25 ans! Et puis, dans le dossier de la Vallée de l'aluminium, vous vous êtes couché. Alors quand on parle de peureux, je ne pense pas être dans le rang!»
En terme d'idées, celle de la vallée des technologies de l'énergie rassemble les trois candidats. M. Demers table aussi sur les redevances. Il aurait voulu taper sur ce clou lorsqu'il s'est présenté pour le PQ contre Julie Boulet en 2001, mais son chef, Bernard Landry, l'en aurait dissuadé.
Le Groupe Énergie s'est à nouveau immiscé dans les discussions, lorsque Céline Trépanier a reconnu la valeur de cette initiative, qui s'est toutefois transformé en «fiasco». Là-dessus, M. Pinard a déploré que la ministre régionale, Julie Boulet, n'ait pas tenu sa promesse de transférer les montants d'argent dédiés au Groupe Énergie au Centre local de développement de Shawinigan.
Beaucoup moins dense et émotif, le bloc sur la santé a tout de même permis à M. Pinard de rappeler qu'il avait mis son siège en jeu lors de la fameuse crise à l'urgence du Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie. Mais pour le reste, les thèmes plus nationaux ont pris le dessus pendant ces échanges.
Des sourires qui en disaient long
L'absence de Robert Deschamps au débat de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan a davantage amusé que choqué. En fait, la raison invoquée par le représentant adéquiste pour expliquer ce revirement a dessiné des sourires sur bien des visages.
Rappelons que mercredi, en fin d'après-midi, l'équipe de M. Deschamps a publié un communiqué pour s'excuser de l'absence du député sortant au débat. Son directeur d'organisation avait précisé qu'il se rendait à Montréal pour rencontrer d'importants investisseurs.
Impossible de connaître le bilan de cette journée, puisque M. Deschamps n'a pu être joint hier. La mairesse de Shawinigan, Lise Landry, attendait pourtant des nouvelles avec impatience...
«J'ai hâte d'avoir le téléphone», sourit-elle, ajoutant qu'elle n'avait aucune idée de ce dont M. Deschamps parlait. «Je suis prête à rencontrer les investisseurs lundi matin, s'ils le veulent bien!»
Une seule allusion à cette absence a été formulée pendant le débat. En fait, les trois participants assuraient que ce désistement n'avait pas changé grand-chose à leur préparation, même si la formule permettait de poser une question à la personne de leur choix. Dans ce contexte, le député sortant devient habituellement une cible de choix.
Céline Trépanier, candidate libérale, convient qu'elle aurait sans doute apostrophé son opposant adéquiste sur la question des redevances s'il avait été présent. Mais pour le reste, elle n'en a pas fait d'indigestion.
«Nous aurions pu lui parler des redevances, puisque c'est la seule affaire qu'il véhiculait!», sourit-elle. «Pour le reste, je laisse juger les gens. Mais si la mairesse est ici, je regrette, mais ça ne doit pas être un si gros dossier!»
Mal placé pour critiquer le choix de son adversaire parce qu'il avait lui-même esquivé le rendez-vous de l'an dernier, Claude Pinard n'en demeurait pas moins sceptique sur les motifs.
«Il n'était pas là pour défendre son bilan», constate le candidat péquiste.
«Il avait autre chose à faire. J'apprécierais énormément si on annonçait un projet industriel de plusieurs milliards de dollars, mais habituellement, le CLD et la Ville seraient au courant.»
«C'est son choix», commente Yves Demers, candidat indépendant. «Si c'est vrai, tant mieux, mais je crois que s'il était à Montréal pour négocier quelque chose, il n'aura pas l'occasion de réaliser son projet dans Saint-Maurice!»












