Enjeux de circonscription: Saint-Maurice

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Propos recueillis par Guy Veillette
Le Nouvelliste

Le Nouvelliste a demandé aux candidats de donner leur point de vue sur des dossiers chauds dans leur circonscription. Aujourd'hui, les candidats dans Saint-Maurice se prononcent.

1. Le gouvernement du Québec impose actuellement à Shawinigan l'obligation de rendre conforme son alimentation en eau potable, un projet de près de 100 millions qui n'entiche pas l'administration municipale. Quelle position défendriez-vous si vous êtes élu?

 

Indépendant

Yves Demers

«Les normes à suivre viennent du gouvernement, alors ce n'est pas seulement aux municipalités à payer. À plus de 90 millions, une Municipalité ne peut pas taxer ses citoyens à cette hauteur. Le gouvernement devra absolument faire sa part.»

Action démocratique du Québec

Robert Deschamps

«Il n'y a pas de raison d'imposer de nouvelles normes à Shawinigan pour l'approvisionnement en eau potable. Cet été, le gouvernement a accordé un sursis de deux ans. L'eau est très bonne. Il reste simplement à améliorer les infrastructures actuelles. Le statu quo est de mise et on sauvera des millions aux contribuables québécois.»

Parti vert du Québec

Stéphane Normandin

«La conformité de l'eau potable a été prise à la légère à certains endroits. On a vu ce qui s'est passé en Ontario avec la contamination à E. coli. Peu importe ce que l'administration municipale pense, on ne pourra pas passer à côté. Mais il faut que le gouvernement aide.»

Parti québécois

Claude Pinard

«Il faut d'abord regarder s'il ne pourrait pas y avoir une autre source d'approvisionnement que la rivière Saint-Maurice. Il faut trouver une façon plus économique. Ce projet est trop dispendieux pour les ressources des citoyens. On doit plonger dans la proposition sur la table qu'en dernier ressort seulement.»

Parti libéral du Québec

Céline Trépanier

«Je m'assurerais d'abord qu'il n'y a pas d'autres moyens pour sécuriser notre alimentation. J'ai rencontré la mairesse et on se disait qu'il faudrait peut-être trouver d'autres moyens pour assurer la sécurité de la population. S'il n'y a pas d'autres moyen, il faudra voir ce qu'on fera avec ce dossier.»

2. Êtes-vous favorable à ce que Shawinigan bénéficie d'une désignation spéciale avantageuse sur le plan économique pour reconnaître son apport au développement industriel du Québec?

Indépendant

Yves Demers

«J'englobe ça dans le programme des régions ressources. Un statut particulier à l'intérieur d'un programme des régions ressources donné, je ne crois pas que ce soit possible. On voit déjà comment ça réagit en Beauce; les gens ne sont pas trop de bonne humeur!»

Action démocratique du Québec

Robert Deschamps

«Oui, il faut être avantagé parce que la nationalisation de l'électricité a pénalisé Shawinigan. Les redevances, c'est un dû et ça nous aiderait à créer un fonds d'autonomie. Ce ne serait qu'une équité de nous rendre ce qu'on nous a enlevé.»

Parti vert du Québec

Stéphane Normandin

«Ça pourrait être intéressant, mais il faut être conscient que ce n'est pas ça qui va nous sortir du trou. Ça peut apporter une certaine fierté, mais ça reste accessoire. Ça ne nous sauverait pas du jour au lendemain! «

Parti québécois

Claude Pinard

«La politique du PQ en développement régional permettrait à Shawinigan de tirer son épingle du jeu. Nous mettons 500 millions $ pour les régions. On pourra utiliser une partie de ces sommes pour que Shawinigan connaisse un développement économique structuré et intelligent.»

Parti libéral du Québec

Céline Trépanier

«À la suite de la fermeture de la Belgo, des fonds spéciaux ont été accordés pour l'aide au développement économique. Nous avons aussi des programmes d'infrastructures et des moyens pour aider les entreprises. Mais il faut pousser les dossiers, c'est sûr!»

3. Un an après l'annonce de la fermeture de l'usine Belgo, quel bilan faites-vous de cette triste nouvelle?

Indépendant

Yves Demers

«Au cours des 32 dernières années, nous avons eu des députés au pouvoir pendant 28 ans dans Saint-Maurice. Nous avons assisté au déclin industriel et c'était prévisible. Mes prédécesseurs ont dormi au gaz et pas à peu près. On aurait dû trouver de nouvelles approches de développement, de nouveaux programmes.»

Action démocratique du Québec

Robert Deschamps

«Ça a créé un climat de morosité dans la population et un sentiment de non-retour. J'ai décidé de combattre cette morosité en intéressant deux investisseurs très importants pour Shawinigan. C'est confidentiel pour le moment, mais Mme (Julie) Boulet est au courant.»

Parti vert du Québec

Stéphane Normandin

«Sur le plan commercial, tout le monde me dit qu'ils s'en étaient ressentis énormément. Il faut trouver quelque chose pour relancer l'emploi dans la région afin que les gens recommencent à dépenser. Ça a été un coup très, très, très dur.»

Parti québécois

Claude Pinard

«Je suis toujours aussi déçu. Je souhaite que les travailleurs aient réussi à se trouver un autre emploi, avec le même niveau de vie. Cette nouvelle démontre aussi que l'avenir de Shawinigan passe par d'autres créneaux spécifiques et pour nous, je pense que c'est l'énergie.»

Parti libéral du Québec

Céline Trépanier

«Ça a donné une certaine morosité et c'est pourquoi il faut activer les dossiers. J'ai rencontré beaucoup de gens d'affaires qui ont plein de projets pour Shawinigan. Il faut travailler avec les promoteurs pour que les dossiers économiques se réalisent dans les meilleurs délais.»

4. Quel support pourriez-vous apporter au syndicat des travailleurs de l'aluminerie pour convaincre Rio Tinto Alcan de ne pas abandonner Shawinigan après 2015?

Indépendant

Yves Demers

«On ne peut pas faire beaucoup plus que ce qui a déjà été fait. Le syndicat a fait toutes les interventions nécessaires auprès du gouvernement. Il faut penser à l'après- Alcan, aller chercher d'autres investisseurs pour conserver nos emplois. Mais il ne faut pas attendre en 2015!»

Action démocratique du Québec

Robert Deschamps

«Il faut trouver un acheteur pour convertir la vocation de l'usine actuelle. Il ne faut pas se leurrer, Rio Tinto Alcan ne reviendra pas ici. L'histoire du parc à grand gabarit, de revenir 15 ans en arrière, on a manqué le bateau dans le temps de Pinard.»

Parti vert du Québec

Stéphane Normandin

«La seule chose qui peut sauver Alcan, c'est en trouvant des clients. Je ne sais pas s'il est trop tard, mais il faudrait trouver quelque chose qui s'implante juste à côté pour transformer tout de suite les produits d'Alcan. Un peu à l'image de ce qui se passe au parc industriel de Bécancour, où plusieurs entreprises sont reliées entre elles.»

Parti québécois

Claude Pinard

«Il faut connaître les possibilités de relancer l'usine. Peut-on envisager que le nouveau procédé, à Jonquière, puisse être implanté à Shawinigan? Sinon, quelles sont les hypothèses pour la transformation? On sait que l'électricité est disponible, mais ça prendra aussi un effort du côté municipal. «

Parti libéral du Québec

Céline Trépanier

«Je suis déjà en pourparlers avec le syndicat. Rio Tinto Alcan est spécialisé dans l'aluminium brut, mais d'autres compagnies existent et pourraient avoir de l'intérêt à développer de la deuxième ou troisième transformation à Shawinigan. Avec un bon groupe de travail, il nous reste du temps pour arriver à un projet fort intéressant pour ces gens.»

 

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