En fait, on assiste un peu aux retrouvailles d'un vieux couple. Si on oublie l'intermède des vingt derniers mois, les deux politiciens travaillent ensemble à l'avancement de Shawinigan depuis 1994.
«Je connais bien M. Pinard», convient la mairesse. «Nous avons fait de belles réalisations ensemble. Nous avons toujours été capables de nous dire les choses et de trouver des solutions. Je suis certaine qu'il revient avec le désir de faire avancer la ville, de contrer la récession qui nous attend et de faire du développement économique.»
Mme Landry retrouve avec au moins autant de bonheur la ministre régionale, Julie Boulet, dans Laviolette. Elle n'ose évidemment pas prétendre sur la place publique que sa ville aurait été mieux servie avec deux députés au pouvoir.
«Une fois l'élection passée, on ne doit plus avoir de couleur politique partisane», croit-elle. «On s'adresse aux mêmes électeurs! Je suis certaine que Mme Boulet continuera à nous appuyer. C'est vrai que M. Pinard sera dans l'Opposition, mais elle sera très forte. Le contexte est donc différent.»
«Même si je disais que je suis inconfortable avec cette situation, je ne peux rien changer à la donne», ajoute-t-elle. «Les citoyens ont décidé. Quand on fait partie d'un parlement, au pouvoir ou dans l'opposition, on est là pour représenter une population. On n'a pas à pénaliser des gens qui ont été élus!»
On devine que la défaite de Robert Deschamps n'attriste pas trop la mairesse, elle qui n'a pratiquement entretenu aucun contact avec lui en près de deux ans.
«C'est certain que ce n'était pas facile», commente-t-elle. «On n'avait pas la même compréhension des besoins, des exigences qui nous sont imposées. Heureusement, je pouvais me tourner du côté de Mme Boulet.»
Lise Landry considère-t-elle que cette parenthèse adéquiste dans le comté de Saint-Maurice a nui à sa ville?
«Ça n'a pas fait avancer Shawinigan», croit-elle. «Je respecte l'homme. Il disait lui-même qu'il n'était pas conventionnel, qu'il n'était pas comme les autres. Mais quand on est élu, je pense qu'il faut travailler de façon conventionnelle. Quand il y a un besoin, il ne faut pas seulement critiquer, mais il faut regarder quelle solution peut-on apporter.»











