Faisons donc quelques calculs à partir de ces données. Soyons conservateurs. Supposons que ces nouveaux patients ne représentent pas plus du tiers de sa clientèle totale. Puisque la Coopérative de Pointe-du-Lac compte six médecins et que nous n'avons aucune raison de croire que ces derniers sont moins vaillants que celui dont il est question dans la lettre de Monsieur Beaulieu, nous pouvons supposer que cet organisme, avec ses «14 400 patients», génère au bas mot 1 080 000$ en cotisations annuelles et 720 000$ en fonds de roulement sous forme de dépôts (75$ de cotisation annuelle et 50$ de dépôt à l'inscription).
On doit aussi rappeler que pour chaque acte posé à son bureau, un médecin touche davantage de la RAMQ que si ce même acte était posé en milieu hospitalier. En effet, le gouvernement tient compte des frais encourus par ce médecin pour entretenir son bureau, frais qui, ici, sont en partie couverts par la Coopérative.
Une «coopérative» selon le Grand dictionnaire terminologique, c'est un «groupement composé de membres ayant des besoins économiques et sociaux communs, [ ] et qui se rassemblent en vue de réaliser des bénéfices ou des économies». Ne joue-t-on pas sur les mots en prétendant qu'il s'agit d'une coopérative? Les bénéfices ne sont pas aussi évidents qu'on nous le laisse croire.
Devant ces chiffres, j'ai du mal à comprendre la fierté dont parle Madame Tessier dans sa lettre parue dans Le Nouvelliste du 7 février, qui se réjouit de la possibilité qu'on lui offre de payer à nouveau pour des services auxquels elle a déjà droit. Que dire de la chance qu'elle a de bénéficier des services d'une infirmière, services pourtant offerts gratuitement aux membres des GMF. À moins qu'il ne s'agisse d'une «super infirmière» puisque selon les dires de Monsieur Beaulieu, elle permet à elle seule l'ajout de 4800 patients à la clinique et permet aux médecins de prolonger leur semaine de travail de 25 heures chacun! À moins que ces ajouts de patients et d'heures de pratique ne soient en fait que le résultat du changement de milieu de travail du médecin concerné. On pourrait donc déduire que 800 patients se retrouvent maintenant privés des services dudit médecin à moins qu'ils ne se joignent à la coopérative.
Rien ne se perd, rien ne se crée. Sauf dans le portefeuille de certains...
Jean-Christophe
Côté-Benoît
Nicolet










