Premièrement, cela est très bénéfique pour ce qui est des intérêts de l'enfant. Le choc émotionnel de l'enfant, lorsqu'on l'enlève à sa mère, est beaucoup moins grand face au changement de famille, car il a déjà un lien d'appartenance avec ces personnes significatives. Il est certain que ces personnes ont aussi grandement à coeur les intérêts de l'enfant, puisque le lien familial joue beaucoup en ce sens. L'éventuel retour dans leur famille est aussi plus facile. Il est surtout important que l'enfant en bas âge soit avec ses parents ou une personne significative comme ses grands-parents, car c'est à cette période que les liens affectifs sont créés. Ce lien empêcherait aussi que l'enfant se «laisse aller» et ainsi provoque un manque au niveau affectif qui affecterait son développement. L'enfant serait moins victime de ballotage d'une famille d'accueil à une autre ; il serait dans un endroit stable, propice à sa sécurité et à son bon développement. Dans les familles d'accueil, le lien d'attachement n'est jamais aussi fort que dans la famille biologique. Les effets bénéfiques se font aussi ressentir pour les grands-parents.
Les statistiques démontrent qu'il y a davantage de personnes de cette catégorie d'âge qui souffrent de solitude, d'un manque au niveau de leurs besoins affectifs, de dépression pouvant même conduire au suicide. Il y a là une belle façon de les intégrer davantage à la société. Plus de 78 % des personnes âgées se déclarent autonomes (85 % hommes, 71 % femmes (Gilmour et Park, 2006); elles seraient donc aptes à s'occuper de leurs petits-enfants. En assumant cette responsabilité, qui pourrait être éventuellement rémunérée, cela viendrait combler le vide qui s'installe au fur et à mesure que le temps passe et que la retraite, perçue majoritairement comme négative, se rapproche. De plus, s'il y a eu des pressions de la part des grands-parents pour que le projet de loi soit accepté, ce doit être parce qu'ils y tenaient et qu'ils se sentaient aptes à réaliser cette tâche. En cas de besoin, ces grands-parents ont droit à la même aide que les familles d'accueil.
Cette pratique, pour les placements temporaires, devrait être davantage connue et encouragée par le gouvernement étant donné la situation. Ce gouvernement qui attend souvent d'être acculé au pied du mur avant d'agir. Nous sommes dans cette situation. Si le gouvernement a accepté ce changement légal, il devait être conscient de l'importance de cette nouvelle pratique pour l'enfant. Je ne dis pas que nous devrions tous élever nos petits-enfants, mais lorsque c'est nécessaire et possible, l'option est positive pour les deux parties impliquées. Pourquoi ne pas instaurer des conditions pour que ces grands-parents ne soient pas pénalisés en assumant cette responsabilité, non seulement pour aider leurs petits-enfants, mais aussi la société?
Stéphanie Turcotte
Étudiante en Cultures,
Droits et mondialisation,
Collège Laflèche








