Le droit au logement recule

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Le Nouvelliste

Le premier lundi d'octobre est décrété par l'ONU Journée mondiale de l'Habitat.

Amnistie internationale, section Canada francophone, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) en ont profité pour rappeler à nos dirigeants que le logement est un droit et que notre société devrait tout mettre en oeuvre pour s'assurer que tous y ont accès de façon sécuritaire, sans être obligés d'y sacrifier la grosse majorité de leur revenu.

Dans cette optique, le Comité logement Trois-Rivières a organisé une action de visibilité, là où se tenait le Rendez-vous de l'Habitation 2009 de la Société d'habitation du Québec et où prenait la parole Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, aussi responsable de l'habitation.

Notre surprise fut grande de lire dans ces pages, le lendemain matin, que selon le ministre «dans la dernière année, on a fait 27 000 unités de logement. Tout le monde reconnaît ça».

Eh bien non, on ne reconnaît pas ça. Depuis 2002, le gouvernement québécois a financé le développement de 23 435 nouveaux logements sociaux (publics, coopératifs et sans but lucratif), auquel il a ajouté 3565 logements locatifs privés supposément abordables (des loyers de l'ordre de 800 $ par mois, permettez-nous de remettre en question ici l'utilisation du mot abordable).

La crise financière qui nous frappe et la perte d'emplois qu'elle entraîne va jeter dans l'insécurité encore plus de monde. Simultanément, le nombre de logements vacants reste trop bas, ce qui provoque une hausse démesurée des loyers, bien au-delà de l'inflation.

On ne s'étonnera donc pas que le nombre de demandes d'éviction déposées par les propriétaires à la Régie du logement pour cause de non-paiement de loyer ne cesse de croître, représentant maintenant plus de 60 % de toutes les causes entendues par la Régie du logement. Quoiqu'en dise le ministre Lessard, le droit au logement recule au Québec et à Trois-Rivières en particulier.

Selon le Comité logement Trois-Rivières et le FRAPRU, pour sortir les mal-logés de cette crise, une solution s'impose: adopter un plan ambitieux de développement du logement social, en dehors du marché spéculatif, garantissant un logement aux ménages à faible et à modeste revenu, à un loyer qu'ils puissent payer sans compromettre leurs autres besoins vitaux.

Concrètement, les deux organismes réclament du gouvernement Charest qu'il respecte l'engagement en ce sens pris en 1976 lorsque le Québec a ratifié le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels et qui spécifie que le coût du logement doit se situer «à un niveau qui ne menace ni ne compromette la satisfaction d'autres besoins fondamentaux».

Ils lui demandent également de respecter l'engagement électoral pris en novembre dernier par le premier ministre lui-même de «prolonger le programme AccèsLogis pour 5 ans à raison d'un minimum de 3000 nouveaux logements sociaux par année».

Diane Vermette

Comité logement Trois-Rivières

Marie-José Corriveau

FRAPRU

 

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