L'envers de la médaille

Trois-Rivières, une ville de hockey?

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Trois-Rivières, une ville de hockey?

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Trois-Rivières ne devrait pas faire des démarches pour se dotre d'une équipe du circuit Courteau.

Photo: François Gervais

Louis Ménard
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À la radio, lundi, j'ai entendu quelqu'un dire que le match de dimanche à l'hippodrome faisait la preuve que Trois-Rivières est une ville de hockey parce qu'il y avait 7000 personnes dans les gradins.

Misère...

Bon, on prend une grande respiration et on se calme le pompon.

Je veux bien admettre que réunir 7000 personnes pour un match de hockey en plein air tient de l'exploit.

 

Je suis même le premier à m'en réjouir. Sans blague!

Je suis d'abord heureux pour le conseiller René Goyette qui a eu l'idée de base de ce happening qui restera à jamais dans les annales de la cité de Laviolette. L'idée de base a rapidement pris des proportions insoupçonnées à la grande surprise du conseiller Goyette. Pour le mieux, évidemment.

Je suis aussi content que les amateurs aient eu l'occasion de renouer avec les anciennes gloires de notre hockey. Les Rochefort (Léon et Normand), Dupont, Robert, Leblanc, Verret, Thibault et compagnie ont marqué notre histoire et il est rafraîchissant de constater qu'ils ne nous ont pas oubliés.

Ceci étant dit, il faut remettre l'événement et ses répercussions dans le bon contexte avant de le récupérer à gauche et à droite.

D'abord, il faut considérer que l'événement se tenait dans le cadre des Fêtes du 375e anniversaire de Trois-Rivières. Qu'il n'était pas inclus dans un calendrier de 68 matchs comme c'est le cas dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. C'est pas mal plus facile d'attirer du monde dans de telles circonstances. Les Trifluviens vont souvent accepter de se déplacer pour des événements de ce genre. Qu'on pense, notamment, aux soirées Big Foot qui ont eu lieu aussi à l'hippodrome, au spectacle de Simple Plan au parc portuaire ou aux championnats canadien et mondial de baseball junior au stade Fernand-Bédard. Ils sont beaucoup moins fidèles aux rendez-vous réguliers. Parlez-en aux administrateurs derrière les Patriotes de l'UQTR, le Caron et Guay et les Estacades midget AAA. Voilà des équipes qui offrent un bon produit... boudé par les Trifluviens.

Je l'admets, il y a eu plus de 7000 spectateurs dimanche. Plus de 7000 spectateurs... qui n'ont pas payé un traître sou pour assister à la rencontre. Pas sûr qu'il y en aurait eu autant si les organisateurs avaient fixé un prix d'entrée de 15 $ comme c'est le cas dans la LHJMQ. Je ne suis même pas certain qu'il y en aurait eu au moins 3000. Vous pouvez me traiter de rabat-joie, de casse-pieds ou d'éternel pessimiste si vous voulez, ça ne m'empêchera pas de penser que Trois-Rivières ne devrait pas faire des démarches pour se doter d'une équipe du circuit Courteau. Shawinigan en a une et elle est à peine à 30 minutes de route. D'ailleurs, si les Trifluviens étaient en manque de hockey junior à ce point, ils seraient certainement plus nombreux que les 300 répertoriés par les Cataractes à assister à leurs matchs...

Personnellement, je préférerais que les élus municipaux mettent cet argent dans la réfection des rues - afin de nous éviter de tomber dans des cratères en vélo - et dans la création d'un réseau cyclable digne de ce nom avec de vrais liens interrives sécuritaires. Un réseau cyclable comme celui qui fait la fierté des gens de Granby, par exemple. Il suffit de se promener un week-end d'été sur la piste linéaire et dans les rues environnantes pour réaliser comment le vélo et le patin à roues alignées sont devenus des activités prisées des Trifluviens, jeunes et vieux. La Virée du maire en est un autre bel exemple. C'est d'ailleurs ce qui me porte à croire que les Trifluviens sont plus du type actif que contemplatif. Je ne suis donc pas du tout convaincu qu'un nouvel aréna de 5000 places serait le meilleur placement pour les combler.

Les drogués du baseball

J'ai déjà été un mordu du baseball majeur. Plus jeune, je m'endormais au son des voix de Jacques Doucet et Claude Raymond quand les Expos évoluaient sur la côte ouest américaine.

Je connaissais par coeur les statistiques de John Boccabella, John Bateman, Ron Fairly, Bill Stoneman, Coco Laboy, Rusty Staub, Steve Rogers, Andre Dawson, Gary Carter et autres Charlie Lea.

J'ai commencé à décrocher en 1994 quand la grève a privé les Expos d'un championnat qu'ils auraient amplement mérité!

J'ai pratiquement abandonné quand Jeffrey Loria et David Samson ont sabordé l'équipe pour la déménager en Floride.

Et là, franchement, je suis dégoûté par les scandales de dopage qui impliquent les grandes vedettes du baseball, les Roger Clemens, Barry Bonds et, maintenant, Alex Rodriguez.

L'argent est devenu tellement important que les joueurs sont prêts à tout pour toucher le gros lot. Une carrière de sept ou huit ans assure désormais des revenus pour toute une vie. Difficile pour un jeune provenant d'un milieu défavorisé de résister à l'attrait des billets de banque. Surtout s'ils arrivent en camion de la Brink's...

Le plus surprenant dans toute cette histoire, c'est que le baseball majeur parvienne encore à se cacher la tête dans le sable, comme si tout ça n'était qu'un banal mauvais rêve.

J'aimerais voir les propriétaires adopter la politique antidopage du mouvement olympique. Une politique qui, non seulement, punit les fautifs, mais qui, aussi, permet maintenant de conserver les échantillons prélevés sur une plus longue période (8 ans) pour être en mesure de les soumettre de nouveau quand des tests améliorés seront disponibles. Bien sûr, il y aura toujours un petit malin qui passera au travers des mailles du filet. Celui-là sera alors l'exception qui confirme la règle, pas la règle elle-même.

Je suis bien d'accord avec ceux qui disent que les produits dopants n'améliorent pas la coordination main-oeil d'un joueur qui frappe à peine pour ,250 de moyenne. Par contre, ils vont permettre à un bon joueur d'en devenir un excellent, à un frappeur de ,300 d'augmenter sa puissance pour sortir la balle du stade plus souvent.

De la même façon, un lanceur qui n'atteint pas la zone des prises n'aura pas plus de précision avec l'apport des produits dopants. S'il contrôle bien ses tirs, cependant, il sera en mesure de leur ajouter de la vélocité s'il triche avec les stéroïdes.

Dès lors ces joueurs qui font usage de produits dopants ne luttent plus à armes égales avec les autres qui ont choisi d'être propres. L'argent, les records et la gloire vont immanquablement se retrouver du côté des tricheurs... à moins que le baseball majeur mette enfin ses culottes et disent qu'il en a assez.

Dans le fond, la vraie question est la suivante: le baseball préfère-t-il miser sur des tricheurs qui remplissent les stades en frappant des circuits monstrueux et en lançant des petits pois à la vitesse du son ou préfère-t-il tabler sur l'intégrité de ses athlètes?

Ne m'écrivez pas pour me donner la réponse, je la connais déjà...

 

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