«Je sais que j'ai un rôle de grand frère à jouer au cours des prochaines semaines. Tout le monde est excité présentement et c'est normal, les séries sont à nos portes. Les joueurs, les coachs, les partisans, l'organisation, ça fait quelques années que l'équipe n'a pas été aussi compétitive et on sent beaucoup de fébrilité. Une fois que la rondelle va tomber sur la glace, il faudra toutefois qu'on garde les pieds bien sur terre. Je vais m'assurer qu'on garde le focus à la bonne place.»
À pareille date il y a un an, Pistilli et ses potes des Olympiques amorçaient une incroyable épopée qui les a menés jusqu'au tournoi de la Coupe Memorial. Pour boire dans la Coupe du Président à nouveau, le vétéran sait que les Cataractes devront éviter certains pièges. «Il faut en partant éviter de regarder trop loin. Si on fait des jeux simples et qu'on joue notre game, je ne suis pas inquiet. Mais pour ça, il faut garder l'esprit clair en tout temps. On ne sait pas ce qui va se passer en mai: tout ce qu'on peut contrôler, c'est notre performance au premier match.»
Pistilli estime que les Tigres offriront un bon test d'entrée de jeu. «Ce qui s'est passé en saison ne veut plus rien dire. L'an dernier, on a planté les Cataractes une couple de fois pendant l'hiver, mais une fois en séries, ils ont été très difficiles à vaincre. On sait que les Tigres vont nous donner une bonne opposition. Chose certaine, on ne gagnera pas cette série avec nos skills. Il va falloir travailler pour venir à bout de la trappe des Tigres. Il faut que ça soit beding! badang! avec la pédale au plancher. La pire erreur à faire, c'est de se fier sur notre talent.»
Le même raisonnement s'applique pour le jeu de puissance, moins menaçant depuis quelques semaines, après avoir terrorisé les gardiens ennemis en première moitié de saison. «C'est normal d'avoir une baisse de régime car les autres équipes s'ajustent. En séries, les buts ne seront pas plus faciles à aller chercher sur le power play. Il va falloir accepter de payer le prix et lancer la rondelle souvent au filet. De cette façon, on va être en bonne position pour aller chercher de gros buts.»
Pistilli dévoile que la retraite fermée de lundi a permis de souder encore plus les liens dans le vestiaire. «Cette activité a fait du bien. On a pensé au hockey à 100 % pendant toute la journée. On entre en séries avec le même objectif commun et il ne faut pas y déroger jusqu'au bout.»
Les prochaines semaines seront déterminantes pour l'avenir de plusieurs gars dans le vestiaire. Certains travaillent pour améliorer leur rang en vue de la prochaine séance de sélection de la LNH, d'autres espèrent mousser leur valeur afin de signer un premier contrat professionnel. Et il y a des joueurs, comme Pistilli, qui veulent se servir de la grande danse du printemps comme d'une vitrine pour tomber dans l'oeil des recruteurs.
Le Pistolet met toutefois un bémol sur ce portrait. «Le focus dans la chambre est sur les performances de l'équipe, pas sur le rendement personnel de chacun. De toute façon, tout le monde sait qu'ils veulent des gagnants en haut. On sera tous en bonne position si on atteint nos objectifs», lance-t-il. «Personnellement, je ne pense pas du tout à l'an prochain. Depuis la fin du tournoi de la Coupe Memorial l'an dernier, je ne pense qu'à une chose et c'est d'obtenir une deuxième chance à ce tournoi. Je n'ai pas offert une grosse performance la première fois et je m'en veux. Je suis prêt à tout faire pour obtenir une seconde chance. Et pour l'instant, ça veut dire me concentrer uniquement sur les Tigres. Une marche à la fois», conclut l'ex-porte-couleurs des Estacades midget AAA.
Pistilli n'a pas attendu que la neige commence à fondre avant de prêcher par l'exemple, au grand plaisir d'Éric Veilleux. «Il joue son rôle de leader depuis deux mois. À Noël, il a perdu du poids et il est plus rapide, plus explosif sur la glace. Il s'implique aussi physiquement, tout comme il n'a pas peur d'amener du leadership dans la chambre. Son expérience peut certes nous aider, tout comme celle de Maxime Macenauer, qui a perdu en finale l'an dernier. C'est du bagage dont on s'est déjà servi et qui va servir nouveau au cours des prochaines semaines.»
Gala des Rondelles d'Or
La LHJMQ a fait connaître hier l'identité de ses finalistes aux différents trophées individuels qui seront remis lors de la cérémonie des Rondelles d'Or qui se tiendra le 1er avril dans un hôtel de la métropole et plusieurs Cataractes devront sortir leur tenue de gala pour l'événement.
Cédric McNicoll, Charles-Olivier Roussel, Éric Veilleux et Pierre-Alexandre Vandall font en effet partie des acteurs qui ont marqué la dernière saison dans le circuit Courteau.
McNicoll est en lice pour le trophée Michel-Brière, remis au joueur le plus efficace, en compagnie de Nicola Riopel et Yannick Riendeau. Le vétéran de 20 ans des Cataractes a terminé au troisième rang des marqueurs de la ligue, en plus de présenter le meilleur différentiel. Riendeau a raflé le championnat des marqueurs alors que Riopel fut le meilleur homme masqué du plateau, lui qui a établi une nouvelle marque pour la plus basse moyenne de buts accordés par partie.
McNicoll fait également partie des finalistes pour le trophée Frank-J-Selke, remis au joueur le plus gentilhomme, un honneur qu'il a d'ailleurs mérité l'an dernier. Cette fois, Paul Byron et Félix Petit lui font la lutte.
Toute une surprise pour Roussel
Si les deux nominations de McNicoll n'ont surpris personne, celle de Charles-Olivier Roussel pour le trophée Émile «Butch» Bouchard remis au meilleur défenseur a de quoi étonner, lui qui n'a que 17 ans. Roussel fait la lutte au lauréat de l'an dernier Marc-André Bourdon, 19 ans, et à Dmitry Kulikov, 18 ans, qui sera éligible, tout comme lui, au repêchage de la LNH cet été.
Roussel et Kulikov sont également en compétition pour le trophée Michael-Bossy réservé au meilleur espoir professionnel. Simon Després a aussi été nommé dans cette catégorie.
Finalement, le travail d'Éric Veilleux derrière le banc des Cataractes a aussi été reconnu puisqu'il se retrouve en lice pour le trophée Ron-Lapointe honorant l'entraîneur de l'année.
McNicoll, Roussel et Veilleux seront accompagnés de Pierre-Alexandre Vandall, candidat au titre de joueur-étudiant, et par Matthew Pistilli, nominé pour dans la catégorie joueur humanitaire de l'année.
Content et ... indifférent
Évidemment, Veilleux se disait bien heureux de voir autant de ses protégés être reconnus pour leur travail lors de la dernière saison.
«Surtout que c'est un vote des équipes qui leur vaut leurs nominations, alors ça donne encore plus de prestige à l'exercice», lance le pilote des Cataractes, pour qui sa propre nomination au titre d'entraîneur de l'année n'est pas une grosse affaire. «C'est... l'fun. À vrai dire, je n'ai pas vraiment la tête à ça dans le moment.»
McNicoll et Roussel accueillaient également leurs nominations avec un certain détachement. «Je l'ai su ce matin et ça m'a surpris. J'étais bien sûr content sur le coup sauf que j'ai mis ça rapidement de côté», lance Roussel. «Toute ma concentration va aux séries qui s'amorcent. C'est un bonbon, je le prends, mais franchement, je le tasse pour laisser toute la place à ce qui s'en vient.»
McNicoll abonde dans le même sens. «C'est flatteur comme nominations, mais pour moi, ça récompense un travail d'équipe, pas seulement mes performances. Après tout, je ne suis pas tout seul sur la glace», sourit-il.
«C'est plaisant, mais ça ne détourne pas du tout mon attention sur ce qui nous attend à partir de vendredi.»
Pas de grosse surprise en vue
C'est le temps de l'année où les journalistes tentent de jouer aux devins. Remarquez, cette première ronde n'est pas difficile à analyser car la majorité des duels impliquent deux équipes bien différentes. Ça va se corser dès le deuxième tour...
Section Ouest
Les Olympiques vs le Titan
Le Titan a gagné ses trois affrontements face aux Olympiques cette saison, mais il sera chanceux s'il en savoure un ce printemps. Champions en titre de la Coupe du Président, les Olympiques sont redevenus un club de tête depuis l'arrivée de Jérôme Dupont à la barre de l'équipe et les Chabot, Byron et Quesnel n'auront aucun mal à amener leurs potes en deuxième ronde. Le Titan a terminé la saison avec une horrible séquence de 13 défaites d'affilée. Ça vous donne une idée de l'opposition que les hommes de Ron Choules seront en mesure d'offrir.
Les Olympiques en 4
Le Junior vs les Huskies
S'il y a une surprise en première ronde, elle viendra de cette série. Le Junior possède le meilleur joueur des deux clubs - le gardien Jake Allen - mais sans ses deux meilleurs attaquants Angelo Esposito et Luke Adam, blessés, cette équipe dirigée par Pascal Vincent a pas mal moins de mordant. Les Huskies, une jeune équipe qui donne à son entraîneur André Tourigny du hockey acharné, pourrait bien étirer leur printemps de deux semaines.
Les Huskies en six
Section Est
Les Remparts vs le Drakkar
Le Drakkar n'a rien à perdre en se mesurant à l'un des meilleurs clubs de la ligue. Tant mieux car l'agonie sera rapide. Les Remparts sont supérieurs à tous points de vue et ils ne seront pas embêtés bien longtemps par une équipe en reconstruction qui joue avec vigueur, mais qui manque de ressources.
Les Remparts en cinq
L'Océanic vs les Saguenéens
Il fut un temps où les partisans des Saguenéens espéraient un duel avec l'Océanic parce que leur club était la bête noire des équipiers à Clément Jodoin. C'était avant que la grosse machine de l'Océanic ne se mette en marche.
Le club hôte du prochain tournoi de la Coupe Memorial a fini la saison régulière sur les chapeaux de roues et plus personne ne veut croiser sa route dans les prochaines semaines. Pas même les Remparts, qui ont «échappé» leur dernier match à Victoriaville, permettant ainsi aux Wildcats de les dépasser au classement général. Si la logique est respectée en première ronde, ce sont les Wildcats et non les Remparts qui devront en découdre avec l'Océanic...
L'Océanic en 4
Section centre
Les Voltigeurs vs les MAINEiacs
Plus vite cette série se terminera, mieux ce sera pour les partisans des Voltigeurs. Les MAINEiacs ne font pas le poids au hockey, aussi ils tenteront d'amener leurs rivaux dans les câbles en pratiquant un style très robuste. La question n'est pas de savoir si les Voltigeurs sortiront gagnants de ce duel, mais bien dans quel état ils seront après avoir éliminés les hommes de Don MacAdam.
Les Voltigeurs en quatre
Section Atlantique
Les Wildcats vs le Rocket
Sur papier, les deux clubs appartiennent à des univers différents. Mais dans une série quatre de sept, le Rocket pourrait donner du fil à retordre aux Wildcats, une équipe qui ne marque pas beaucoup de buts. La crème va bien finir par remonter à la surface, mais pas avant que les équipiers de Guy Chouinard ne sèment le doute dans la tête des joueurs de Danny Flynn.
Les Wildcats en sept
Les Screaming Eagles vs les Sea Dogs
Voilà une série qui s'annonce intéressante, même si les Sea Dogs ont décidé de préparer la prochaine saison lors de la dernière période d'échanges en liquidant Alex Grant et Christopher DiDomenico. Les Screaming Eagles ont de plus grandes ambitions et c'est leur capacité à mieux protéger leur gardien Olivier Roy qui va faire la différence.
Les Screaming Eagles en six











