Éric Messier a vécu l'élimination rapide du Drakkar de Baie-Comeau le printemps dernier, il est donc bien placé pour faire comprendre aux joueurs des Cataractes que rien n'est jamais gagné d'avance.
Photo: Sylvan Mayer
Le pilote des Tigres ne cache pas qu'il va tenter d'étouffer les talentueux patineurs des Cataractes avec la bonne vieille trappe. Jean encense aussi ses rivaux à tour de bras. À l'entendre parler, il se retient presque pour envoyer les honneurs de la série face aux Cataractes par la poste.
«Les gars ont bien sûr hâte aux séries, mais nous n'avons aucune pression. On affronte le deuxième meilleur club de la ligue, une équipe qui a fait de gros échanges aux fêtes pour préparer son printemps. Ils sont dans le top 5 canadien depuis le début de la saison si ma mémoire est bonne. Dans ce contexte, nous n'avons rien à perdre», lance Jean, qui a proposé à ses hommes une toute autre vision de la série quatre de sept qui les attend à partir de ce soir au Centre Bionest. «On n'aborde pas ça comme une série. On met l'accent uniquement sur le prochain match. On regarde à très, très court terme», ajoute-t-il.
Les Tigres savaient depuis un bon moment qu'ils allaient se mesurer aux Cataractes ou aux Voltigeurs en première ronde.
On soupçonne toutefois Jean d'avoir débouché un bon rouge lorsqu'il a appris qu'il devait finalement préparer ses hommes pour la bande d'Éric Veilleux.
Après tout, son équipe a donné du fil à retordre aux Shawiniganais lors des deux derniers duels entre les deux clubs alors que les Voltigeurs les ont fait mal paraître tout l'hiver...
«Voltigeurs ou Cataractes, c'était la même chose pour nous car ce sont deux grosses équipes. Nos deux derniers matchs face aux Cataractes ne veulent plus rien dire, ils ont été disputés il y a longtemps déjà. L'adversaire n'a pas d'importance, on se concentre sur notre équipe et sur notre style de jeu», conclut Jean.
«Faut toujours que la peur de perdre soit là» - Éric Messier
La première ronde des séries dans la LHJMQ se termine rarement sans au moins une surprise. L'année dernière, le Drakkar de Baie-Comeau a terminé au deuxième rang du classement général et il s'est fait surprendre par l'Océanic de Rimouski, une équipe qui avait amassé 67 points en saison régulière.
Éric Messier est bien placé pour parler de la déroute rapide du Drakkar, qui avait fait de grosses acquisitions aux fêtes pour tenter de soulever la Coupe du Président. Messier secondait alors Éric Dubois à la barre du Drakkar, qui s'est échoué rapidement sur la mer agitée de l'Océanic.
Or si, sur papier, la série Cataractes-Tigres ressemble à celle entre le Drakkar et l'Océanic, l'actuel entraîneur-adjoint d'Éric Veilleux trouve la comparaison boîteuse.
«L'an dernier, la saison du Drakkar s'était terminée en queue de poisson. On s'était fait ravir le premier rang du classement général à la toute fin par les Huskies, notamment à cause d'une cinglante défaite subie ici, à Shawinigan. Puis on est arrivé en séries face à l'Océanic, une bien meilleure équipe que son classement ne l'indiquait. L'Océanic avait eu beaucoup de blessés pendant la saison, mais en séries, ce club avait tout son monde et il a joué de l'excellent hockey alors que de notre côté, on ne comptait pas de buts. Ce fut évidemment une amère déception pour les gens de Baie-Comeau de perdre cette série, mais on a perdu contre un club qui aurait dû terminer bien plus haut dans le classement.»
Messier a tout de même rappelé aux joueurs cette semaine qu'ils devaient respecter les Tigres au plus haut point pour éviter de mauvaises surprises. «Faut toujours que la peur de perdre soit là. Pas une peur qui paralyse, mais une peur qui te rappelle que tout peut basculer si tu ne donnes pas le maximum. La saison est terminée, tout le monde repart à zéro. Avant la première mise au jeu, c'est 0 pour les Cataractes, et 0 pour les Tigres. Être trop confiant, ce n'est jamais bon. Au contraire, il faut jouer comme s'il n'y avait pas de lendemain...»
Messier commande une brigade défensive étoile, à qui il va demander de simplifier les choses vendredi soir. «Ça ne sert à rien de vouloir arracher la tête de tout le monde en partant, ni de vouloir monter la rondelle d'un bout à l'autre pour marquer. Il faut amorcer cette série en contrôle, en réalisant des jeux simples. On dit souvent que le succès d'une équipe part par l'arrière, alors il faut donner le tempo en étant efficace.»
Sur son bloque Temps d'arrêt, le journaliste Steve Turcotte signe L'heure de se mouiller. À lire.













