Mais Pielmeier a perdu sa touche magique une fois le printemps arrivé et c'est du bout du banc qu'il a assisté à l'élimination de son équipe, avant que les Cataractes ne transigent au repêchage pour mettre la main sur ses services.
L'espoir des Ducks d'Anaheim, qui ont obtenu ses droits des Sharks de San Jose il y a quelques semaines, a ralenti en deuxième moitié de saison après des débuts fracassants dans son nouvel uniforme, mais c'est à partir de ce soir, face aux Tigres, qu'il pourra prouver que son parcours en séries l'an dernier a fait de lui un portier plus aguerri.
Chose certaine, le principal intéressé semble bien confiant. Tout en refusant de voir les séries comme un test personnel, Pielmeier se dit prêt pour aider l'équipe à atteindre la Terre Promise en mai. «Je vais tout donner pour aider les Cataractes à se rendre jusqu'au bout. Ceci dit, le hockey, c'est une affaire d'équipe. Bien sûr, je dois réaliser des arrêts-clés, mais c'est en équipe qu'on va gagner ou perdre. Ça ne donne rien de braquer les projecteurs sur un seul joueur. Chacun des gars dans ce vestiaire a un rôle à jouer», souligne Pielmeier.
Son entraîneur est d'accord. «C'est un test pour tout le monde, pas seulement pour notre gardien», note Éric Veilleux. «Je n'étais pas à St.John l'an dernier, je ne connais pas toutes les circonstances entourant la fin de la saison là-bas. Tout ce que je sais, c'est qu'une réputation peut changer très vite dans le hockey. J'ai beau avoir perdu en première ronde lors des deux dernières années, on dira de moi que je suis un gagnant si on se rend jusqu'au bout», sourit Veilleux. «C'est la même chose pour les joueurs. Et quand tu es un gagnant, tu le restes pour la vie. Personnellement, j'ai pu étirer ma carrière de quelques saisons parce que j'étais perçu de cette façon. Éric Messier pourrait te dire la même chose...»
Vandall sera-t-il en uniforme?
Éric Veilleux n'a pas voulu dévoiler la composition de son alignement en vue du match de ce soir. Le pilote des Cataractes tente de dévoiler le moins de choses possibles à ses rivaux et, de toute façon, des décisions concernant certains joueurs seront prises tout juste avant la première mise au jeu.
Des cinq joueurs qui n'ont pas participé ou qui n'ont pas terminé le dernier match de la saison, Antoine Houde-Caron et Adam Leblanc-Bourque seront vraisemblablement disponibles. Mais Maxime Macenauer, Tommy Tremblay et Pierre-Alexandre Vandall représentent des cas douteux, eux qui ont été laissés de côté lors de plusieurs exercices pendant les séances d'entraînement de la dernière semaine.
«On va jouer avec les gars qui sont en mesure de revêtir l'uniforme et il faudra trouver un moyen de gagner. Ce sera vrai pour demain (ce soir), ainsi que pour toute la durée des éliminatoires», indique Veilleux, en refusant de dévoiler d'autres détails sur la condition des trois joueurs qui pourraient manquer à l'appel.
Du groupe, c'est certainement la condition de Vandall qui inquiète le plus dans le camp shawiniganais. Le vétéran de 19 ans fait partie du premier trio de l'équipe, ainsi que de la première unité d'attaque massive. Blessé à l'épaule lors du dernier match lorsqu'il est entré en collision avec le gardien Matthew Dopud pendant la période de prolongation - il a été chassé du match et il a écopé d'un code quatre -, Vandall pourrait rater le premier week-end d'activités si les rumeurs entendues au Centre Bionest se confirment.
«En raison de son code quatre, la ligue aurait étudié son cas si l'Océanic avait porté plainte, mais elle ne l'a pas fait, alors Pierre-Alexandre a été blanchi. Et en séries, les codes 4 reviennent à zéro pour tout le monde», lance Veilleux, qui avait interdit à Ashton Bernard de se battre à Québec il y a deux semaines justement pour éviter une suspension, lui à qui il ne manquait qu'un code 4 pour aller réfléchir dans les gradins.
Justement, Veilleux ne veut pas divulguer si son homme fort sera de la partie. Et si les Tigres utilisent leur bagarreur Ryan Jasinsky, qui a été suspendu dix matchs plus tôt cette saison pour avoir agressé Pierrick Martel? «On pourrait faire un ou deux changements à notre alignement afin de s'ajuster à celui des Tigres plus tard au cours de la série. Mais demain (ce soir), nos choix seront dictés par le statut de nos blessés», conclut Veilleux.
Donner le ton...
J'aurais bien aimé être dans le vestiaire ces deux dernières saisons pour voir comment Éric Veilleux s'y est pris pour allumer autant son équipe. Les Cataractes n'ont rien gagné, mais le réservoir d'énergie se vidait soir après soir et c'est uniquement le manque de talent qui a coulé l'équipe.
Veilleux a pesé sur les bons boutons avec une formation négligée, reste à voir maintenant s'il peut convaincre une bande de vedettes de jouer avec la même attitude.
On va s'entendre sur une chose, les Tigres vivent sur du temps emprunté. À part dans les filets où Kevin Poulin n'a rien à envier à Timo Pielmeier, Yanick Jean doit composer avec une troupe inférieure en tous points à ses rivaux. Les Cataractes sont plus talentueux, plus matures, plus physiques. Leurs unités spéciales sont beaucoup plus intimidantes.
Bref, la question n'est pas de savoir si les Tigres vont y laisser leur peau, mais bien quand ils devront remiser leur équipement.
Et la réponse est dans le vestiaire shawiniganais. Ce sont Cédric McNicoll, Simon Lacroix, Matthew Pistilli et leurs potes qui vont dicter le tempo. Si tout le monde met l'épaule à la roue, le ton va être donné pour le reste des séries et les Cataractes ne reculeront devant personne pour mériter le laissez-passer donnant accès au tournoi de la Coupe Memorial en mai.
Mais si les Tigres parviennent à les embêter uniquement parce qu'ils se replient à cinq en zone neutre, il faudra se poser de sérieuses questions sur le niveau d'engagement de vos favoris.
Personnellement, je crois que les Cataractes vont jouer à la hauteur des attentes. Poulin va peut-être réussir à voler un match, mais les Tigres serviront d'amuse-gueule à un club destiné à de bien plus grandes choses en ce 40e anniversaire de la concession.
Les Cataractes en cinq
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