Afin de s'assurer que les équipes visiteuses soient en sécurité, la LHJMQ demande d'interdire l'utilisation des accessoires bruyants (flûtes, pompe, bruiteur à gaz, à air comprimé ou électrique, etc ) près du banc des visiteurs. Aucun de ces appareils ne devra être utilisé dans les cinq premières rangées et surtout au-dessus de la baie vitrée de la section derrière le banc des visiteurs, sinon l'équipe locale écope d'une amende de 1000 $.
Le pilote des Tigres, Yanick Jean, n'a d'ailleurs pas mis de temps à se servir du règlement pour offrir à ses équipiers un environnement moins hostile. Par deux fois vendredi, il s'est plaint aux officiels, qui ont fait savoir aux Cataractes qu'ils allaient ramasser la facture si les partisans ne se calmaient pas derrière le banc adverse. Une altercation verbale entre des employés des Cataractes et des partisans a d'ailleurs éclaté, ce qui a créé un malaise évident au Centre Bionest.
«Épouvantable. Dégueulasse. Stupide. Voilà comment je qualifie ce nouveau règlement», peste la présidente du Fan Club des Cataractes Denise Gagnon. «On ne fait qu'encourager notre équipe. Depuis quand le bruit d'une flûte est dangereux pour la sécurité de l'équipe adverse? Les gens tapaient dans la baie vitrée avec les tomahawks, ils n'ont agressé personne à ce que je sache. Si Yanick Jean ou les autres jeunes entraîneurs ne sont pas capables de diriger leur équipe dans cet environnement, ils ne font pas le bon métier.»
Le directeur-gérant des Cataractes Martin Mondou est sur la même longueur d'ondes que la Comète. «Bientôt, les gens devront venir à l'aréna en pantoufles pour faire le moins de bruit possible» ironise Mondou. «Désolé, mais à Shawinigan, on n'acceptera pas de se faire imposer une ambiance morbide dans notre aréna. On va toujours faire en sorte de respecter l'environnement des équipes adverses, mais pour le reste, c'est de valeur, elles sont chez nous. On n'enlèvera certainement pas les flûtes aux gens qui s'en servent pour encourager notre équipe. Tout comme on ne demandera pas aux gens derrière le banc adverse de crier Go Tigres Go pour faire plaisir à nos rivaux...»
Du côté de la Ligue, le directeur communications et services marketing Karl Jahnke, assure que la nouvelle directive n'a pas été élaborée pour brimer les partisans. «On veut simplement assurer la sécurité des joueurs et des partisans. On n'a pas de problèmes avec les flûtes, tant que l'utilisation n'est pas abusive. Et les gens peuvent cogner sur les vitres s'ils le veulent. Le but, c'est d'éviter les débordements...»
La Comète veut plus de bruit!
Ironiquement, cette nouvelle règle est instaurée au moment où il y a des partisans des Cataractes qui réclament une ambiance moins tapageuse pour apprécier davantage le spectacle sur la glace. Denise Gagnon tombe chaque fois en bas de sa chaise quand elle entend ce genre de commentaire. «Il y a de nouveaux partisans qui profitent du nouvel amphithéâtre pour suivre le hockey. C'est correct, on a besoin d'eux. Mais le Centre Bionest a beau être confortable, ça reste un aréna où on présente du hockey, alors c'est normal qu'il y ait du bruit. Nous sommes en séries, c'est même important d'en faire encore plus pour encourager notre équipe. Le rôle de septième joueur, il est plus crucial que jamais. Ceux qui se sentent agressés, ils n'ont qu'à se mettre des bouchons dans les oreilles!»
«En séries, ça ne compte pas»
Depuis qu'il est en poste, Éric Veilleux n'a pas savouré beaucoup de victoires à Victoriaville, une ville où il a passé une bonne partie de son enfance. Le pilote des Cataractes de Shawinigan, qui se présente au Colisée Desjardins ce soir avec sa troupe fort d'une avance de 2-0 dans cette série quatre de sept, est toutefois loin de faire de l'urticaire même si sa troupe semble allergique au building victoriavillois.
«Cette statistique, elle est vraie en saison régulière. En séries, ça ne compte pas, c'est un tout autre contexte. On a vu des efforts bien moyens par moments cet hiver, mais là, le message est clair que la pédale doit rester au plancher», lance Veilleux, qui se dit persuadé que son équipe ne tombera pas dans le piège d'être au-dessus de ses affaires après avoir complètement dominé les Tigres lors des deux premiers duels. «On a parlé de ce qu'il faut faire pendant une semaine, je suis convaincu que le message a été capté. On connaît la recette et il faut l'appliquer.»
Veilleux est néanmoins convaincu que les Tigres présenteront un tout autre visage ce soir. Un animal blessé est toujours plus dangereux, dit le dicton. «Ça fait 40 ans qu'on dit que les matchs impairs sont les plus importants dans une série, il doit y avoir de bonnes raisons», sourit-il. «C'est clair que le match de demain (ce soir) sera plus difficile. C'est correct, c'est à nous de répondre.»
Dans l'autre camp, Yanick Jean dit que le moral des troupes était bon hier à l'entraînement. «On s'est préoccupé de quelques détails techniques, mais surtout, on a parlé de l'importance de la discipline», souligne l'entraîneur-chef des Tigres.
Ces derniers ont probablement évoqué leur parcours en séries le printemps dernier, où ils ont vendu chèrement leur peau face aux puissants Mooseheads après avoir été aisément dominés à Halifax. «C'est certain qu'on va s'en servir», avouait le Mauricien Maxime Robichaud au terme du match de samedi. «C'est un fait que nous jouons mieux à domicile. C'est peut-être une question de préparation, je ne sais pas, mais nous sommes plus confortables. Si on fait preuve de discipline, on va être en mesure de compétitionner.»
«Il y a plusieurs gars qui ont vécu la série face aux Mooseheads et qui sont encore là», notait Jean. «Ça peut nous aider à remettre notre situation dans le contexte. Mais on n'a pas besoin de ça comme motivation. On veut tous gagner. Il s'agit de bien gérer nos émotions.»
Le gardien Kevin Poulin assurait de son côté que les Tigres ne sont pas en mode panique. «On sait ce qu'on a à faire. Personne ne pensait que nous allions battre les Cataractes en quatre matchs. Nous devons nous regrouper et je suis certain qu'on va y arriver car toute la saison, il y a eu une belle chimie dans le vestiaire. Cette série est loin d'être terminée.»
Labrecque sur patins
Dave Labrecque a remis les patins hier après-midi pour la première fois depuis qu'il s'est blessé vendredi, à la suite d'une mise en échec par derrière de Maxime Robichaud. Il serait toutefois surprenant qu'il soit de l'alignement ce soir, du moins si on se fie aux paroles d'Éric Veilleux. «Je ne compte pas sur lui», lance Veilleux, qui ne le laissera pas de côté par mesure préventive si jamais son talentueux joueur de centre lui dit qu'il est prêt à reprendre sa place dans la formation. «En séries, le luxe de reposer des gars, il n'existe plus. On utilise tous les gars qui sont en mesure de jouer.»
Dans le camp des Tigres, Olivier Hinse a lui aussi repris l'entraînement avec ses coéquipiers, mais l'attaquant de 17 ans ne devrait pas être lancé dans la mêlée ce soir. Les deux clubs auront donc vraisemblablement les mêmes formations que samedi.
À lire sur le blogue Temps d'arrêt un tigre blessé... de notre journaliste Steve Turcotte












