Le Temple de la renommée de la LHJMQ a en effet annoncé que Richard Leduc et Yanic Perreault feront partie de la prochaine cuvée, qui sera intronisée en mars prochain, en compagnie de Gilbert Delorme et du bâtisseur Maurice Tanguay.
Pour Leduc, qui a amorcé sa carrière chez les Leafs en 1967 alors que la LHJMQ n'existait même pas, cette reconnaissance est reçue comme un cadeau du ciel. «Je suis sur un nuage. C'est un bien bel hommage qu'on me fait. Je pensais qu'on avait oublié ces années-là... Je suis surpris, mais agréablement.»
Cette nomination est d'autant plus appréciée qu'elle lui permet de côtoyer de grands noms qui ont marqué l'histoire du hockey junior au Québec. «Je regarde les noms des autres joueurs qui sont déjà au Temple de la renommée ? les Bossy, Lafleur et Lemieux ? et je me trouve en excellente compagnie. Je n'ai pas reçu de grands honneurs dans ma vie, je vais prendre celui-là volontiers!»
Pour me décrire Richard Leduc, que je n'ai pas vu jouer, mon collègue Robert Martin m'a parlé d'un attaquant de puissance... de 170 livres! Le principal intéressé s'en est bien amusé. «Ce n'est pas ma conception d'un attaquant de puissance, mais c'est sûr que dans ce temps-là, les joueurs étaient moins gros. Et des joueurs qui pouvaient autant amasser des points que jouer robuste, il n'y en avait pas beaucoup. Je pense notamment à Pierre Plante, de Drummondville, qui avait un peu le même style que moi. J'imagine que les statistiques et le style de jeu que je pratiquais ont eu un impact sur la décision du comité de sélection.»
Il faut croire que la formule fonctionnait puisque le hockeyeur originaire de l'Île Perrot a amassé 117 buts et 166 aides tout en récoltant 448 minutes de pénalités en 114 parties lors des saisons 1969-1970 et 1970-1971! Si on ajoute les 48 buts et les 74 passes de sa saison 1968-1969 (les statistiques de la saison 1967-1968 ne sont pas disponibles), ça donne une carrière qui mérite de se retrouver parmi les grands.
Pourtant, c'est de son arrivée à Trois-Rivières que Leduc se souvient le plus. «Je suis arrivé chez les Leafs à 16 ans en pensant bien que je ne serais que de passage au camp. J'avais même demandé à mon professeur de me donner des devoirs que je lui remettrais à mon retour au domicile familial. Je ne suis jamais retourné à la maison! J'étais tellement jeune... »
C'est à son deuxième match de sa deuxième saison (1968-1969 avec les Leafs) que Richard Leduc a pris conscience de son talent. «Ce soir-là, je pense que c'était contre les Saints de Laval, j'ai marqué cinq buts. C'est à partir de ce moment-là que j'ai eu le sentiment que je pouvais non seulement jouer dans cette ligue, mais aussi y exceller.»
Lorsqu'il se présentera au banquet d'intronisation, Richard Leduc aura une pensée pour ses coéquipiers. «Le lendemain qu'on m'a annoncé que je pourrais être retenu, j'ai parcouru le site de la LHJMQ et j'ai reconnu bien des noms de gars avec qui j'ai joué. Je pense, entre autres, à Robert Richer, Luc Simard et Paul Laplante. À ma dernière année chez les Ducs, je jouais avec Jean-Guy Gratton et Claude Lemieux. On avait toute une équipe. J'ai conservé beaucoup d'amis à Trois-Rivières, une ville que j'ai grandement appréciée. Je suis d'ailleurs très surpris de voir que Trois-Rivières n'a toujours réintégré la ligue.»
Si jamais le maire Yes Lévesque se cherche un ambassadeur auprès du commissaire Gilles Courteau, il saura maintenant à quelle porte aller frapper...












