Les trois hommes de hockey sont des rivaux sur une base quotidienne depuis quelques années et voilà que tout d'un coup, ils échangent leurs recettes de tourtières mexicaines du temps des Fêtes parce qu'ils se retrouvent dans le même camp pour quelques heures...
«C'est automatique, honnêtement. Il faut savoir faire la part des choses. Pour les joueurs, c'est pareil. Quand je jouais dans la Ligue américaine, je détestais profondément Peter White mais quand je le croisais l'été, c'était amical», signale Éric Veilleux.
«En plus, ce sont deux gars avec qui je m'entends bien, alors c'est encore plus f. Si je devais travailler avec un gars que je ne respecte pas beaucoup, ce serait peut-être plus difficile. Mais là , je suis choyé, on se rejoint sur plusieurs points.»
La majorité des discussions tournent autour des duels face aux Russes. Mais Veilleux avoue qu'elles débordent parfois sur des sujets plus, disons, personnels.
«Je pense que je connais la façon de battre les système des Huskies et des Voltigeurs... et l'inverse est aussi vrai! Ça fait des discussions pas mal intéressantes», sourit-il.
«Je vois ça comme une opportunité de m'améliorer. À Hawkesbury, je faisais tout, tout seul. Puis à Shawinigan, j'ai la chance d'être entouré par de bons hommes de hockey. Cette fois, cette expérience me permet de me faire challenger sur mes connaissances. C'est sain.»
Mario Duhamel abonde dans le même sens. Faut dire qu'il a été l'adjoint de Tourigny pendant quelques saisons avant de se retrouver à la barre des Voltigeurs.
À ses premiers pas comme entraîneur-chef dans le circuit Courteau, Duhamel s'est rapidement retrouvé dans le bain de la rivalité Voltigeurs-Cataractes et il s'est payé une joyeuse engueulade dans le feu de l'action avec Veilleux il y a à peine quelques semaines...
«Nous sommes des compétiteurs, c'est normal que la rivalité soit intense et on adore tous ça. Mais ça n'enlève rien au respect que j'ai pour Éric. Le respect, ça ne s'efface pas quand tu changes de logo sur le chandail. Bien sûr, à notre première discussion dimanche, on a fait quelques blagues!»
Tourigny n'est pas plus surpris que ses acolytes que la rivalité ait été remisée au placard le temps de la Super Série. «Parce que le respect est mutuel entre nous. Je connais bien Mario. Quant à Éric, je dirige depuis assez longtemps contre lui pour savoir qu'il est un bon coach. Nous sommes réunis pour la même cause, exactement comme les joueurs, et l'ajustement a été instantané.»
Pas un match d'étoiles!
À la fin de la séance d'entraînement matinale, Tourigny a réuni ses joueurs pour leur rappeler que les deux matchs face aux Russes n'étaient pas amicaux...
«Ce ne sont pas des matchs d'étoiles! On veut pratiquer le style canadien, avec de la grit, du physique et de l'intensité. La commande est passée, c'est aux joueurs de la remplir», lance le pilote d'origine nicolétaine, qui sera l'un des entraîneurs d'Équipe Canada Junior durant le temps des Fêtes.
«Les enjeux sont nombreux et ils le savent, alors on va les laisser aller. S'ils ne bloquent pas les lancers ou s'ils ne se défoncent pas en repli, c'est leur affaire.»
Ça n'empêche pas Tourigny d'espérer que son club va offrir une grande opposition aux Russes. Ces derniers n'ont gagné que six des 36 matchs depuis l'instauration de la formule, dont cinq contre la LHJMQ!
«On en fait une question de fierté, c'est sûr. Par contre, il faut comprendre que nous sommes désavantagés par l'horaire. Nous affrontons toujours les Russes en premier, alors qu'ils sont frais et dispos. Puis ils se mesurent aux autres ligues avec un horaire de fou! Maintenant, on ne veut pas s'en servir comme excuse, on sait de toute façon que les gens ne retiennent que les victoires et les défaites, sans trop se soucier des raisons. On sera jugé uniquement en fonction des résultats, alors il faut tout donner.»
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