Un départ logique... et même souhaitable

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Bob Gainey n'est pas fou, loin de là. Il a profité du fait que j'étais... (Photo: La Presse)

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Photo: La Presse

Louis Ménard

Louis Ménard
Le Nouvelliste

Bob Gainey n'est pas fou, loin de là. Il a profité du fait que j'étais absent du bureau la semaine dernière pour amorcer des pourparlers avec le Wild du Minnesota en vue de lui refiler Guillaume Latendresse.

Pourtant, le dg du Canadien n'avait rien à craindre. S'il m'avait demandé mon avis, c'est avec empressement que je lui aurais donné ma bénédiction.

Je n'ai jamais vraiment été un fan de Guillaume Latendresse. Son coup de patin déficient, son manque d'implication, sa façon de composer avec l'adversité... voilà autant de raisons qui m'ont incité à demeurer à l'écart de son fan club.

Son coup de patin, d'abord. Non seulement le gros ailier n'a jamais été une fusée, il était d'une facilité déconcertante à déstabiliser. À chaque contact, il se retrouvait sur le derrière parce qu'il était trop droit sur ses patins, qu'il n'arrivait pas à s'ancrer dans la glace pour solidifier sa position. La situation a pris du mieux au fil des saisons, mais sa façon de se déplacer sur une patinoire demeure un handicap évident qu'il aura bien de la difficulté à surmonter.

Pour ce qui est de son implication, elle est remise en question, elle aussi, depuis son arrivée chez le Canadien. Un hockeyeur qui possède un physique aussi imposant ne peut pas se permettre de jouer en finesse. Il doit mettre ses épaules à contribution, causer de l'obstruction devant le filet adverse, s'arracher le coeur dans les coins de patinoire.

Bref, il doit imposer sa loi. Malheureusement, le p'tit Jésus fait parfois des mélanges étranges. Il a donné des mains extraordinaires à un gentil géant. Imaginez, pour un instant, Brian Gionta dans le corps de Guillaume Latendresse. Effectivement, ce serait tout un spectacle, un peu à l'image de celui que Milan Lucic offre aux partisans des Bruins de Boston. Le seul problème, c'est que Bob Gainey n'aurait jamais eu les moyens de l'embaucher!

Pour ce qui est de sa façon de faire face à l'adversité, Guillaume Latendresse n'a impressionné personne. D'abord, il a souvent dit qu'il était mêlé, qu'il ne savait pas vraiment ce que ses entraîneurs attendaient de lui. Je n'ai pas fait mon cours d'actuaire, mais j'ai pourtant compris très rapidement quel devait être le rôle de Latendresse avec le Canadien.

De plus, il a souvent répété qu'il ne jouait pas avec des bons joueurs, qu'il n'avait pas vraiment la chance de se faire valoir, etc. S'il avait été sur la coche à tous les matchs, Guillaume Latendresse serait encore un joueur du Canadien et il en serait même une des pièces maîtresses. Les joueurs de sa stature qui possèdent un talent de marqueur valent une fortune. En autant, évidemment, qu'ils soient aussi habités de cette soif de se surpasser et qu'ils soient prêts à payer le prix pour atteindre le sommet.

Peut-être que Guillaume Latendresse débloquera au Minnesota. Tant mieux pour lui si c'est le cas. Peut-être, aussi, que Guillaume Latendresse n'arrivera jamais à vraiment s'imposer dans la Ligue nationale de hockey.

Reste que s'il n'est plus un joueur du Canadien aujourd'hui, ce n'est qu'en regardant le reflet de sa propre image dans un miroir qu'il trouvera le véritable responsable de ses déboires.

Il devait partir. Pour son bien, mais aussi celui du Canadien pour qui il devenait de plus en plus une distraction.

 

Les Alouettes

Les Alouettes de Montréal parviendront-ils à conclure une saison record de 15 victoires et une domination jouissive de la finale de l'est contre les Lions de la Colombie-Britannique par une conquête de la Coupe Grey? On le voudrait bien.

Le seul problème, c'est que les Moineaux nous ont habitués à des contre-performances à répétition lors de l'ultime match de la saison, celui dont se souviennent tous les amateurs de football de la Ligue canadienne.

Dimanche, les Alouettes en seront à leur septième finale depuis l'an 2000. Leur bilan n'est pas très reluisant avec une seule victoire acquise en 2002 aux dépens des Eskimos d'Edmonton. Ces mêmes Eskimos ont brisé leurs rêves en 2003 et 2005. Ils ont été imités par les Lions en 2000 et 2006, de même que par les Stampeders de Calgary l'an dernier dans un Stade olympique rempli à craquer et pourtant gagné à leur cause.

En 2002, c'est sous la gouverne de Don Matthews qu'Anthony Calvillo et ses coéquipiers ont obtenu le privilège de soulever la Coupe Grey.

Pourtant, les Montréalais ont été dominants au fil des ans, si ce n'est de la saison 2007 lors de laquelle ils ont conservé leur seule fiche déficitaire (huit victoires et dix défaite) de la décennie. Au cours des dix dernières saisons, les Alouettes ont remporté 115 de leurs 180 matchs pour une impressionnante moyenne de ,630.

Anthony Calvillo, pour un, a souvent été pointé du doigt pour ses performances en demi-teinte lors des grands rendez-vous. Incapable de se démarquer, de transporter son équipe au moment où elle en a le plus besoin, le quart des Alouettes a été traité de tous les noms, mais surtout de «chokeux» par des amateurs désabusés.

La dernière saison et, surtout, sa performance de dimanche dernier contre la Colombie-Britannique ont toutefois redonné espoir aux partisans de l'équipe qui espèrent que leur favoris vont enfin réussir à chasser leurs vieux démons. Qu'ils vont imposer leur loi aux Roughriders de la Saskatchewan dimanche prochain à Calgary devant une foule qui leur sera immanquablement et résolument hostile.

Si c'est le cas, on parlera de l'édition 2009 des Alouettes comme l'une des plus impressionnantes de l'histoire de la LCF. Si, par contre, la bande de Marc Trestman se retrouve à nouveau dans le coin des perdants, on se demandera si elle n'est pas, tout comme les Red Sox de Boston, victime d'une quelconque malédiction...

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