Disons que les Alouettes sont les champions en titre de la Ligue canadienne de football parce que leur nom est inscrit sur la Coupe Grey pour la saison 2009 à la suite de leur victoire de 28-27 dimanche aux dépens des Roughriders de la Saskatchewan.
Ça, c'est la version officielle que les gens retiendront quand ils consulteront les archives de la LCF dans 10, 20 ou 50 ans.
Il manquera alors à tous ces curieux l'élément essentiel de cette rencontre. LA bourde monumentale qui devrait, j'imagine, coûter leur emploi à l'instructeur des unités spéciales des Riders et au joueur en trop sur le terrain au moment de la première tentative de placement de Damon Duval.
S'ils devaient vraiment perdre leur emploi, les deux hommes en question pourraient tout de même se compter chanceux. Andres Escobar, un défenseur colombien qui avait marqué contre son camp le 22 juin 1994 lors de la Coupe du monde de soccer aux États-Unis (http://www.youtube.com/watch?v=MUW8wFOytiY), a payé pas mal plus cher son erreur. Il a été assassiné le 2 juillet suivant, peu après son retour au pays...
Cette erreur monumentale a évidemment effacé une solide performance des Roughriders qui, faut-il le rappeler, devaient s'incliner par plus de 10 points selon les bookmakers chargés d'établir les cotes pour le match de la Coupe Grey.
Bien sûr, diront les ardents défenseurs des Alouettes, les Montréalais ont fait cadeau d'au moins dix points à leurs adversaires en première demie. À ceux-là, je répondrai que les revirements font partie depuis toujours des éléments déterminants d'un match de football et qu'il en sera ainsi jusqu'à ce quelqu'un les interdise!
Là où les Alouettes de 2009 ont été vraiment à la hauteur, c'est dans cette méticuleuse remontée de deuxième demie. Contrairement aux expériences des années antérieures, les Moineaux n'ont cédé ni à la panique, ni sous la pression. S'ils ont été en mesure de l'emporter alors qu'il ne restait plus de temps au cadran, c'est parce qu'ils y ont cru jusqu'à la fin. Qu'ils se sont placés en position de réussir ce retour auquel les amateurs n'osaient rêver, trop déçus et désabusés par les fiascos des dernières années.
Les Alouettes sont donc champions, mais je vais tout de même réserver mon jugement encore quelques années avant de dire qu'il s'agit de la meilleure équipe de l'histoire de la concession. Je vais attendre de voir, entre autres, combien de joueurs vont accéder au Temple de la renommée de la LCF. L'édition de 1977, à laquelle plusieurs comparent l'équipe actuelle, compte présentement cinq membres du Temple de la renommée: Junior Ah You, Peter Dalla Riva, Dickie Harris, Glen Weir et Dan Yochum. Il faut penser que Wally Buono ira éventuellement les rejoindre et qu'il sera probablement accompagné du botteur Don Sweet. Donc cinq déjà immortalisés et une forte probabilité de deux autres.
L'édition de 2009 enverra assurément Anthony Calvillo au Temple de la renommée. Scott Flory, déjà nommé deux fois meilleur joueur de ligne offensive par excellence, devrait l'y rejoindre. Tout comme Ben Cahoon, qui détient quelques records de la LCF. Pour le reste, vos suppositions sont aussi bonnes que les miennes...
L'excellence n'est pas affaire que de statistiques, si vous voulez mon avis. La manière y est aussi pour beaucoup. On se souvient des Alouettes de 1977 pour la volée qu'ils ont infligée aux Eskimos d'Edmonton dans un Stade olympique à la surface de jeu complètement gelée. Par contre, on se souviendra des Alouettes de 2009 pour leur fiche de 15-3 en saison régulière, mais aussi, et surtout, pour cette fin de match rocambolesque lors de laquelle ils ont eu besoin d'une punition stupide pour l'emporter par la plus petite des marges. Pour l'excellence, on repassera...











