Développer la boxe chez les cousins

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Maxime Vivier est revenu enchanté de son séjour... (Photo: Stéphane Lessard)

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Maxime Vivier est revenu enchanté de son séjour aux îles St-Pierre et Miquelon, où il est allé enseigner la boxe.

Photo: Stéphane Lessard

Serge L'Heureux

Serge L'Heureux
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au large de Terre-Neuve, les îles St-Pierre et Miquelon sont un petit coin de France aux portes de l'Amérique. Isolés de la Mère Patrie, les quelque 6000 habitants se tournent souvent vers le sport, quitte à «importer» des compétences de l'extérieur. En boxe, les Français sont membres de la Fédération québécoise de boxe, responsable d'assurer la qualité de la formation en y déléguant des entraîneurs d'ici pour superviser des stages de formation.

L'entraîneur Maxime Vivier, du club Performance, a eu la chance de séjourner six semaines à Saint-Pierre, d'où il est revenu emballé par son expérience, et séduit par la beauté naturelle et l'architecture de l'île. «Le sport, là-bas, c'est le must. Tout le monde est très actif, a-t-il observé. Et la beauté naturelle de l'endroit est incroyable!».

Au niveau de la boxe, par contre, les Saint-Pierrais paient le prix de leur isolement. Le seul club local ne regroupe que cinq ou six boxeurs de compétition, et une vingtaine d'adeptes de la mise en forme par la boxe. «Les gens voient encore la boxe comme un sport de rue, ils ont gardé la vieille mentalité. Et comme ils n'ont pas d'officiels sur l'île, ils ne peuvent par organiser de galas», constate Vivier.

S'il n'en tient qu'à lui, cette situation pourrait changer puisqu'il espère bientôt retourner à St-Pierre et Miquelon pour un séjour plus long, et avec un plan de développement en tête.

«Je veux implanter la boxe éducative dans les écoles primaires, comme on le fait ici, pour assurer une relève. Ils adorent déjà le concept puisque ça se fait en France depuis 50 ans», explique-t-il. Vivier est même prêt à partager son temps entre le Québec et les îles pour mener à bien ce projet.

«J'ai déjà entrepris des démarches pour avoir un permis de travail auprès du ministère français du Loisir et du Sport. Pour ça, il faut que je fasse reconnaître que je suis plus compétent que quelqu'un sur l'île pour y développer la boxe.»

Si la démarche chemine positivement à travers les lenteurs de la bureaucratie française, Vivier espère donc retourner aux îles dès mars prochain, pour un séjour de deux ou trois mois. «Je voudrais les rendre autonomes, en y faisant la formation d'officiels et d'entraîneurs», ajoute-t-il.

Éventuellement, il aimerait organiser un gala annuel à St-Pierre, regroupant des boxeurs français, des Québécois et d'autres des Maritimes. Il lui a même déjà trouvé un nom: la Bataille de l'Atlantique.

«Plus le sport va être reconnu, plus les parents vont être enclins à y inscrire leurs jeunes, plus le ministère français du Loisir va octroyer des subventions importantes pour la boxe, comme il le fait déjà pour plusieurs autres sports pratiqués à St-Pierre et Miquelon, estime Maxime Vivier. De plus, la fédération québécoise va y trouver son compte, puisque ça va lui amener de nouveaux adhérents.»

À plus long terme, on pourrait envisager la venue de boxeurs des îles pour s'entraîner au club Performance. Tout cela contribuerait, selon lui, à inciter les jeunes à rester à St-Pierre et Miquelon, plutôt que d'aller étudier ou travailler en France. «Le sport est ultra accessible sur cette île-là, note-t-il. Et même s'ils sont éloignés, ils sont bien financés.»

 

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