Voilà pourtant deux faits d'armes qui sont à la portée de Pierre-Alexandre Vandall. Le petit attaquant est au plus fort de la lutte pour terminer au premier rang des pointeurs dans la LHJMQ. Un exploit qui n'a jamais été réussi par aucun Mauricien en 41 ans d'histoire.
La région a pourtant produit d'excellents joueurs juniors ces quatre dernières décennies. Mais aucun d'entre eux n'a jamais réussi à terminer premier de classe. Celui qui est passé le plus proche est Marc Damphousse, en 1984-85.
L'ailier droit natif de Saint-Tite avait alors réussi 160 points (65-95), une impressionnante récolte qui n'était surpassée de trois petits points que par celle du regretté Guy Rouleau.
Benoît Dusablon (135 points) et Jonathan Bellemare (124) ont aussi flirté avec le premier rang, respectivement en 1999-2000 et 2001-2002 avant de tous les deux terminer au quatrième échelon.
Les Cataractes ont produit deux champions marqueurs: Patrice Lefebvre (200 points) en 1987-88, ainsi que Patrick Carignan (137 points) en 1994-95.
À huit points de Lévesque
Avec 57 points en 40 matchs, Vandall, originaire de Saint-Louis-de-France, est présentement installé au cinquième rang des marqueurs, à seulement huit points de Gabriel Lévesque, le joueur le plus productif depuis le déclenchement des hostilités. La lutte est très serrée puisque seulement 15 points séparent le premier rang du 19e!
«Je ne savais pas que je pouvais devenir le premier gars de la Mauricie à gagner le championnat, c'est certainement un élément de motivation additionnel pour moi d'ici à la fin de la saison», acquiesce Vandall.
«C'était l'un de mes objectifs en début de saison, mais c'est le genre de choses à laquelle tu ne dois pas penser. Si tu y penses trop, c'est clair que ça va t'affecter. C'est la même chose si tu joues sur les talons, de peur de te blesser; c'est clair que ça va arriver en pensant comme ça...»
Question de chimie
Les principaux rivaux de Vandall s'alignent pour des clubs à maturité. Ils évoluent donc avec de meilleurs joueurs que lui. Mais ça ne garantit rien, prévient Vandall. «Je suis très bien entouré avec Michaël (Bournival) et Olivier (Ouellet), je n'ai pas à me plaindre. Ce n'est pas juste une affaire de talent, le succès d'un trio. La chimie est très importante. Quand j'ai gagné le championnat des marqueurs dans le midget AAA, je jouais avec Juan David Meunier. Ce n'était pas le plus talentueux de la ligue, sauf qu'on se complétait à merveille sur la glace... »
Vandall ne veut pas que cette course aux honneurs individuels occupe trop de place. Il veut à tout prix placer les intérêts de l'équipe avant les siens. «J'ai passé tellement proche d'une bague l'an dernier, j'aimerais pas mal mieux ça qu'un championnat des marqueurs! Nous sommes sur une bonne lancée maintenant et c'est une bonne pratique de patins qui nous a remis dedans. C'est le genre de choses qui remet les priorités au bonne place! Si ça prend ça pour gagner, je n'ai rien contre ne plus toucher à des rondelles de la saison lors des pratiques», sourit-il.
Voilà des propos qui sortent de la bouche d'un gars qui n'est certes pas malheureux de son sort. Vandall était impliqué dans plusieurs rumeurs d'échange lors des jours précédents la date limite des transactions et il aurait très bien pu passer à une ou l'autre des grosses équipes du plateau. «Je disais que ça ne me stressait pas trop et c'était vrai, mais à la date limite, la nervosité a embarqué et je me suis levé à six heures car je n'étais plus capable de dormir», confie le vétéran de 20 ans, qui a suivi l'action via le clavardage du Nouvelliste.
«Je savais que les gros clubs s'étaient déjà renforcés et j'espérais que Martin (Mondou) tienne sa parole de ne pas m'envoyer dans un club moyen.»
«Terminer ma carrière ici, c'est parfait. C'est bon pour mes études et avec l'expérience acquise l'an dernier, tout est possible si on passe la première ronde des séries. Ce qu'on a vécu en finale face aux Voltigeurs, c'est de l'argent en banque et on pourrait très bien devenir une équipe cendrillon.»
D'ici les séries, Vandall espère toutefois parapher un premier contrat professionnel, comme l'avait fait Cédric McNicoll l'an dernier. «Ce serait un poids supplémentaire de moins sur mes épaules, c'est certain. Mon agent parle à quelques équipes, on verra bien. Pour moi, c'est la Ligue américaine ou les rangs universitaires l'an prochain et j'aimerais être fixé le plus rapidement possible.»
Selon Éric Veilleux, Vandall n'a pas trop à s'en faire pour son avenir. «Il a une bonne saison, tant mieux s'il se bat pour le championnat des marqueurs. Mais moi, je regarde plus sa façon de travailler et je suis convaincu qu'une équipe va lui donner sa chance chez les pros. Que ce soit dans deux semaines ou au mois de mai, quelqu'un va lui faire signe et je pense que pour lui, décrocher un contrat professionnel passe avant les honneurs individuels...»










