Une décision qui ne changera rien

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Patrice Cormier... (Photo: PC)

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Patrice Cormier

Photo: PC

Louis Ménard

Louis Ménard
Le Nouvelliste

Les Huskies de Rouyn-Noranda ont décidé d'aller en appel, hier sur l'heure du souper, dans le dossier Patrice Cormier.

Le directeur général et entraîneur de l'équipe, le Nicolétain André Tourigny, a expliqué la décision en insistant sur le fait que la sanction n'est pas trop sévère, mais qu'elle est plutôt carrément excessive. Si son équipe se rend jusqu'au bout lors des séries éliminatoires, c'est d'un maximum de 48 matchs qu'elle sera privée de Patrice Cormier. Ce dernier, ajoute Tourigny, n'a pas à payer pour tous les autres qui ont commis des actes répréhensibles sur les patinoires de la LHJMQ avant lui.

Cette décision de porter la sanction en appel constitue une surprise... sans toutefois en être vraiment une.

Elle est surprenante dans la mesure où Gilles Courteau et Raymond Bolduc ont tellement insisté sur la nécessité d'envoyer un message clair, sans équivoque, aux joueurs qu'il apparaît plus qu'improbable qu'il y ait un retour en arrière dans ce dossier. Si la LHJMQ décide de réduire la suspension de Patrice Cormier, elle va immédiatement perdre non seulement tout le capital de sympathie qu'elle s'est attiré, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du monde du hockey, depuis l'annonce de sa décision, elle va aussi entacher sa crédibilité de façon irrémédiable. Gilles Courteau a pris les grands moyens pour enrayer cette épidémie de coups à la tête, il ne peut se permettre d'effectuer un pas en arrière.

Le hockey collégial n'est pas un adversaire redoutable. Du moins, pas pour l'instant. Il n'est pas dit, toutefois, qu'il ne le deviendra pas éventuellement. S'il fallait que la LHJMQ recule dans le dossier Cormier, je me dépêcherais, si j'étais le président du circuit collégial, d'établir une politique draconienne contre les coups à la tête et je le ferais savoir par tous les canaux de communication inimaginables. Les parents qui sont intéressés non seulement par le hockey, mais aussi par la sécurité et l'éducation de leurs enfants en prendraient assurément bonne note.

D'ailleurs, le principal problème du hockey junior, il est là. Les décisions sont prises, plus souvent qu'autrement, en fonction des intérêts commerciaux des partenaires. Pas en fonction des joueurs qui, pourtant, sont ceux qui assurent le spectacle et qui, en plus, paient cher leur engagement physique et moral...

D'un autre côté, l'appel des Huskies fait plein de sens. Je dirais même que l'organisation abitibienne n'avait pas d'autre option que celle-là. Elle ne pouvait demeurer dans son coin, les bras croisés, sans rien dire. Elle a, faut-il le rappeler, payé le gros prix pour obtenir un des meilleurs joueurs de hockey junior au pays. Qui plus est, elle doit démontrer à son nouveau joueur qu'elle mise sur lui et qu'elle prendra tous les moyens pour lui permettre de sauter sur la glace afin d'aider ses coéquipiers à atteindre l'objectif ultime: la Coupe Memorial.

Dans son allocution, André Tourigny a bien pris soin de mentionner que la décision d'aller en appel ne signifie pas que les Huskies sont contre ou en désaccord avec les mesures mises de l'avant par la ligue pour diminuer et prévenir les blessures. On le croit sur parole. On comprend qu'il devait poser ce geste.

Par contre, on souhaite de tout coeur qu'il tourne la page et fasse avec quand la LHJMQ va annoncer que la sanction est maintenue.

Surtout, on souhaite qu'il va être le premier à monter aux barricades quand un autre incident du genre va se produire, qu'il soit ou non filmé par des caméras de télévision, afin de maintenir cette politique d'intransigeance envers coups à la tête. C'est à Tourigny et à tous ceux qui ont la santé de jeunes de 16 à 20 ans entre leurs mains de s'assurer qu'ils sont en sécurité, même sur une patinoire. La Ligue nationale peut bien faire ce qu'elle veut, on s'en moque éperdument.

Si les jeunes qui rêvent d'y accéder sont encadrés de façon claire, nette et précise dès leur plus jeune âge, les coups à la tête ne constitueront pas un réflexe automatique parce qu'il y aura des conséquences graves à assumer dans le cas contraire. Quand toute ta vie tourne autour du hockey, tu t'arranges pour pouvoir y joueur le plus possible, même si ça signifie que tu dois refréner tes élans par moments.

Pour ton bien et celui d'autrui.

 

La retraite, Brett!

Comme, j'imagine, plusieurs d'entre vous, j'ai regardé les deux finales de conférence de la NFL dimanche.

Dans un premier temps, mes Colts, après un départ difficile, ont été sans pitié pour les Jets. Bousculé en début de rencontre, Peyton Manning a encore une fois démontré pourquoi il est considéré parmi les meilleurs quarts de l'histoire du circuit Goddell. D'ailleurs, la conquête du Super Bowl XLIV par Indianapolis le 7 février prochain le rapprochera encore un peu plus des Joe Montana, Bart Starr, Terry Bradshaw et Tom Brady, des quarts qui ont atteint un degré d'excellence réservé uniquement aux Élus.

Bref, le quart des Colts a découpé la défensive des Jets en petits morceaux comme lui seul sait le faire. C'était tellement beau à voir, que j'en ai presque eu la larme à l'oeil...

Je suis venu bien près de pleurer aussi lors du match Saints-Vikings. Pas pour les mêmes raisons, évidemment. Cette fois, ç'a avait plus à voir avec la rage. Drew Brees, qui a pourtant connu une saison du tonnerre, avait l'air d'une verte recrue. Paralysé par la pression, le quart des Saints avait de la difficulté à décocher de belles passes, de beaux cigares comme on disait quand on jouait dans le champ au bout de la rue dans les années '70. Ses receveurs ont eu toutes les misères du monde à conserver le contrôle de ces canards boiteux, ce qui a coûté bien des poussées offensives à la meilleure attaque de la conférence nationale. Si Brees avait joué à seulement la moitié de ses capacités, il n'y aurait même pas eu de match.

C'est tout dire... ou presque. Parce qu'il faut bien, qu'on l'aime ou pas, rendre hommage à Brett Favre. Brassé, bardassé, rudoyé, il a pourtant continué, sur une jambe, a donner une chance aux Vikings de l'emporter.

Quelle abnégation!

Quelle bévue!

Le match aura malheureusement duré sept secondes de trop pour lui. Au delà de sa performance héroïque, c'est cette image d'une passe interceptée avec sept secondes à faire qui marquera l'imaginaire des amateurs de football. Et Favre n'a d'autre choix que de se taper la poitrine en criant à tue-tête mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Une passe à contre-courant en fin de match quand on a 40 ans et un bagage d'expérience aussi riche que le sien au football professionnel, c'est pire qu'un péché mortel. C'est l'enfer pour l'éternité. Minimum!

Favre a laissé entendre, à la fin de la rencontre, qu'il serait surprenant qu'on le revoit sur un terrain de la NFL au cours de la prochaine saison. J'espère qu'il était sincère. Bien sûr, la tentation sera grande de terminer sa carrière sur une meilleure note. De revenir au jeu pour effacer ces sept misérables secondes. Sauf que le vieux Brett doit écouter son corps, ce corps qui devait lui hurler dans les oreilles d'arrêter le supplice face aux Saints. Oui, Favre pourrait se retirer dans la gloire. Il pourrait aussi quitter le terrain à tout jamais étendu sur une civière.

La vie est tellement belle à 40 ans quand on a toutes ses facultés et un monde de possibilités...

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