Acculés au pied du mur lors de la première ronde, les Estacades ont su trouver les clefs pour réussir une irrésistible remontée. Mais en quart de finale, leurs adversaires étaient pas mal plus difficiles à ébranler et c'est leur instinct de tueur plutôt que l'énergie du désespoir des locaux qui a prévalu hier.
Il y avait à peine deux minutes d'écoulées que l'excellent Michael Matheson donnait l'avance aux Lions, à la suite d'une superbe feinte à laquelle a mordu le défenseur devant lui et le gardien Antoine Bibeau. Ce dernier, qui en était à un premier départ en séries, a ensuite permis à ses coéquipiers de rester dans le match avec quelques gros arrêts, mais à l'autre bout de la patinoire, les Estacades n'étaient pas très convaincants.
L'un des points tournants du match fut un long avantage numérique de deux hommes d'une minute trente accordé aux Trifluviens en fin de première période. L'occasion était belle de se donner du momentum, mais les Estacades n'ont réussi à générer aucune attaque sérieuse, ce qui a évidemment produit l'effet contraire.
Les Estacades ont tout de même eu le mérite de s'accrocher, jusqu'à ce que Jimmy Vaillancourt redonne espoir aux quelque 400 partisans en enfilant l'aiguille en début de troisième lors d'un autre avantage numérique. Le hic, c'est que les Lions ont coupé court assez rapidement merci aux réjouissances en répliquant eux aussi sur le jeu de puissance une minute plus tard. À partir de là, les locaux n'ont plus menacé le portier adverse et les Lions ont terminé le travail avec un but dans un filet abandonné en fin de match.
«Il faut donner crédit aux Lions, ils ont été très bons à un contre un. On a réussi à générer de l'offensive toute l'année en créant du mouvement et en protégeant bien notre rondelle, mais contre eux, ça n'a pas fonctionné. Leurs défenseurs sont à la fois habiles et mobiles, tandis que leurs attaquants n'ont jamais rechigné à se replier pour les aider. Vraiment, ils ont été impressionnants.»
Le seul regret de Bouchard, c'est de n'avoir pu se mesurer à eux avec un alignement en santé. «Ce n'est pas une excuse, les blessés. Mais en même temps, quand trois de tes réguliers sont dans les estrades et que deux autres ne devraient même pas jouer tellement ils sont mal en point, ç'est difficile de se faire justice», lance Bouchard, en reconnaissant aussi que certains de ses adolescents n'étaient peut-être pas aussi affamés que leurs coéquipiers hier. «Mentalement, quelques-uns n'y croyaient pas. Ça se voyait sur le banc. Et quand ça arrive, ce n'est pas long que ça infecte toute l'équipe. Les joueurs n'étaient pas tous là pour la même cause.»
Les Estacades vont maintenant panser leurs plaies puis ils seront de retour à l'entraînement ce lundi car ils auront maintenant la chance de se battre pour la Coupe Dodge.










