Deux semaines... pour racheter six mois

Les gardiens des Cataractes devraient voir beaucoup de... (Photo: Ève Guillemette)

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Les gardiens des Cataractes devraient voir beaucoup de caoutchouc au cours des deux prochaines semaines puisque les Tigres sont largement favoris pour avancer à la ronde suivante.

Photo: Ève Guillemette

Steve Turcotte

Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Aussi insipide qu'ait été la saison des Cataractes, les hommes d'Éric Veilleux ont la possibilité, en deux petites semaines, de racheter toutes ces performances en dents de scie qui ont fait souvent rager les amateurs qui se sont déplacés comme jamais au Centre Bionest.

C'est la magie des séries, la vraie saison comme l'appelle le pilote des Shawiniganais dont les bagues - et les cicatrices - témoignent de joyeuses aventures printanières comme joueur, puis comme entraîneur.

Veilleux a convié ses équipiers à une activité spéciale aujourd'hui, question sûrement de leur rappeler que l'histoire de leur sport regorge de victoires surprises et que, bien souvent, l'équipe qui se démène le plus sur la glace au cours d'une série quatre de sept n'est pas celle qui doit ranger son équipement à sa conclusion.

Mais il va falloir plus que des discours enflammés pour venir à bout des puissants Tigres, une équipe bâtie depuis trois ans par le directeur-gérant Jérôme Mésonéro pour atteindre son apogée cette saison. Les Tigres n'ont pas gagné une seule série depuis 2002, alors Mésonéro a mis le paquet au cours de la dernière période d'échanges pour s'assurer que cette traversée du désert prenne fin.

Les Victoriavillois misent sur l'un des meilleurs gardiens du plateau en Kevin Poulin et sur trois trios en mesure d'exploser à tous les soirs. Même amputée de Keven Dupont et d'Emmanuel Boudreau (ce dernier pourrait rejoindre ses coéquipiers pendant la série), la défensive des Tigres n'a rien à envier à celle de leurs rivaux.

Le seul avantage des Cataractes, c'est l'expérience. Une dizaine de patineurs shawiniganais ont participé activement au printemps chaud de l'an dernier, qui s'est arrêté à un tout petit but d'une dégustation de champagne dans la Coupe du Président. Ils ont vécu et ils ont performé dans l'adversité, certains à des postes-clés comme Pierre-Alexandre Vandall, Dave Labrecque, Gabriel Girard, Charles-Olivier Roussel et Michaël Bournival.

Chez les Tigres, on va vraisemblablement devoir écouter des films d'Hollywood pour s'inspirer parce que dans le vestiaire, personne à part Emmanuel Boudreau ne peut témoigner de ce ça prend pour jouer le rôle de prédateur... et non celui de proie! Et encore, Boudreau a participé à la Coupe Memorial l'an dernier parce que l'Océanic de Rimouski présentait le tournoi, pas parce qu'il a mérité son laissez-passer. Tous les joueurs développés dans le réseau des Tigres ont été élevés dans une culture défaitiste et, à l'exception de Boudreau, Mésonéro n'a pas senti le besoin de greffer des vétérans aux bras meurtris à son groupe de joueurs pour montrer le chemin à partir de vendredi, croyant que le talent allait être suffisant.

Et comme il y a beaucoup d'attentes à Victoriaville, c'est clair que les Tigres vont être nerveux lorsqu'ils vont sauter sur la glace pour le premier match de cette série qui sera disputé vendredi soir au colisée Desjardins. Si les Cataractes veulent vraiment causer une surprise, c'est leur seule et unique chance de profiter de leur expérience pour ébranler leurs rivaux. S'ils sortent de ce premier match avec une victoire en poche, la pression sera écrasante sur leurs rivaux au deuxième match, le lendemain. Qui sait alors comment une équipe sans expérience en séries s'en sortirait...

Mais on vous suggère tout de même de ne pas trop rêver en couleurs. Car même si les Cataractes causent une surprise d'entrée de jeu, il leur faudrait maintenir un niveau de jeu irréprochable durant sept matchs pour espérer prolonger le calvaire de l'organisation victoriavilloise. Et cette constance, jamais les Cataractes ont prouvé cette saison qu'il avait cette arme dans leur coffre à outils.

Certains vétérans se présentent un soir sur deux, d'autres semblent toucher un bonus à chaque fois qu'ils écopent d'une pénalité insignifiante. Ce genre de défauts est dur à corriger quand ça fait des mois qu'une équipe les traîne. C'est dommage car de prime abord, il y a assez de talent dans cette chambre pour donner une sacré frousse aux Tigres...

Les Tigres en cinq

 

Ailleurs dans le circuit courteau...

LEWISTON VS DRUMMONDVILLE

Quelqu'un qui oserait miser quelques dollars sur les chances des MAINEiacs de surprendre les Voltigeurs n'aura aucun mal à se trouver un partenaire de danse... même en exigeant une cote indécente. Pas moins de 55 points séparent les deux clubs au classement. Les hommes de Mario Duhamel arrivent en série sur une séquence folle de 16 gains d'affilée alors que ceux de Jean-François Houle ont dû attendre jusqu'à la dernière journée du calendrier régulier pour savoir s'ils allaient poursuivre leur saison. Ajoutez à ça que les MAINEiacs n'ont pas gagné un seul match en temps réglementaire en deux ans face aux Voltigeurs et vous allez détecter assez facilement l'odeur de boucherie qui flotte dans l'air.

Les Voltigeurs en 4

VAL-D'OR VS ROUYN-NORANDA

Sur papier, cette bagarre de l'Abitibi s'annonce excitante, mais, dans les faits, les Huskies vont facilement se détacher de leurs éternels rivaux. Les Foreurs nagent en plein cauchemar depuis le début de la saison, minés par l'infirmerie la plus engorgée du Québec. Certains soldats seront de retour pour les séries, mais Marc-André Dumont n'a pas assez de temps devant lui pour donner une cohésion à sa bande tandis que ses rivaux roulent à un train d'enfer depuis un mois. Même sans Patrice Cormier, les Huskies peuvent aspirer à un long printemps.

Les Huskies en cinq

GATINEAU VS MONTRÉAL

C'est l'un des duels les plus intéressants du premier tour au point de vue de l'équilibre des forces. Le Junior arrive avec un style hermétique et les Olympiques leur opposeront vraisemblablement un tempo plus nerveux. Si le classement prétend que le Junior part favori, il doit se méfier comme la peste des représentants de l'Outaouais, qui ont retrouvé leurs ailes depuis l'entrée en scène de John Chabot derrière le banc de l'équipe. Et comme l'aréna Robert-Guertin est le building le plus intimidant de la ligue, j'ai bien l'imression que les Olympiques sauront trouver les clefs pour venir à bout des équipiers de Pascal Vincent.

Les Olympiques en six

ACADIE-BATHURST VS QUÉBEC

Pour une deuxième année d'affilée, le Titan doit déménager de division en première ronde des séries en vertu de sa cinquième place dans la section Atlantique. Sans Nicholas Champion, échangé aux Huskies aux fêtes, on voit mal comment le Titan pourra résister bien longtemps à l'attaque de Patrick Roy. Les Remparts sont meilleurs à toutes les positions et leur défi, c'est d'en terminer le plus rapidement possible pour garder leurs énergies pour la deuxième ronde.

Les Remparts en 4

CHICOUTIMI VS RIMOUSKI

Ce n'est pas cette saison que Richard Martel va redorer son blason en séries. Contre toute attente, l'Océanic a connu une saison plus que potable après avoir sacrifié beaucoup la saison dernière afin de présenter la Coupe Memorial dans sa cour. Petr Straka et Jakub Culek, les deux recrues obtenues via le repêchage européen, ont donné beaucoup d'oxygène à la troupe de Clément Jodoin.

De l'autre côté, les Saguenéens ont monnayé les services de leurs deux meilleurs joueurs lors de la dernière période d'échanges - Nicolas Deschamps et Jacob Lagacé - alors ils s'en vont à la guerre avec des tire-pois.

L'Océanic en cinq

P.É.I. VS ST.JOHN

Éric Lavigne a accompli de l'excellent boulot depuis son arrivée avec le Rocket, mais l'ex-pilote des Patriotes devra maintenant utiliser tous ses vieux trucs s'il veut que son club survive au-delà du minimum de quatre matchs. Les Sea Dogs ont dominé la ligue depuis le jour 1. Une machine offensive bien huilée, qui est allée chercher un gardien d'expérience pour solidifier ses arrières... dans la cour du Rocket!

Les Sea Dogs en quatre

CAPE-BRETON VS MONCTON

Personne ne rechignerait si ces deux équipes s'étaient retrouvées en finale de la ligue, mais le format actuel des séries les condamne à faire un maître dès le premier tour. Ouch! Dans le coin rouge, les Wildcats, l'équipe la mieux balancée de la ligue. Aucune faiblesse.

Dans le coin bleu, les Screaming Eagles, une équipe taillée sur mesure pour les séries avec du talent et beaucoup de hargne. Les Wildcats devraient réussir à survivre, mais reste à voir dans quel état ils vont poursuivre leur route.

Les Wildcats en six

 

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